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Insécurité : hausse des kidnappings de 58,45% au premier trimestre 2022

Dans son dernier bulletin, la Cellule d’Observation de la Criminalité (COC) du Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) a recensé 225 kidnappings pour les 3 premiers mois de l’année 2022, contre 142 en 2021 pour la même période, soit une augmentation de 58,45%.

73 kidnappings en janvier 2022 contre 65 en janvier 2021 (+12,3%) ; 81 pour le mois de février contre 50 en février 2021 (+58,8%) ; 71 pour le mois de mars 2022 contre 27 en mars 2021 (+162%), ce qui démontre une nette accélération du nombre d’enlèvements, depuis le début de l’année.

Portail Léogâne, Bas-Peu-de-Chose, rue Capois, Champ-de-Mars, Avenue Christophe, Lalue, Avenue Poupelard, Bourdon, Turgeau, Canapé-Vert, Bois-Verna… sont devenus des zones rouges où le gang de Gran Ravin et ses alliés kidnappent en toute impunité, bien qu’une présence plus constante de la police soit constatée dans ces zones, précise le bulletin.

La COC explique: «les interventions systématiques de la police à la Croix-des-Bouquets ont, dans une certaine mesure, affaibli le gang 400 mawozo qui, entre juillet et décembre 2021 était responsable en moyenne de 60% des enlèvements. Des membres du groupe sont stoppés (tués), d’autres en cavale, arrêtés… Moins de 20% des kidnappings sont répertoriés à la Croix-des-Bouquets pour le premier trimestre de 2022.

Parallèlement, la Cellule d’Observation de la Criminalité (COC) constate que les alliés des 400 mawozo se renforcent, particulièrement à Tabarre, à Torcel et à Pétion-ville (vers le Nord). Ainsi, Pernier est devenu un foyer où les gangs de Martissant reprennent le «leadership», en moyenne 45% pour le premier trimestre de 2022. Il faut noter que d’autres axes se développent à Port-au-Prince et dans les villes de province.

Le rapport souligne que: «les efforts de la police sont appréciables. Cependant, elle n’a pas les moyens pour intervenir simultanément dans les principaux foyers de gangs et dans les domaines suivants : armes et accessoires, matériels, unités adaptées à la nouvelle configuration des gangs, technologie, financement…»

Les victimes les plus ciblées par le kidnapping se retrouvent dans les catégories suivantes: «socio-professionnels, particulièrement médecins, avocats, professeurs ; les cadres de l’administration publique ; les étudiants ; les policiers ; les petits commerçants et détaillants ; les fils et les filles des malere qui vivent au quotidien», précise le rapport.

En 2020 et 2021, presque toutes les victimes avaient versé une rançon. Depuis le début de l’année 2022, non seulement le montant des rançons a augmenté, mais les victimes en ont versé parfois jusqu’à trois.

Par ailleurs, le vendredi 1er avril, dans la zone de Torcel (Département de l’Ouest), la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), via sa Cellule Contre l’Enlèvement (CCE) et la Brigade de Recherches et d’Intervention (BRI), a procédé à l’arrestation de Pierre Junior, accusé de l’enlèvement d’une dame âgée de 41 ans, libérée sans rançon par la DCPJ, le 18 mars 2022. Également, le mercredi 30 mars, au cours d’une opération policière à «Ti Davi», (commune de Gros-Morne, Artibonite) 4 membres présumés du gang «kokorat san ras» ont été arrêtés : Norvens Auguste, Shelove Prévilus, Dumervil Evens et Rochener.

Emmanuel Saintus

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