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La juridiction de Port-au-Prince sans justice depuis le 10 juin 2022

Depuis plusieurs jours les bandits du groupe armé du Village-de-Dieu sont installés au palais de justice de Port-au-Prince. Silencieusement et en toute impunité. Pour les juges et greffiers, avocats et justiciables de la juridiction de Port-au-Prince, la justice est inexistante dans la capitale et ses environs. Alors que le chef du gouvernement dément l’information à son sujet.

«Bien avant que les bandits n’attaquent le palais de justice, la justice était déjà dysfonctionnelle dans la juridiction de Port-au-Prince. Mais depuis le 10 juin, la justice est désormais totalement inexistante dans la juridiction», s’alarme le juge d’instruction Marthel Jean-Claude, président de l’Association professionnelle des magistrats haïtiens, dans un entretien au Nouvelliste. Puisque les juges sont bien obligés de rester chez eux, dit-il. En cas d’urgence, le Doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, le Juge Bernard Saint-Vil, qui s’est réfugié dans les locaux du Tribunal de Paix de la Section Sud, peut rendre des ordonnances de référé et statuer en habeas actions de corpus. , a souligné le juge. Jean Claude.

«Les bandits continuent d’occuper le tribunal de Port-au-Prince», a dénoncé le président de l’Association nationale des greffiers. Moi, Aine Martin. Le doyen Bernard Saint-Vil et les autres membres du personnel judiciaire qui se trouvaient dans les locaux de la justice de paix de la section sud ont dû fuir en raison des détonations d’armes automatiques dans la zone.

«C’est justement cette semaine que le doyen Bernard Saint-Vil est revenu au tribunal de paix de la section sud», a-t-il déclaré.

Me Ainé Martin a indiqué que depuis le 10 juin la justice est inexistante dans la juridiction de Port-au-Prince. «Actuellement, aucune chambre de formation ne fonctionne. Seul le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince peut connaître des référés ou décider du sort des actions en habeas corpus», a expliqué le président de l’Association nationale des greffiers.

«Nous continuons à demander au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour reprendre le contrôle du tribunal. Cela permettra aux autorités judiciaires de faire un constat et un inventaire des documents volés par les assaillants», a plaidé le juge Marthel Jean-Claude. Il en a profité pour demander à nouveau le déplacement du tribunal.

Pendant ce temps, le Premier ministre Ariel Henry et son ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Liszt Quitel, ont démenti les informations selon lesquelles des bandits auraient pris le palais de justice en otage. Ces deux autorités et membres du CSPN ont qualifié ces accusations de fausses.

Altidor Jean Hervé

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