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Libération de Jean Pascal Alexandre et kidnapping raté de Caëlle Edmond

Après plus de quatre (4) mois passé au Pénitencier National, le policier Pascal Alexandre a été libéré le vendredi 25 septembre, à la suite de son audition au cabinet d’instruction. Selon l’un des avocats du policier faisant partie de l’unité spécialisée BLTS, Me Axène Joseph, le juge d’Instruction, Régis Rénor, «en a décidé ainsi, vu que les faits de destruction de biens publics, incendie et association de malfaiteurs, à lui reprochés, ne seraient pas avérés». Cette libération intervient deux semaines après que les policiers du groupe Fantôme 509 aient manifesté violemment dans la capitale pour exiger sa libération. Pascal Alexandre ferait partie du groupe Fantôme 509, considéré comme le bras armé du syndicat des policiers qui réclame de meilleures conditions de travail pour leurs pairs. Bien que libéré, le policier membre du BLTS est à la disposition de la justice, dans le cadre de la poursuite de l’instruction.

D’autre part, peu de temps après avoir été libérée par les ravisseurs qui l’aurait enlevée, l’animatrice de l’émission SOS solitude, Caëlle Edmond a recouvré sa liberté. Les faits, a-t-elle fait savoir, sont survenus non loin du palais municipal de Delmas, le dimanche 20 septembre, aux environs de 9 heures 15 p.m. «J’étais aux environs du palais municipal de Delmas, le dimanche 20 septembre, vers les 9h15 p.m. quand un véhicule s’est mis en travers de ma route (et) 8 hommes armés, encagoulés, (en) sont descendus. Ils m’ont dit que c’est la police. Vous êtes sous le contrôle de la police. Je leur ai demandé quel est mon rapport avec la police. Ils m’ont poussée à l’intérieur du véhicule », a raconté Caëlle Edmond. Dans une vidéo, on voit l’un des prétendus ravisseurs indiquer que c’est la dernière fois que sa famille la voyait en vie. Ligotée sur un lit, Caëlle Edmond a assuré à son ravisseur qu’un membre de sa famille fera tout son possible, toujours sur cette vidéo. «Cette vidéo était destinée à mon frère Ralph. On voulait lui faire peur», a confié Caëlle Edmond, sans toutefois donner les raison pour lesquelles on voulait faire peur à son frère. Elle a cependant fait savoir qu’elle aurait été libérée par grâce et sans verser un centime. «Non. Il n’y a pas eu de rançon», a-t-elle fait savoir.

Assassinat de Me Monferrier Dorval, le BAC a remis son rapport

Suite à l’assassinat de Me Monferrier Dorval, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, le 28 août dernier, le Bureau des affaires criminelles (BAC) a remis son rapport d’enquête à Me Gabriel Ducarmel, Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, dans lequel il est écrit : « les nommés Modelet Sénégeau, alias « Abidy », Mackender Fils-Aimé, Dunès Vilpique, « alias Jah », Markenson Charles, « alias Cobra », Gerson Laurent, alias « TiLuc ou Louko », Richelet Augustin, Johnny Toussaint et consorts se sont associés en malfaiteurs pour assassiner le citoyen Monferrier Dorval, Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince». Précisons que l’enquête a permis de déterminer que Richelet Augustin et Johnny Toussaint se trouvaient au domicile de la victime, au moment de l’assassinat, et qu’ils sont soupçonnés d’être les meurtriers de Me Dorval. Les enquêteurs poursuivent leurs recherches en vue d’identifier toute autre personne impliquée dans cet assassinat. En attendant, Modelet Sénégeau, Mackender Fils-Aimé, Valéry Dor, Dunès Vilpique ont été déférés devant la justice. Le BAC suggère que des mandats soient émis à l’encontre de Markenson Charles, Gerson Laurent, Richelet Augustin et Johnny Toussaint, pour leur implication présumée dans ce crime. Le Commissaire du Gouvernement a transmis le dossier au cabinet d’instruction où, selon nos informations, ce serait Me Régis Rénor qui serait chargé de l’instruction de cette affaire.

Par ailleurs, le Juge Jean Wilner Morin, Président de l’Association Nationale des Magistrats Haïtiens (ANAMAH), a condamné, dans une note, les actes d’intimidation et les menaces de morts contre la Magistrate, Wendelle Coq, membre fondatrice de l’ANAMAH qui lui apporte son indéfectible soutien. «La Magistrate Coq est de cette catégorie de Magistrats dont la réputation est capable de s’élever à la dimension traditionnelle et mythique de la Cour de Cassation. Que des têtes brûlées se dissimulent derrières des numéros de téléphones anonymes ou non-enregistrés pour l’accabler de menaces attentatoires à sa vie, (cela) n’étonne nullement la Nation. L’assassinat du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, en dit long. L’itinéraire ensanglanté, empruntée par ces individus sans scrupule, ne laisse pas l’ombre d’un doute, quant à leur volonté d’éradiquer la vérité pour la remplacer par la leur. Ils ne plaisantent pas. Aucun Magistrat ne doit être menacé ou intimidé lorsqu’il accomplit des actes de sa conviction, au regard de la loi et de la Constitution. À cet égard, il est de la responsabilité de la police nationale, en tant qu’auxiliaire de la justice ou des pouvoirs publics, de garantir la sécurité de la Magistrate». L’ANAMAH a exhorté les Magistrats en leur rang, grade et qualité, à ne pas baisser la garde et à demeurer fidèles à la Constitution et à la loi.

SOS-Journalistes a accueilli, avec espoir et optimisme, l’annonce de l’arrestation d’un des présumés assassins du photojournaliste, Vladjimir Legagneur, arraché à l’affection de ses proches et de ses confrères. Le prévenu qui répond au nom d’Odenson Désir (19 ans), alias «Bibi», s’était réfugié, depuis un certain temps, dans la zone de Fonds-des-Nègres, chez un ami, lui aussi activement recherché par la police. «Selon le service de renseignements de la police, Odenson Désir serait impliqué dans l’assassinat du journaliste Vladjimir Legagneur», a fait savoir Wisnel Décembre, le Porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH) à Miragoâne. Pour SOS-Journalistes, l’arrestation d’Odenson Désir représente un rebondissement encourageant dans cette quête de justice pour Vladjimir Legagneur et appelle les autorités compétentes à accélérer les efforts pour faire aboutir, le plus tôt possible, l’enquête judiciaire.

Emmanuel Saintus

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