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CEP: rien ne va plus pour Jovenel Moïse

Le président Jovenel Moïse et ses conseillers sont à court d’initiatives, et le désespoir pour se maintenir au pouvoir fait qu’ils n’ont plus le temps de bien réfléchir. Comme l’avait si bien dit le président Abraham Lincoln: «vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps».

Ces manœuvres de Jovenel Moïse, qui utilise les décrets comme un vivier pour nourrir ses promesses creuses, ne sont qu’un jeu destiné à montrer sa soi-disant détermination à affronter les opposants. Ceci est une façon d’empêcher le peuple à prendre son destin en main. Il n’empêche que cette méthode funambulesque commence à montrer ses limites. Ces tactiques ambiguës semblent, in fine, se retourner contre lui.

En effet, dans une correspondance adressée au chef de l’État, les huit membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP), en place depuis 2016, ont présenté leur démission en bloc. Cette démission collective arrive un jour après que le chef de l’État eut manifesté l’intention de demander aux secteurs de confirmer ou non leur représentant au sein de l’institution électorale.

Les huit membres restants, depuis la démission de Jean Simon Saint Hubert, ont tous apposé leur signature au bas de la lettre, après avoir évoqué comme raison, leur volonté de faciliter un dialogue entre le pouvoir, l’opposition et la société civile, sur un dénouement de la crise que connaît le pays.

«Monsieur le Président de la République,

Dans la perspective de parvenir à une normalisation institutionnelle, le pouvoir Exécutif a clairement exprimé sa décision de procéder à un changement de la Constitution et d’enclencher, sans délai, le processus électoral. Face aux responsabilités qui lui incombent, le Conseil Électoral Provisoire a l’honneur de souligner à votre attention ce qui suit. Aujourd’hui, notre pays fait face à une grave crise politique et institutionnelle, entraînant de lourdes conséquences aux niveaux économique, social et sécuritaire. Tout en reconnaissant l’urgence de la normalisation, il nous paraît essentiel de prioriser le dialogue entre les principaux acteurs du pouvoir, de l’opposition et de la société civile, en vue d’aboutir à un consensus approprié. Cette étape inévitable constitue un passage obligé pour parvenir à une solution viable, capable de juguler la crise actuelle. Il s’agit également d’une condition indispensable pour la fiabilité et la réussite d’un processus électoral inclusif», ont écrit les conseillers. Et de poursuivre ainsi. «En vue de faciliter cette évolution, les soussignés, Membres du Conseil Électoral Provisoire, ont décidé volontairement de vous présenter leur démission qui prendra son plein effet le lundi 27 juillet 2020. Espérant que cette décision apportera un dénouement heureux pour notre pays, le Conseil Électoral Provisoire vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, nos salutations patriotiques».

Cette lettre de démission a été signée par: Léopold Berlanger, président, désigné par le secteur Presse ; Carlos Hercule, vice-président, désigné par la Conférence épiscopale d’Haïti ; Frinel Joseph, trésorier : Cultes réformés ; Kenson Polynice : secteur Paysan/Vaudou ; Marie-Herolle Michel : secteur Patronal ; Josette Jean Dorcély : secteur Syndical ; Jean Lucien Bernard : secteur Université ; Marie Frantz Joachim : secteur Femme ; Jean Simon Saint-Hubert, qui avait démissionné auparavant, avait été désigné par le secteur des Droits humains.

À rappeler que le président Jovenel Moïse, dans le cadre des préparatifs pour les prochaines élections, avait entrepris des consultations auprès des secteurs représentés au sein du Conseil Électoral Provisoire. Il avait écrit aux secteurs qui ont envoyé des représentants au CEP pour leur demander de confirmer ou de désigner un autre représentant au Conseil électoral provisoire. Et vingt-quatre heures après cette décision, les huit membres restants du CEP ont jeté l’éponge.

Emmanuel Saintus

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