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L’oubli des humains en Haïti conduit à la mort d’un journaliste

Constatant le non respect des droits à la vie, à la liberté, à l’éducation, à la santé, entre autres, dans une note publiée, l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) demande au gouvernement de facto, dirigé par Ariel Henry, d’assumer ses responsabilités en matière de protection des droits humains. Par ailleurs, plusieurs dizaines de personnes, en particulier des journalistes, ont manifesté, le mercredi 9 mars 2022, dans les rues de la capitale, pour dénoncer les brutalités policières envers les journalistes, dans l’exercice de leur fonction.

Des dizaines de journalistes, majoritairement issus des médias en ligne, ont foulé le macadam, le mercredi 10 mars, pour dénoncer le meurtre de leur confrère Maxihen Lazarre. Ce dernier a été tué par balle, alors qu’il assurait la couverture d’une manifestation d’ouvriers du secteur textile, le mercredi 23 février dernier. Les participants se sont rassemblés au Champ-de-Mars, sur la place de la Constitution, avant de longer les avenues John Brown, Martin Luther King et la Route de l’Aéroport. Ils ont accusé des agents de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO) d’avoir perpétré le crime. «Nous réclamons justice pour tous les journalistes assassinés, notamment le dernier en date, Maxihen Lazarre. Il a été assassiné sur la Route de l’Aéroport par des policiers. La police a annoncé une enquête administrative et une enquête judiciaire. Aucun résultat n’est enregistré jusqu’à date. Il n’y a aucune avancée», a dénoncé Robest Dimanche, porte-parole du Collectif des médias en ligne, l’Association à l’origine de la manifestation. Selon Robest Dimanche, jusqu’au moment de la tenue de la manifestation, la police n’avait auditionné que des journalistes et la femme du journaliste tué. Aucun policier n’a été auditionné, a-t-il fait savoir. «Cela traduit une négligence de la part de la police. Les présumés policiers coupables bénéficient d’une impunité puisqu’ils sécurisaient les entreprises des patrons. Il y a assez d’indices, même pour des résultats préliminaires de l’enquête», a-t-il ajouté. Robest Dimanche avait révélé qu’aucune autopsie n’est encore réalisée sur le corps de Maxihen Lazarre. «Le commissaire du gouvernement avait rendu une ordonnance pour la réalisation de l’autopsie, mais le responsable de l’Institut médico-légal a indiqué que l’institution qu’il dirigeait n’était pas en mesure de la réaliser parce qu’un appareil est tombé en panne. Il n’y a qu’un médecin légiste en Haïti. Mais il ne bénéficie d’aucun support de l’État pour effectuer son travail», avait-il déploré.

Pour le journaliste Robenson Geffrard de Radio Magik9 et du Nouvelliste, qui participait à la marche, les policiers impliqués dans les brutalités sur des membres de la population et sur les journalistes, en particulier doivent être identifiés et sanctionnés. «Aucun journaliste ne devrait être tué dans l’exercice de ses fonctions. Nous attendons aujourd’hui encore les résultats de l’enquête sur l’assassinat en 2019 du journaliste de Radio sans fin (RSF) Pétion Rospide et de Néhémie Joseph, de Vladjimir Legagneur, du journaliste de radio Vision 2000, Diego Charles en 2021, des journalistes Wilguens Louissaint et Amady John Wesley en janvier 2022, de Léopold Dominique en 2000… La liste des journalistes tués en Haïti est longue, trop longue. Il faut que l’impunité cesse…», a dénoncé Robenson Geffrard.

Les responsables de REJOUIH exhortent les autorités judiciaires à faire de la mort de ce confrère, un exemple. Selon Benito Sinord, l’un des figures de l’organisation: Regroupement des Journalistes nnovateurs d’Haïti, «la justice est desormais face à l’histoire. Rendre justice à Maxihen Lazarre est un impératif. Toute issue ne menant pas à l’aboutisment de ce dossier par la condamnation des coupables et complices, serait un crime».

Parallèlement, malgré les dénonciations de divers secteurs, plusieurs gangs armés ne cessent de perpétrer, en toute impunité, des assassinats, des enlèvements, des viols et autres crimes odieux, dans plusieurs quartiers et villes du pays, dénonce l’OCNH. De tels actes criminels constituent des violations graves des droits à la vie, à l’intégrité et à la sécurité, consacrés par la Constitution haïtienne et par plusieurs instruments internationaux, relatifs à la promotion et à la protection des droits humains ratifiés par Haïti.

L’OCNH déplore une détérioration, depuis de nombreuses années, du climat sécuritaire, caractérisée par de graves violations des droits humains qui portent atteintes au droit à la vie et à la sécurité. Elle signale une recrudescence, depuis plusieurs mois, du phénomène d’enlèvements sur le territoire national, sous le regard passif de la Police Nationale d’Haïti (PNH). De nombreux actes de criminalité, dont des enlèvements, continuent d’être enregistrés, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Pour sa part, dans une note de protestation, le Collectif 4 décembre 2013 demande aux autorités étatiques de prendre, en urgence, les dispositions institutionnelles pertinentes, pour garantir la protection minimale et la sécurité des citoyennes et citoyens, face aux actes de criminalité, dont le kidnapping en Haïti.

Altidor Jean Hervé

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