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Le MSPP sort un peu sa tête de l’eau

L’épidémie de choléra a diminué de manière drastique et aucun cas n’a été confirmé, depuis février 2019, a fait savoir l’UNICEF dans son dernier rapport. Selon le Ministère de la Santé Publique et de la Population d’Haïti (MSPP), le nombre de cas suspects de choléra a été réduit de 81% en 2019, comparé à la même période de l’année dernière. S’il est encore tôt pour crier victoire, le fait qu’il n’y ait plus de nouveaux cas de choléra confirmés après 10 mois, est un message plein d’espoir pour un pays où, depuis 2010, on estime à plus de 9 000, le nombre de personnes qui sont mortes de l’épidémie, et à 800 000, celles qui ont souffert de diarrhées cholériformes, a expliqué le rapport de l’UNICEF. La possibilité que l’élimination complète du choléra puisse être déclarée est décisive en Haïti, un pays qui fait face à des crises récurrentes. Pour consolider les acquis de la lutte contre le choléra en Haïti, le MSPP, l’UNICEF et les partenaires de mise en œuvre, se sont engagés à continuer de travailler ensemble. À l’aide d’un réseau d’équipes d’intervention rapide et un système de surveillance et d’alerte précoce, au niveau communautaire, ils guettent d’éventuels signaux de résurgence de l’épidémie, afin de la maîtriser définitivement. Ce plan novateur et le travail d’équipe sont sur le point de porter leurs fruits. Parallèlement, la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) a exigé des indemnisations pertinentes, en faveur des victimes du choléra ayant fait plus de 10 000 morts en Haïti, en marge de la troisième journée d’un colloque international à Port-au-Prince, le lundi 9 décembre 2019. «Occupation, souveraineté, solidarité : Vers un tribunal populaire sur les crimes de la Mission des Nations unies de stabilisation en Haïti (MINUSTAH)», tel est le thème du colloque qui a démarré le samedi 7 décembre 2019. «Il faut des dédommagements communautaires et socio-économiques, parce que le pays a payé un très lourd tribut, à cause de la maladie du choléra, introduite, en octobre 2010, à Mirebalais (Plateau Central, en Haïti), par le contingent népalais de la force onusienne», a déclaré l’économiste Camille Chalmers, directeur exécutif de la PAPDA. Le choléra a entraîné le déclin de la production rizicole et le refus de la République Dominicaine d’acheter des produits agricoles haïtiens, rappelle la PAPDA. L’élimination du choléra, qui est un élément extrêmement important, doit se faire à partir de la modification de l’environnement du système de santé, notamment au niveau de l’accessibilité des Haïtiennes et des Haïtiens à l’eau potable et à des soins de santé rapides. Les ressources techniques, financières et humaines, dont dispose l’Organisation des Nations Unies (ONU), peuvent permettre de réparer cela, fait remarquer la PAPDA qui critique l’absence d’un système de santé, capable de couvrir tout le territoire national en Haïti.

Par ailleurs, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), à travers la Direction de formation et de perfectionnement en sciences de la santé (DFPSS) a procédé à la présentation officielle du profil de compétences des professionnels en sciences de la santé, le mardi 10 décembre, dans un hôtel à Pétion-ville. Le ministre de la Santé publique et de la Population, Marie Greta Roy Clément, a mis l’accent sur la nécessité pour qu’il y ait des professionnels qualifiés pour accomplir des tâches dans les établissements sanitaires du pays, car selon elle, il faut alimenter le marché des professionnels compétents. L’objectif de ce document est de présenter les différents domaines existant dans le secteur de la santé et de mettre les professionnels de la santé à un niveau standard. La titulaire du MSPP a rappelé que son ministère est prêt à œuvrer à l’amélioration de la qualité des soins de santé dans le pays, en attendant le vote du budget au Parlement. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet, a félicité le ministère de la Santé publique pour avoir pris l’initiative d’élaborer ce document qui s’avère nécessaire dans le perfectionnement des professionnels de la santé.

Dans le cadre du processus d’accréditation des institutions académiques de la santé, notamment les facultés de médecine, le ministère de la Santé publique et de la Population a aussi présenté, le mardi 10 décembre, à l’hôtel Montana, un document normatif qui fait injonction à toutes les institutions de s’y mettre, afin d’harmoniser la formation en Haïti. L’échéance pour l’accréditation de nos facultés de médecine arrive à grands pas. En 2023, si l’on ne s’y met pas, un médecin doté d’un diplôme d’une faculté de médecine haïtienne non accréditée ne pourra pas poursuivre des études médicales aux USA et au Canada, voire travailler dans ces pays-là. En vue de standardiser la formation en sciences de la santé en Haïti, le ministère de la Santé publique et de la Population a présenté le document qui établit «le profil des compétences des professionnels en sciences de la santé». «Ce document jette les bases pour un système de formation plus performant, et répond à de nombreux impératifs. Il représente une contribution du MSPP au processus d’accréditation des institutions académiques, notamment les facultés de médecine», a déclaré la ministre de la Santé, le Dr Marie Gréta Roy Clément, en présence des directeurs du Conseil des doyens des facultés de médecine. En Haïti, la préoccupation est d’orienter la planification des programmes de formation. Un alignement de nos différentes institutions de formation sur un code des compétences adaptées au profil épidémiologique du pays, en répondant aux exigences internationales, est un objectif important, selon les autorités sanitaires. Parallèlement, l’investissement dans la santé est minime, seulement 4,5% du produit intérieur brut, a déclaré, lundi, le spécialiste et professeur à l’Université d’État d’Haïti, le Dr Junot Félix de AKAO, qui a été l’un des panélistes participant au colloque international sur l’Occupation, Souveraineté et Solidarité, qui analyse les conséquences de 15 ans de présence des Nations Unies (MINUSTHA) en Haïti.

Notons que l’Hôpital Évangélique de Bombardopolis (HEB), la structure de référence dans le Département du Nord-Ouest, qui dessert environ 50 000 habitants, a ouvert sa nouvelle maternité. Financé par l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 145 000 Euros, soit 14,5 millions de gourdes (incluant les équipements), cette nouvelle maternité comprend entre autres : 1 salle d’observation, 1 salle post-partum, 1 local pour les infirmières, 2 salles d’accouchements, 1 salle à la surveillance des prééclampsies et 1 salle de consultation. Ce chantier a été réalisé par l’ONG Initiative Développement. La réorganisation des services a été réalisée avec l’accompagnement d’Entraide Médicale Internationale (EMI) et du Service Œcuménique d’Entraide (SOE), notamment au niveau de la pharmacie qui a été mise aux normes du Ministère.

Altidor Jean Hervé

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