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Sommes-nous prêts pour les élections? Pas vraiment…

Nombreux sont ceux qui envisagent cette perspective, particulièrement reluisante, pour une grenouille qui s’est permis de jouer au bœuf. Dans un contexte particulièrement tendu et marqué par des actes douloureux pour les familles haïtiennes, Jovenel Moïse a promis des élections au Core Group, en dépit des cas d’assassinat et de kidnapping qui sévissent en Haïti. Jovenel Moïse est diablement mal parti pour rester au pouvoir et organiser des élections, alors que son mandat prendra fin le 7 février 2021.

«Je viens de terminer une fructueuse rencontre avec le Core Group. Les échanges ont porté sur le projet de Constitution, les prochaines élections, le climat sécuritaire et la poursuite du dialogue inter-haïtien», a déclaré le Président Jovenel Moïse, après sa rencontre avec le Core Group.

Entre temps, plusieurs dizaines de jeunes, issus de différentes structures socio-politiques, ont protesté, le lundi 7 décembre 2020, devant les locaux de l’Ambassade des États-Unis, dans le but de continuer à dénoncer le climat d’insécurité qui fait rage en Haïti. C’était aussi l’occasion pour ces jeunes de dire non, à l’organisation des prochaines compétitions électorales en Haïti, alors que les États-Unis mettent de la pression sur l’Exécutif, pour que ces scrutins soient réalisés la deuxième semaine du mois de janvier 2021. Brandissant des pancartes sur lesquelles s’inscrivent leurs revendications, les protestataires disent s’indigner du fait que l’Exécutif priorise la tenue des élections, aux dépens des conditions de vie de la population haïtienne. Certains des participants se sont allongés au sol pour «dénoncer la complicité de la République étoilée, dans la mort de plusieurs personnalités haïtiennes».

Par ailleurs, alors que l’Exécutif haïtien et une frange de la Communauté internationale, dont le Core Group, mettent le cap sur les élections, des organisations de la Société civile haïtienne continuent de dire non. Pour elles, dans les conditions actuelles, les élections ne sont certainement pas possibles. Parmi ces structures, on dénombre majoritairement des organisations de droits humains dont la POHDH (Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains), la CE-JILAP (Commission Épiscopale Nationale Justice et Paix), le RNDDH (Réseau National de Défense des Droits Humains), le PAJ (Programme pour une Alternative de Justice), le SKL (Sant Karl Lévêque), le CONHANE (Conseil Haïtien des Acteurs non Étatiques) et la SOFA (Solidarité Fanm Ayisiyen). «La réalisation d’élections démocratiques nécessite que les acteurs et actrices aient confiance dans l’institution électorale. Or, le collège des conseillers et conseillères mis en place par l’Exécutif est illégitime et illégal. À cela s’ajoute le fait que, de manière arbitraire, l’Exécutif veut faire adopter une nouvelle Constitution avant les élections. Ce faisant, le processus électoral est vicié à la base. Ces constats alarmants portent les organisations signataires à réaffirmer que, dans les conditions actuelles, les élections ne sont certainement pas possibles», avaient-elles écrit, dans une note commune, publiée le 3 décembre, où elles prennent clairement position contre la tenue des élections.

Parallèlement, le vendredi 5 décembre, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a signé un accord avec le Ministère de la Justice et l’Office National d’Identification, dans le but de faciliter la transmission des données de l’ONI au CEP, pour la constitution du registre et des différentes listes électorales, dans le respect du délai constitutionnel. À cet effet, Rockfeller Vincent, le Ministre de la Justice, a eu une réunion avec le Groupe de travail: «Identité», en vue de faciliter l’octroi de la Carte d’Identification Nationale à tous les citoyens, à l’approche, dit-il, des élections.

Emmanuel Saintus

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