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Fin de l’état d’urgence, malgré la propagation du coronavirus

Le pays n’est plus en situation d’état d’urgence sanitaire, depuis le lundi 20 juillet 2020, selon ce qu’a fait savoir le premier ministre Joseph Jouthe. Il a toutefois assuré que le gouvernement resterait très vigilant, notamment au niveau de la frontière et de l’aéroport. Cette annonce a été faite, alors que les cas de contaminations continuent de s’accroître, à tel point que durant trois jours consécutifs, plus de 30 nouveaux cas de contaminations à la COVID-19 ont été enregistrés. Ailleurs, dans le monde, la pandémie continue aussi de s’accroître, augmentant les risques de contamination.

La décision de ne pas prolonger l’état d’urgence a été prise avec le comité scientifique et la commission multisectorielle, selon le chef du gouvernement qui a affirmé qu’ils sont en train d’observer l’évolution de la maladie dans le pays et qu’ils reviendraient sur l’application de l’état d’urgence sanitaire, au cas où ce serait nécessaire. «Pour le moment, nous estimons qu’il n’est pas nécessaire de prolonger l’état d’urgence sanitaire. Nous avons pris des mesures pour permettre aux factories de fonctionner à cent pour cent. Les églises ont recommencé à fonctionner. Les écoles vont recommencer à fonctionner…» a déclaré Joseph Jouthe. Parallèlement, le premier ministre continue d’appeler la population à respecter les mesures- barrières contre le nouveau coronavirus, bien que les derniers bilans, communiqués par le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) sur la propagation du virus dans le pays, soient plus ou moins rassurantes, tente-t-il de clarifier.

Toutefois, selon le dernier rapport du MSPP, 34 nouvelles contaminations et deux décès additionnels sont recensés dans le pays, le 29 juillet dernier, selon le Ministère de la Santé Publique et de la Population, dans son avis numéro 117, communiqué le jeudi 30 juillet 2020. Ainsi, le bilan des personnes infectées par le nouveau coronavirus est passé à 7 412 et le nombre de décès à 161, alors que celui des personnes qui ont récupéré de la maladie, est de 4 467. 16 des 34 nouvelles contaminations enregistrées se trouvent dans le département de l’Ouest et 7 dans l’Artibonite. Par ailleurs, le nombre de personnes contaminées dans le monde par le coronavirus COVID-19, depuis le début de la pandémie, s’élève à 17 053 700 cas confirmés. Le nombre de pays contaminés est de 188. Néanmoins, depuis le début de la pandémie, 9 975 950 personnes ont été guéries de la COVID-19 dans le monde, pour 667 693 personnes mortes.

D’autre part, la commission d’inventaire et d’évaluation des remèdes traditionnels, utilisés contre la COVID-19, mise en place, le 4 juin dernier, par le Conseil Exécutif de l’Université d’État d’Haïti, a présenté, le jeudi 30 juillet 2020, les résultats de son travail. La commission, composée des professeurs Marilise Rouzier, Marc Félix Civil, Audalbert Bien-Aimé, Ernst Noël et Justin Casimir, avait pour mission l’évaluation des remèdes traditionnels, utilisés contre la COVID-19 en Haïti, en vue d’émettre un avis éthique et scientifique sur les formules et recettes utilisées par la population. Elle devait également se prononcer sur les propriétés et éventuels effets secondaires des plantes entrant dans la composition de ces recettes et faire des recommandations.

72 recettes ont été analysées par ce groupe de scientifiques. Elles comprennent entre 1 à 12 ingrédients. Le miel, le gingembre, le citron, l’aloès, le girofle, l’ail, l’oignon, la cannelle et l’armoise en sont les plus utilisées par les Haïtiens pour prévenir la maladie, selon la professeure Marilise Rouzier, membre de la commission. De la combinaison de ces différents ingrédients résultent les 72 remèdes traditionnels utilisés par les Haïtiens pour combattre le coronavirus. Les plus fréquents sont le punch, les (remèdes) amers et les pratiques d’inhalation, entre autres. L’administration de ces remèdes a permis d’obtenir des résultats significatifs contre le coronavirus, selon la professeure à la Faculté de Médecine et de Pharmacie. «Plusieurs des recettes répondent à la fois aux symptômes et au blocage des complications, alors que d’autres peuvent prévenir la maladie. Ce qui indique une bonne connaissance de la phytothérapie et une adresse particulière à manier les plantes et à les associer». Toutefois, elle se veut prudente dans la communication des résultats car, explique-t-elle, si les recettes ont des effets positifs sur la maladie, il y a aussi des inconvénients. «Le fait d’associer plusieurs plantes au sein d’une même recette a ses avantages mais aussi ses inconvénients».

Emmanuel Saintus

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