Insécurité & BanditismeJustice

Le BINUH dénonce les gangs armés du pouvoir

«La population des quartiers contrôlés par des bandes armées, endure un niveau de violence intolérable : entre janvier et juin 2020, le BINUH a documenté qu’au moins 159 personnes ont été tuées et 92 autres blessées, y compris des enfants, en raison de la violence liée aux gangs», a critiqué le BINUH, un organisme constitué d’alliés et d’amis de Jovenel Moïse.

«Le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) exprime sa vive préoccupation face à la recrudescence de l’insécurité sur l’étendue du territoire national et, en particulier, dans les quartiers populaires marginalisés de la zone métropolitaine, où des affrontements entre gangs armés ont récemment occasionné d’importantes pertes de vies».

Dans cette note en date du 12 août 2020, le BINUH a dit que ces violations pourraient constituer des crimes internationaux, en vertu du droit relatif aux droits de l’Homme et constituent également des crimes relevant du droit pénal haïtien. Les responsables doivent être arrêtés et poursuivis, et l’État, à travers ses institutions, doit prendre des mesures effectives pour protéger le droit inaliénable à la vie de tous les citoyens (nes) et mettre fin à l’impunité et aux cycles répétitifs de violence en Haïti.

Le Bureau Intégré des Nations-Unies en Haïti (BINUH) a exhorté les autorités haïtiennes à exécuter des mandats émis contre plusieurs chefs de gangs dont Jimmy Cherizier, alias Barbecue, auteur présumé de crimes, d’abus ou de violations des droits humains dans le pays.

«Par conséquent, nous encourageons une fois de plus les autorités haïtiennes à poursuivre les auteurs présumés de crimes, d’abus ou de violations des droits de l’Homme, et d’exécuter les actes judiciaires émis, y compris le mandat d’amener émis à l’encontre de plusieurs chefs de gangs, notamment Jimmy Cherizier, alias «Barbecue», visé par un mandat émis en février 2019 pour son implication présumée dans les attaques de Grand Ravine, en novembre 2017. Il serait également impliqué dans des autres incidents meurtriers, dont celui de La Saline, en novembre 2018 et de Bel-Air en novembre 2019 et, plus récemment, dans les incidents de Pont-Rouge et Cité-Soleil».

«Nous voudrions également rappeler au Gouvernement l’importance de doter la Police Nationale d’Haïti (PNH) et la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et Réinsertion (CNDDR) de moyens financiers et logistiques adéquats, dans le cadre d’un processus transparent des marchés publics, pour bien remplir leurs missions respectives, et nous encourageons les partenaires internationaux à continuer leur appui à ces institutions-clés pour l’état de droit en Haïti. Dans le cadre de l’exécution de son mandat, le BINUH réaffirme son engagement auprès des partenaires étatiques et de la société civile, pour prévenir et répondre à ces violences, y compris en appuyant les autorités nationales dans le renforcement de la capacité de la PNH et des institutions judiciaires, ainsi que dans la mise en œuvre de programmes de réduction de la violence communautaire, menés par les autorités haïtiennes, notamment la PNH et la CNDDR», a écrit le BINUH.

À noter que Jimmy Cherisier, alias «Barbecue», est l’un des hommes forts du groupe de gang armé très puissant dénommé «G-9 Famille et Alliés» qui a son siège principal dans la capitale, Port-au-Prince. Ce groupe de gang, selon les rapports des organisations de Défense des droits humains dont RNDDH et FJKL, aurait reçu de l’appui financier et logistique du pouvoir en place. En ce sens, le Réseau National de Défense des Droits Humains et la Fondasyon Je Klere (FJKL ) ont publié deux accablants rapports distincts, les 22 et 23 juin 2020. Le G-9 Famille et Alliés, à travers Jimmy Cherizier, serait impliqué dans de nombreux massacres survenus, notamment, dans différents quartiers populaires de la capitale.

Par ailleurs, le Directeur Général a. i. de la Police Nationale d’Haïti, Rameau Normil, et le Directeur du Bureau des Affaires Internationales de Stupéfiants et de l’Application de la Loi au Département d’État des États-Unis (INL), David Mosby, se sont rencontrés le lundi 10 août 2020, pour discuter des priorités stratégiques de son institution telles que: la lutte contre la violence des gangs et le kidnapping, le renforcement de l’État de droit, la protection des droits humains ainsi que les plans de soutien à la prochaine promotion de la PNH. En ce sens, la Police Nationale a reçu, au cours de cette semaine, un don d’équipements du Bureau des Affaires Internationales de Stupéfiants et de l’Application de la Loi, au Département d’État des États-Unis (INL). Il s’agit notamment des équipements de protection pour les policiers qui assurent l’ordre public et la sécurité des citoyens, au sein du Corps d’Intervention pour le Maintien de l’Ordre (CIMO), du matériel de communication pour le Bureau de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS), et des fournitures pour aider l’Administration Pénitentiaire (DAP), à atténuer la propagation de la COVID-19 dans les prisons d’Haïti.

D’autre part, les paysans de l’Artibonite tirent la sonnette d’alarme, en raison des exactions des groupes armés. Les récoltes de nombreux cultivateurs sont perdues dans la commune de Petite-Rivière, contrôlée par le gang Base Grand Griffe de Savien. La zone de Savien est réputée pour la production d’une variété de patate douce connue sous le nom de Ti Savien. Les résidents ont fait part que ce gang ne cesse de se renforcer, avec l’arrivée de nouveaux jeunes bandits de la zone et en provenance des autres départements. Des notables ont estimé que l’effectif de la base Grand Griffe est supérieur à celui de la PNH. «Les bandits de Savien ont volé une ambulance de la CAN et ont provoqué la fermeture du marché de Pont-Sondé, le plus important de la région», ont dit les habitants. Même si les forces de l’ordre n’ont pas entrepris de grandes offensives contre ce gang, elles ont obstrué certaines artères limitant les exactions des criminels sur la route nationale.

Face au gang Grand Griffe se dresse le gang de Ti Mépris, dans la localité de Jean Denis. Sa force de frappe empêche les bandits de Savien d’inquiéter les résidents de Jean Denis. Subissant les pires exactions, les citoyens ont réalisé des manifestations, afin de forcer les autorités à rétablir la sécurité.

Emmanuel Saintus

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