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Des mouvements diplomatiques de «géants» d’Haïti

Le Bureau des avocats internationaux (BAI) appelle l’administration Moïse/Jouthe à engager des recours appropriés et efficaces, capables de contraindre l’Organisation des Nations Unies (ONU) à apporter des réparations aux victimes du choléra en Haïti. Par ailleurs, à la tribune virtuelle de l’ONU, pour cette 75e Assemblée générale, le président de la République a appelé les bailleurs de fonds internationaux à laisser Haïti choisir ses priorités, dans la réalisation des projets qu’ils financent. D’autre part, les changements se poursuivent dans la diplomatie haïtienne. Dans un arrêté publié le 14 septembre 2020, dans le journal officiel, le Moniteur, Jovenel Moïse a nommé sept (7) nouveaux ambassadeurs.

Le 18 avril 2020, 13 experts de l’ONU ont relevé une absence de volonté d’engager de tels recours, chez l’administration de Jovenel Moïse et de Joseph Jouthe. Ces experts de l’ONU ont même conseillé au gouvernement de demander « un avis consultatif à la Cour internationale de justice, par l’intermédiaire de l’Assemblée générale, pour contester l’interprétation et l’application, par l’ONU, de la section 13 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies de 1946, dans les circonstances». Cette correspondance concerne une communication des 13 experts de l’ONU, adressée à Jovenel Moïse, sur des voies de recours efficaces et appropriés en faveur des victimes du choléra en Haïti, a expliqué le BAI, qui se dit indigné face au mépris scandaleux, affiché par l’équipe tèt kale au pouvoir, à l’égard du dossier des victimes de l’épidémie du choléra. «L’équipe au pouvoir méprise les engagements nationaux et internationaux, notamment ceux des propres experts de l’ONU, dans la lutte pour obtenir des réparations au profit des victimes », a critiqué le Bureau des Avocats Internationaux. L’absence de réponse de l’administration politique haïtienne montre clairement combien la problématique de réparation des victimes du choléra n’a jamais été l’objet de préoccupation de celle-ci, a fait savoir le BAI, invitant, une fois de plus, le gouvernement à accepter le conseil des experts de l’ONU.

Cette année, la pandémie de COVID-19 a empêché Jovenel Moïse et les chefs d’État du monde entier d’assister en personne, à la 75e Assemblée générale des Nations Unies. Cependant, à travers des vidéos préenregistrées, l’ONU a quand même réalisé son Assemblée générale. Ce fut l’occasion pour le chef de l’État haïtien de demander aux bailleurs de fonds de laisser son pays choisir ses priorités. «Nous voulons des projets qui s’adaptent à nos besoins, qui répondent à nos priorités et qui nous permettent de mettre en œuvre un développement économique axé sur l’humain, sur la production nationale, sur le renforcement des capacités de nos institutions. Nous voulons des projets qui ont un impact positif sur la pauvreté, qui intègrent les enjeux sociaux et environnementaux du pays », a discouru Jovenel Moïse, soulignant, au passage, qu’un fort pourcentage de la population mondiale souffre de la pauvreté et de la faim. Le chef de l’État haïtien estime que, pour renverser la tendance, il faut une vaste mobilisation de ressources financières. «Haïti a eu plusieurs milliards de dollars d’aide de la communauté internationale pendant ces dix dernières années. Les conditions des vie des Haïtiens ne se sont pourtant pas améliorées», a-t-il critiqué.

«Les milliards de dollars dépensés n’ont souvent pas tenu compte de nos priorités, de nos besoins, ni même de notre stratégie de lutte contre la pauvreté. Dans une perspective de développement durable, nous appelons les bailleurs de fonds de tous les pays amis à produire une analyse critique de l’aide internationale à Haïti, afin d’évaluer son efficacité», a avancé le président Jovenel Moïse.

D’autre part, le chef de l’État a fait choix de l’ancien ministre des Affaires étrangères, António Rodrigue, pour prendre la tête de la délégation d’Haïti auprès des Nations Unies à New-York et aussi de Beausoleil Sam, jeune cadre de la chancellerie, à la CARICOM. Les deux diplomates ont déjà présenté leurs lettres de créances. Le sociologue Smith Augustin défendra les intérêts du pays en République Dominicaine. Ce dernier est présenté comme un spécialiste des relations haïtiano-dominicaines. En France, le chef de l’État a fait choix de Jean Josué Pierre. Arrivé en tant que ministre conseiller dans la mission diplomatique, il a été promu ambassadeur d’Haïti à Paris où il avait effectué une bonne partie de ses études universitaires. Le diplomate Louis Marie Saintil qui exerçait la fonction de Chargé d’Affaires à l’Ambassade d’Haïti en Espagne, a eu la confiance de Jovenel Moïse pour y représenter le pays. Dr Franz Bataille, quant à lui, duvaliériste notoire, retourne en Allemagne, après y avoir occupé le poste de Chargé d’Affaires, durant le mandat de Michel Martelly. Help Monod Honorat qui est un Ancien boursier du gouvernement japonais pour des études doctorales, représente le pays au Japon où il avait déjà travaillé à l’Ambassade d’Haïti à Tokyo.

Altidor Jean Hervé

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