acceuilActualitéCoup d’oeil sur le mondePerspective & Politique

« L’ennemi commun, ce n’est pas nous, ce sont eux ! »

Après mon séjour en Équateur, un pays de l’Amérique Centrale, comme Ayiti d’ailleurs, avec les mêmes éléments de conformation et de conditionnement du climat, le même écosystème, le même paysage, les mêmes ressources humaines et naturelles, la quasiment même culture et le même passé colonial, en dehors bien sûr des différences d’altitude et d’attitudes vis-à-vis de nous-mêmes, des choix politiques, des aspirations et des nuances de composition ethnique de près,  où il n’y a rien d’extraordinaire sinon que d’avoir donné déjà la lumière celle qui, en ce qu’il parait, a pu conquérir mon cœur, dès le premier jour et pour toujours, j’avoue y avoir trouvé toute la beauté, la douceur et le charme de mon Ayiti Chérie…

En effet, je parviens à la conclusion que la problématique ayitienne est un cancer généralisé de toujours, qui nous rongeait à petit feu, sans qu’on se soit rendu compte, et qui est aujourd’hui parvenu à sa phase terminale.  Aucune thérapie chimique de la communauté internationale ni la magie de la classe politique traditionnelle pourrie n’y pourra rien, ni encore moins le guérir.  Le seul traitement encore possible et plausible, c’est irréversiblement l’extirpation des cellules cancéreuses.  Je sais que vous me demanderiez volontiers qui sont ces cellules cancéreuses ?  Je vous répondrais à cœur joie qu’ils sont les acteurs et facteurs politiques et économiques qui, à tout prix, veulent nous maintenir dans cet état de misère atroce, dans cette situation de pauvreté abjecte, dans ces conditions infrahumaines, d’exclusion et de marginalisation, pour mieux nous asservir et eux autres, s’enrichir. D’après un rapport de la Banque mondiale : « Les champions moteurs de l’économie haïtienne, 200 familles majoritairement d’origine étrangère, tirent la croissance de l’économie haïtienne.  Le cœur du secteur privé haïtien est composé d’environs 200 familles contrôlant 500 entreprises et associations professionnelles.  Ces entreprises et ces familles sont liées par des liens familiaux et capitalistiques, en fonction des secteurs.  Elles sont surtout présentes dans la finance, l’agrobusiness et l’import de produits de consommation, le transport maritime, les concessions automobiles et l’hôtellerie.  Les deux tiers (2/3), d’origine étrangère, sont de provenance européenne, du Moyen-Orient, des États-Unis et de la Jamaïque. Elles constituent autour d’un dixième (1/10) de la population globale, composée de 90% de la population de souche métissée de Noirs.  Elles détiennent plus de 90% de l’économie nationale, » alors qu’elles n’ont, ni de près ni de loin, aucun sentiment d’appartenance ni d’identification à cette terre dont elles ne cessent de sucer le sang.   De quoi comprendre pourquoi le pays est comme il est.

Parmi les prédateurs de l’économie ayitienne, viennent, en tout premier lieu : la communauté internationale et sa cohorte de mercenaires, de corrompus, d’exploiteurs et de criminels, la mutation de l’oligarchie mulâtre en nantis richissimes, composée des rejets syro-libanais ( le BINGBAM : Bigio, Boulos, Nadal, Nader, Gardère, Brandt, Behrman, Blanchard, Baussan, Braun, Acra, Abdallah, Apaid, Madsen,  Mevz, Moscoso, Maersk, Helmcke, Saliba, Deeb, pour ne citer que les plus coriaces et les plus criminels ), n’ayant absolument rien à voir avec Ayiti.  Elles ont su, on ignore par quelle magie, ruse et intrigue, supplanter la bourgeoisie traditionnelle ayitienne qui, malgré tout, se considérait quand même « ayitienne », la classe politique traditionnelle sans conscience, malpropre et sans vergogne, l’Église Catholique ( le christianisme néocolonialiste et impérialiste, comme au temps de la colonisation), n’ayant en elle rien de catholique, l’élite intellectuelle irresponsable et « reste-avec », la classe moyenne cupide et sans identité, et la masse.  Oui, la masse manipulée et mal utilisée, réduite à sa plus simple expression, au point d’ignorer sa capacité à tout renverser.  Pour de plus amples informations autour de ceux-là qui tiennent tant l’économie que la politique ayitienne en otage, veuillez consulter le lien qui suit : La bourgeoisie haïtienne – les riches haïtiens / The haitian elite – … (slideshare.net). Source : Banque Mondiale, Haïti, Let’s talk competition 2015. Surtout, sans aucune frayeur, ne manquez pas de jeter un œil sur nos soi-disant pays-amis, dont les États-Unis, en tête de liste.

Jeunesse frustrée, consternée, désarçonnée, désemparée, déboussolée, déconcertée, découragée, à l’avenir hypothéqué, paysans aux mains rugueuses, aux pieds fendus, rejetés, classe moyenne appauvrie, réduite à sa plus simple expression, masse exclue, élite démissionnée et commissionnée, politiciens corrompus et véreux, oligarques pourris et criminels, autorités morales, immorales, pays amis ennemis, laissez-moi vous dire une seule chose, avant que je ne décide de renier mes droits de citoyen ayitien que nos ancêtres, par leur sueur et leur sang, ont lutté pour nous léguer :  ce pays au cœur et à l’âme meurtris par l’injustice sociale, la criminalité, l’impunité, les gabegies économiques et politiques, la corruption, la démagogie, la trahison, l’apatridie et l’ingérence internationale, il n’a point besoin de votre pitié ni de votre compassion, sinon que de l’amour véritable de ses habitants, de la prise de conscience de son peuple, de l’ordre, de la discipline de sa population, de l’organisation de son territoire, de la volonté politique, de l’engagement, de la participation et de l’action civique de ses citoyens, pour renaître de ses cendres.  Ainsi donc, à ceux-là à qui il reste encore un peu de dignité, la moindre moralité, la plus infime lueur de conscience, de la fierté, je les exhorte, à prendre notre destin en main, en vue de la mise sur pied, non pas d’un gouvernement de transition en ritournelle, ou de salut public, ou encore de réconciliation nationale à la solde de la communauté internationale, qui n’ont rien à voir avec nos véritables besoins mêmes primaires et la garantie des droits naturels et fondamentaux dignes d’un être humain.  Oui, ce dont véritablement nous avons besoin dans ce pays, c’est l’avènement d’un gouvernement civil, d’actions civiques, dont la responsabilité première est de veiller à la remise sur pied et à la bonne marche des institutions républicaines visant au respect inconditionnel, indéfectible de la loi-mère. Il nous faut désormais extirper le pays de ce système pourri qui prévaut depuis le lendemain de l’indépendance et qui, jusque-là n’a causé que nos malheurs, depuis le plus crapuleux et odieux sacrilège que nous avons commis de toute notre histoire de peuple : l’assassinat du père fondateur de notre Patrie, Jean-Jacques Dessalines, et qui, plus de deux siècles après, crie encore justice.  Car, trop c’est trop ! Si nous pouvons encore oser nous indigner, c’est qu’il nous reste encore un peu de dignité.  Et avec ce reste de dignité, il nous faut nous engager à sa protection, préservation et conservation, en bons citoyens, par l’action civile et civique, si bien nos deux siècles de gestion politique, littéralement échouée, n’ont fait que causer nos malheurs.

Certes, il nous faut un remaniement de la Constitution, un nouveau contrat et projet social, des institutions fortes, capables d’appliquer et de faire respecter la loi.  Pour ce faire, nous avons besoin de la résurgence d’une nouvelle classe politique, composée d’hommes et de femmes conscientes de l’envergure des défis de l’heure, et qui s’engagent, par tous les moyens, en vrais pères de famille, à conduire le pays vers le développement endogène et durable, pour le bien collectif, par la garantie des libertés individuelles et la quête du bien-être de la population dans son entièreté, sans distinction aucune, ni de classe, ni de race, ni encore moins des confessions religieuses et des chapelles politiques. Il nous faut désormais nous guérir du cancer du droit sacré d’enrichissement et de monopole de la minorité mulâtre et de la phobie du retour à la misère de nos politiciens aux dépens de la grande majorité qui végète dans la pauvreté et la misère les plus abjectes.  Il faut que, désormais, l’oligarchie mulâtre de souche syro-libanaise, comprenne que le maintien du statu quo touche à sa fin.  Oui, les nantis doivent en effet comprendre que ce dont le pays a besoin, pour reconquérir son image et sa réputation d’antan, c’est de la paix, de la bonne gouvernance, de la démocratie véritable à l’ayitienne, du respect des droit humains, des hommes et des femmes, conditions sine qua non pour la relance de l’économie nationale et la création de richesse, en vue de la restitution du pouvoir d’achat, de l’amélioration des conditions de vie et de la dignité des populations.  Ce pays doit cesser de faire figure, dans le concert des nations, de paria, avec une économie moribonde qui se repose sur l’assistanat et l’entrepôt pour l’achat et la revente de produits importés.  Ce qu’il faut à ce pays, c’est un fonds national d’énergies positives, en vue du chambardement total du système.  Ce qu’il nous faut, je le réitère, c’est de la force, de la volonté, de la détermination, du caractère, de la conviction, en vue de rétablir l’ordre, la discipline et l’organisation de l’État, dans ses plus infimes expressions et dans toutes ses entités.  En effet, il faut que règne l’ordre et la discipline, à tous les niveaux.  L’ordre et la discipline face à l’état de pourriture et de déconfiture de l’Etat lui-même. L’ordre et la discipline dans notre économie, dans nos ressources naturelles et humaines.  Force de caractère pour que, quand l’État faillit à sa mission, le peuple, par ses agents de défense et de protection, se fasse justice.  Force de caractère pour se mettre debout et, de toutes ses entrailles, dire non à l’inacceptable et à l’intolérable.  Force de caractère pour « débanditiser » et « dénarcotrafiquer » l’État.  Force de caractère, pour faire la toilette générale et en profondeur de l’État.  Force de caractère, pour reconstruire, en tant qu’êtres humains et nous reconstruire en tant qu’État-nation. Force de caractère, pour faire de l’État ce qu’il doit être et demeurer à jamais : la structure de contrôle, de préservation, de conservation et de protection des vies et des biens des populations, peu importe la nature de ces biens ou ceux qui les détiennent, à un moment donné de la durée.

Tout changement véritable vient d’une volonté politique, sur la base de choix économiques, pour qu’il en résulte, vraiment, des bénéfices sociaux.  Et les sacrifices à consentir ne sont pas des moindres.  Tout comme la démocratie, le changement a son prix.  Donc, il ne saurait être la décision d’un petit groupe, au bénéfice d’un plus petit groupe, sinon la décision de tout, au bénéfice de tous.  Désormais, nous devons avoir pour credoetleitmotiv : « Le pouvoir aux plus capables, au bénéfice du plus grand nombre ».  Ce cancer généralisé et en phase terminale qui nous ronge du dedans, depuis tantôt deux siècles, c’est l’œuvre de tout un système d’exploitation néocolonialiste, impérialiste et raciste, qui a piteusement échoué, bien que non pas sans notre complicité, mais de commun accord avec la Communauté internationale, avec pour chefs de file : l’ONU, l’OEA, l’Union Européenne, les États-Unis, la France, le Canada, l’Espagne et même le Brésil, nos soi-disant pays amis, responsables de nos malheurs, bien que non pas sans notre complicité et trahison.  Les ennemis communs, ce sont eux. Il est grand temps de les démasquer.  Voyez-vous, je n’ai aucun état d’âme, ni de compte a régler, ni de ressentiment à l’égard de la bourgeoisie, ni de l’internationale, dans la mesure où ils prennent conscience, ou que nous les portions à prendre conscience qu’on ne fait pas ça à aucun pays, même quand il s’appelle Ayiti, et qu’on lui reproche tant d’impertinences !

Comment ne pas se souvenir des paroles haineuses et racistes, tant de nos anciens bourreaux que d’un chef d’État du pays à l’étendard étoilé, supposé être nos amis.  Ayons donc le courage de les étaler au grand jour, afin que nos acteurs politiques puissent comprendre qu’ils ne sont en train que de jouer le sale jeu de nos détracteurs et de nos pires ennemis.  Napoléon Bonaparte avait osé, en ce temps-là où le racisme brillait de mille feux, sans égard ni respect aucun pour la diversité et l’égalité ethnique, ce que le suprématisme blanc dit encore à haute voix, en ce 21e siècle : “Ma décision de détruire l’autorité des Noirs à Saint-Domingue (Haïti) ne repose pas tant sur des considérations de commerce et d’argent que sur la nécessité de bloquer la marche des Noirs dans le monde.” Fin de citation.  Comprendra qui voudra ! Alors, on comprendra pourquoi Ayiti sombre de plus en plus dans le chaos, chaque jour davantage, en dépit « des aides » (mission de paix, de stabilisation et humanitaire, occupation, embargo, entre autres, de nos amis de la Communauté internationale, dont les États-Unis, en tout premier lieu, de l’ONU, de l’Union européenne et de l’OEA et compagnie.  « Il nous faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s’entre-déchirer, les uns les autres, c’est la seule façon pour nous d’avoir une prédominance continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes.  Ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de Noirs d’Amérique. »  C’est ce que déclarait Franklin Delano Roosevelt.  Je veux donc vous exhorter, mes très chers compatriotes, à bien prendre le sens de chacun de ces propos, afin que vous compreniez que nous avions été victimes, dès la fondation de notre nation, d’un complot international qui continue son cours, aujourd’hui encore.  Cependant, ceci est loin d’être une condamnation, si nous nous préparons à y faire face, avec la plus grande bienveillance et intelligence.  Car, ils peuvent continuer à te haïr, trahir, te salir, t’avilir, t’humilier, te vilipender, te meurtrir, te vomir et te détruire, et à ton plus abjecte expression te réduire, pour que tu ne puisses jamais nul séduire, Ayiti, mon Pays, ma Chérie, Tu demeureras à jamais, mon plus grand Empire, mon premier, mon second, mon 3ème, mon énième et mon dernier choix de Patrie et de citoyenneté, quoiqu’il en soit et où que je sois.  Car, l’ennemi commun, ce n’est pas nous, ce sont eux !  Les éléments composant le système qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui étant identifiés, il faut donc qu’ils rendent compte.  Cessons de nous entredéchirer, les ennemis communs, ce n’est pas nous, ce sont eux, bien que pour eux, ce n’est pas du tout honteux !

24/03/2021

Jean Camille Etienne, (Kmi-Lingus)

Arch. Msc. en Politique et Gestion de l’Environnement

camilingue@yahoo.ca 

Articles Similaires

Back to top button