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Les avancées et les défis de la lutte contre la tuberculose

C’est sur le thème: «Investissons pour en finir avec la tuberculose, sauvons des vies» que le ministère de la Santé publique et de la Population a commémoré la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, le jeudi 24 mars, lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel Karibe Convention Center.

«Pour l’année 2021, le MSPP, à travers le PNLT, a dépisté et soigné 11000 nouveaux cas de tuberculose et 71 cas de tuberculose résistants, avec l’appui de l’ICC4, des centres GHESKIO et de Zanmi Lasante ; 407 cas de tuberculose ont été détectés et traités dans les prisons, grâce à la HTW. Le pourcentage des malades coinfectés est passé de 80% en 2012 à 91 % en 2021. L’incidence de cette maladie est passée de 22 par 100 000 en 2012, à 168 par 100 000 habitants, en 2021. Cependant, il reste encore beaucoup à faire, en particulier dans la tuberculose résistante qui risque de saper les efforts déjà déployés dans la lutte, avec une prise en charge qui nécessite des médicaments plus coûteux, moins efficaces et une structure de prise en charge spécialisée», a révélé le coordonnateur du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), le Dr Willy Morose, pour qui, la Journée mondiale de la tuberculose représente une opportunité pour faire le bilan des efforts déployés dans la lutte contre cette maladie, au cours de l’année écoulée.

«La tuberculose est une maladie actuelle, toujours présente dans nos foyers, villes et villages. La tuberculose est une maladie à ne pas négliger, afin d’éviter des souffrances inutiles. Cette maladie ne se limite pas aux personnes directement touchées. Elle entraîne des effets dévastateurs sur les familles et la société tout entière», a précisé le Dr Morose. En 2022, a-t-il ajouté, le PNLT envisage d’augmenter le taux de détection et d’élever la barre des indicateurs, à la dimension des objectifs régionaux de l’OMS. «Cela exige une très grande implication nationale, car la lutte contre la tuberculose n’est pas seulement l’affaire du PNLT. La tuberculose est avant tout une maladie sociale qui nécessite une intervention pluridisciplinaire, dépassant largement l’attribution du ministère de la Santé, encore plus les prestataires des soins des CDT.» La célébration de cette Journée mondiale de lutte contre la tuberculose est aussi un moment pour rappeler à tous que la tuberculose est une maladie historique, vieille de plus d’un siècle qui, pour autant, ne se conjugue pas au passé.

Haïti est au cœur des priorités de la lutte contre la tuberculose dans la Caraïbe, a souligné le directeur exécutif de l’Unité de coordination des maladies infectieuses et transmissibles (UCMIT), le Dr Jean Frantz Lemoine. «Le gouvernement haïtien, avec le soutien des organisations de la société civile et des partenaires, a réaffirmé ses ambitions de mettre fin à la tuberculose. Le thème de cette année: «Investissons pour en finir avec la tuberculose, sauvons des vies», s’inscrit dans les nouvelles directives internationales de lutte contre la tuberculose, notamment la nécessité d’accélérer des actions concertées, en vue de garantir un monde où personne ne meurt de tuberculose», a-t-il fait savoir, en reconnaissant que: «pour atteindre cet objectif, nous devons continuer à innover, améliorer la qualité des services, en vue d’atteindre les résultats escomptés».

Le Dr Lemoine en a profité pour mettre en avant les efforts accomplis. «La coordination du PNLT UCMIT, en dépit du manque de ressources humaines, peut se féliciter du chemin parcouru. Le taux de coinfection TB /VIH chez les patients TB est passé 20 % en 2012 à 15% en 2021 ; le nombre d’institutions impliquées dans la prise en charge directe de la tuberculose est passé de 256 en 2016 à 273 en 2021 ; le nombre d’institutions offrant les services de diagnostic par le genexpert est passé de deux en 2013 à 25 en 2021 », a-t-il avancé.

Altidor Jean Hervé

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