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Calendrier remanié pour une reprise totale

Le mercredi 11 décembre 2019, le ministère de l’Éducation nationale a rendu public un calendrier scolaire réaménagé qui prend en compte les jours de classe perdus pendant la période de crise. Ce calendrier, qui prévoit une prorogation de la date initiale, prévue pour la fermeture des classes, compte 147 jours de classe et 6 jours de congé. Les responsables du ministère de l’Éducation indiquent que le nombre d’heures d’enseignement sera de 735 heures pour le fondamental et 882 heures pour le secondaire. En raison de la rentrée tardive des classes, le ministère de l’Éducation a réduit le nombre de contrôles qui est passé de 4 à 3. Le premier contrôle est prévu du 10 au 14 février 2020. Cet ajustement est indispensable, puisque de nombreux élèves n’ont pas repris les activités. En dépit de l’annonce des autorités, très peu d’élèves sont remarqués dans les établissements scolaires de la région métropolitaine de Port-au-Prince. En ce qui a trait aux examens officiels, le ministère de l’Éducation indique que le Bac permanent est prévu du 17 au 21 février 2020. Les examens de la 9ème année fondamentale se tiendront du 29 juin au 1er juillet 2020. «Dans le domaine de l’éducation, 180 à 200 jours de classe sont nécessaires pour combler une année scolaire. Par contre, en période de crise, les jours de classe sont comptés entre 120 à 140 jours, avec un programme à compétence minimale». Au niveau de l’enseignement fondamental et secondaire, le programme à compétence minimale est déjà préparé, informe le MENFP.

Par ailleurs, le MENFP invite les parents d’élèves à trouver un accord à l’amiable, avec les responsables d’écoles, en ce qui concerne le paiement des frais scolaires, durant les mois de crise, quand les activités scolaires ont été paralysées. Après trois mois de suspension (septembre, octobre et novembre 2019) due aux troubles politiques, certains établissements scolaires tendaient à reprendre, en ce début du mois de décembre 2019, les activités académiques, dans un contexte encore flou. Aux parents à qui les écoles réclameraient de l’argent pour un service non fourni, le ministre Cadet leur conseille de trouver une entente à l’amiable avec les directions. «Une école qui n’a fourni aucun service durant les 10 semaines de paralysie ne peut exiger des parents le paiement des frais scolaires. Comme nous l’avons dit dans un communiqué, une telle attitude est contraire aux normes et à l’éthique de fonctionnement d’une école», a-t-il indiqué, tout en soulignant que les écoles sont libres de profiter des jours de congé et de fin de semaine pour rattraper les heures perdues. Quant à la crainte d’un regain de tension dans le pays qui pourrait à nouveau paralyser le secteur éducatif, le ministre Cadet a donné la garantie que le gouvernement fera tout son possible pour maintenir un climat de sécurité. Il reconnaît que l’insécurité dans les rues et les attaques sur les établissements scolaires ont eu des impacts sur le secteur éducatif. Mais M. Cadet a joué la carte de l’assurance, en avançant qu’un plan national de sécurité est actuellement en application dans la capitale et les villes de province.

D’autre part, le nouveau calendrier scolaire réaménagé, publié officiellement, ce mercredi 11 décembre 2019, constitue une disposition insuffisante pour le bon fonctionnement des écoles, estiment des syndicats d’enseignantes et d’enseignants. Ces syndicats d’enseignantes et d’enseignants critiquent la décision du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) de poursuivre l’année scolaire 2019-2020, en dépit de ces moments de crise. Les mêmes problèmes, qui ont paralysé l’ouverture scolaire de septembre 2019, persistent encore aujourd’hui, met en garde le coordonnateur général de l’Union nationale des normaliennes et normaliens d’Haïti (UNNOH), Josué Mérilien. Les dispositions sécuritaires, annoncées par le MENFP, pour les écoles, ne tiennent pas debout, vu que plusieurs lycées gardent encore leurs portes fermées, en raison du climat d’insécurité, a mentionné l’UNNOH. Ce syndicat a cité, en exemples, les lycées Daniel Fignolé, La Saline, Gran Ravin et Alexandre Pétion, où les cours ne sont pas encore repris. Le MENFP ne peut pas garantir la sécurité des écolières et des écoliers, avec la présence du président Jovenel Moïse, qui est, lui-même, une source d’insécurité pour le pays, a fait savoir l’UNNOH. Le MENFP n’a jamais consulté les actrices et acteurs, dans le milieu éducatif haïtien et la société civile, pour trouver un consensus sur l’avenir du système éducatif haïtien, pendant la crise qui affecte le pays, regrette le coordonnateur national de l’Union nationale des normaliens/nes et éducateurs/trices d’Haïti (UNNOEH), Georges Wilbert Franck. «Pour le fonctionnement global des établissements scolaires, dans ce contexte de crise, les autorités concernées doivent entreprendre des démarches auprès des actrices et acteurs dans la société, afin de trouver un modus operandi, pour que l’école soit épargnée dans les différents conflits qui règnent dans le pays», a suggéré l’UNNOEH.

Altidor Jean Hervé

 

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