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L’énigme économique haïtienne s’accentue

La gourde s’apprécie. Le ministère du Commerce exige, des opérateurs et prestataires de services, d’afficher les prix en gourdes. Mais les prix des produits de première nécessité stagnent. La Chambre de Commerce et de l’Industrie d’Haïti (CCIH) a publié le communiqué suivant, dans lequel elle demande aux membres et institutions du secteur privé des affaires de respecter la nouvelle mesure du MCI. «Suite à la publication des communiqués 003 et 004 du ministère du Commerce et de l’Industrie, relatifs à l’affichage des prix sur le territoire national, des représentants de la CCIH ont rencontré le Premier ministre, le ministre du Commerce et de l’Industrie ainsi que le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti», a révélé la CCIH dans le communiqué. Le gouvernement ayant maintenu la mesure d’affichage des prix en gourdes qui a pris effet le lundi 7 septembre 2020, la CCIH croit qu’il est important de respecter cette mesure qui est en vigueur depuis septembre 2018, suite à un arrêté de l’exécutif», poursuit ce communiqué. La Chambre de Commerce et de l’Industrie d’Haïti a dit, par ailleurs, qu’elle attend un mémorandum en provenance du bureau du Premier ministre. Selon la Chambre de Commerce, ce document «viendra préciser les modalités d’application de la mesure, dans ce contexte de fluctuations imprévisibles de notre monnaie nationale».

Par ailleurs, le chef de l’État, lors de l’avant-dernière sortie de son programme baptisé «Dialogue communautaire», réalisé au Palais national, a souligné que les prix des produits sur le marché local augmentaient en même temps que la dépréciation de la gourde, le mois dernier. Pour Jovenel Moïse, aujourd’hui, les prix des produits doivent aussi suivre la tendance du taux de change. «Gwo nèg ki nan kòmande diri, ki nan kòmande lwil, chanje transmisyon an pou nou. Mete transmisyon an otomatik, pou jan dola a ap desann lan, se menm jan an pou pri manje pèp la ap desann tou», a déclaré le président Jovenel Moïse, sous les applaudissements des participants au «Dialogue communautaire». Le locataire du Palais national a demandé au ministre du Commerce de s’assurer que les prix des biens de consommation et d’autres produits comme: le fer, le bois, le ciment, reflètent la tendance du taux de change.

Parallèlement, dans des zones comme haut Nord-Ouest, La Gonâve, le Sud-Est, les zones côtières du Sud et Cité-Soleil, une personne sur deux est en crise et est affectée par la situation d’insécurité alimentaire «aiguë élevée», selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) qui vient de publier le rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (Integrated Phase Classification), révélant que 4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë élevée, dans le pays. Pour la période allant d’août 2020 à février 2021, environ 905 471 personnes sont classées en phase d’urgence de l’IPC et pas moins de 3 083 497 personnes sont en phase de crise de l’IPC. Pour la période considérée, allant de mars à juin 2021, environ 1 156 915 personnes seront en phase d’urgence) et 3 198 820 personnes, en phase de crise de l’IPC, soit 46% de la population qui auront besoin d’une action urgente pour la période de la projection, selon le rapport.

Selon l’analyse de l’IPC, les facteurs déterminants sont: l’inflation, la détérioration du taux de change et la réduction des transferts de fonds. Le rapport a aussi précisé que la pandémie de COVID-19, les faibles récoltes agricoles, dues à une pluviométrie inférieure à la normale, sans compter les dégâts causés par la tempête tropicale Laura, vont accentuer la menace d’aggravation de l’insécurité alimentaire.

Emmanuel Saintus

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