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Culture: la religion dans son rapport entre l’homme et le sacré

Toute religion a le droit de s’exercer librement, dans le respect des autres. Ceci relève du principe de la liberté d’opinion et de conscience, entre autres. Pour toute garantie, l’État ne doit pas se confondre avec la religion. De fait, cela implique de rejeter l’idée de la religion d’État, car cela supposerait une primauté d’une religion par rapport à d’autres. Et dans les sociétés dites occidentales, ce combat, la garantie des libertés individuelles, aussi le droit d’appartenir à une religion de son choix et de l’exercer librement, fait partie intégrante de leurs valeurs, notamment celles fondées sur la démocratie comme régime politique.

La religion, ce concept que chacun tente de définir, selon son point de vue ou ses champs d’activités, est par essence un mot. Mais, dès qu’il est prononcé, on en a une idée. Des croyances, des rites ou des manifestations dites religieuses, ce sont les rapports de l’homme avec le sacré, dont on ne va pas essayer de savoir les mystères. Admettons en fait que l’homme a la capacité d’inventer une quelconque religion. D’ailleurs, l’apparition récente de certaines religions, et aussi le fait de pouvoir en remonter l’existence dans le temps, signifie clairement qu’elles s’inscrivent toutes dans un espace temporel, habitant l’homme, pour la divulguer, pour propager ses dogmes, ses principes, ses rites, ses valeurs. À cause de cela, on se demande: est-ce qu’on est sans identité religieuse si on ne développe aucun rapport avec le sacré? Qu’est-ce donc la religion, en tant que telle? Peut-on la considérer comme un fait universel?

À l’arrivée de Christophe Colomb, en 1492, sur l’actuelle île d’Haïti, qui comprend aussi la République dominicaine, qu’il baptisa Hispaniola, il y avait des premiers habitants qui vivaient leur propre mode de vie. Considérés comme sans identité religieuse, on les convertit, de gré ou de force, au catholicisme, la religion du pays colonisateur. Ainsi, le catholicisme apporta un discours pour maintenir ces hommes et femmes en servitude, afin d’exploiter toutes les ressources dont ils avaient besoin. On fait donc de la religion un outil de renforcement de l’esclavage et de servitude. Ceci continua avec la colonisation française. En effet, l’identité religieuse, c’est l’appartenance à une quelconque croyance, en pratiquant aussi des rites qui vous lie avec le sacré, en reconnaissant, bien sûr, combien il est incertain, ce mode de rapports, car l’exercice d’une religion sur un territoire donné peut paraître presqu’impossible, et ainsi une conversion de force à une religion est souvent envisagée. Le rapport de l’homme avec le sacré se manifeste en des rituels, des croyances, des manifestations et des modes de vie, et quand ils se révèlent impossible à pratiquer, pour une raison quelconque, l’identité religieuse peut être remise en question.

L’homme politique, le sociologue, l’anthropologue et le religieux en lui-même, ne se sont pas mis d’accord sur une définition de la religion. Elle se conçoit et s’appréhende, selon une grille de lecture, propre et circonstancielle. Ainsi, la religion n’a pas une définition qui fait l’unanimité, mais acceptons qu’elle est l’ensemble déterminé de croyances et de dogmes, définissant le rapport de l’homme avec le sacré (Dictionnaire Larousse). En cela, il en existe de nombreuses religions, mais les cinq (5) plus grandes sont: l’hindouisme, le bouddhisme, le christianisme, le judaïsme et l’islam. Elles comptent, à elles seules, près de 5 milliards de fidèles sur les 7 milliards de personnes habitant la planète Terre. La religion de l’islam, avec environ 1,5 milliard d’adhérents, affiche une propagation impressionnante, sans en chercher aucune justification. Chaque religion définit un ensemble de principes ou tout simplement de dogmes qui permettent à ses adhérents, l’établissement d’un rapport avec le sacré. Et cet ensemble de principes, l’essence de la croyance, s’impose sans chercher à se justifier. C’est ce qui fait qu’une religion soit différente de l’autre, avec nécessité de s’exercer dans un esprit de tolérance et de liberté de conscience.

L’humanité tout entière regorge des religions. C’est ainsi qu’on peut dire qu’elle est un phénomène universel. Son universalité ne signifie pas que chaque personne adhère à une religion, mais que la religion laisse ses traces et marque sa présence dans toutes les sociétés humaines, et c’est seulement individuellement qu’on peut s’en passer. En effet, la religion, comme institution, est publique. Ainsi disons-nous qu’il n’y a pas de religion qui soit privée. Par son caractère public, accessible à «tous», en formant une communauté se réunissant sous l’égide de la liberté d’association ou de culte, la religion s’est vite dotée de capacité de s’imposer, notamment par la divulgation de sa philosophie. C’est par cela qu’on peut s’expliquer la montée exponentielle de certaines religions.

Toutes les religions de l’humanité s’inscrivent dans le temporel, parce qu’on peut remonter à leur origine. Elles sont nées d’un rapport bipartite: l’homme et le sacré. Elles naissent à partir d’un territoire ou d’un espace physique, mais sont importées et se font partout des adhérents, entre autres, par la conquête et les missions. De nombreuses religions se trouvent dans de grande difficulté, lorsqu’il s’agit de s’établir sur un autre territoire, et l’inexistence de certaines religions sur un territoire donné traduit cette réalité. Aussi, le contraire, la forte concentration d’une religion sur un bout de territoire existe également, et le fait qu’elle devient parfois la religion d’État, illustre également cette réalité. L’homme et le sacré: c’est cet ensemble qui justifie toute religion.

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

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