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Léon Charles, l’ennemi à abattre …

Il est également naïf de croire que le dictateur, Jovenel Moïse, lâcherait ses gangs aussi facilement. Le chaos s’installe, la crise est généralisée. Des policiers sont assassinés par des gangs armés du pouvoir. D’autres, sont injustement incarcérés par la justice du régime en place.

Une crise s’installe au sein de la Police Nationale. Léon Charles, le directeur général a. i. de facto de la Police Nationale, est aux commandes de cette institution, au cours des deux crises majeures de son histoire, en 2004 et 2021. Ce pourri, criminel notoire, a intégré de nombreux bandits mercenaires au sein de la PNH, comme il l’avait fait avant sa révocation en 2004, après de nombreux crimes commis dans les quartiers populeux. Léon Charles doit être révoqué pour redorer l’image de la Police Nationale, dégradée depuis les événements tragiques du 12 mars 2021.

Le lundi 22 mars, une situation de tension a régné dans plusieurs coins de la capitale, Port-au-Prince. Des échanges de tirs ont été enregistrés entre «Fantom 509» et les forces de l’ordre. Au cours de ces échanges, Mistral Pierre, un agent de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO), a reçu plusieurs projectiles. Il est mort sur le coup. Un autre, connu sous le nom de Dominique, est sorti blessé par balles.

Le mercredi 17 mars, des aspirants policiers, en compagnie des policiers du groupe «Fantom 509» ont manifesté pour exiger, outre la récupération des corps des policiers tués au Village-de-Dieu, la révocation de Léon Charles et le départ du dictateur Jovenel Moïse. Le régime criminel de Jovenel a négocié avec le gang pour récupérer un blindé qui avait été saisi par le gang de Izo, après l’échec de l’opération du 12 mars dernier, au Village-de-Dieu, en laissant les corps des policiers aux mains des malfrats.

De plus, après l’opération ratée du 12 mars à Village-de-Dieu, qui a fait 12 victimes dans les rangs de la police (4 décès et 8 blessés), des changements ont été opérés dans la chaîne de commandement de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Le Commissaire divisionnaire, Paul Ménard, un soumis au pouvoir, a été révoqué et a été remplacé par le Commissaire Joël Casséus, précédemment Commissaire de la Croix-des-Bouquets. De plus, le Commissaire Jean René Casséus a remplacé Joël Casséus à la tête du commissariat de la Croix-des-Bouquets. Le Commissaire Lavaud Bélimaire a été promu nouveau Commissaire de Port-au-Prince. L’Inspecteur Général, Carl Henry Boucher, Directeur des renseignements généraux de la police, a été placé en isolement, depuis le 15 mars et a déjà été auditionné 2 fois, dont le vendredi 19 mars.

Par ailleurs, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a dit saluer le comportement des policiers qui ont choisi de regagner le garde-à-vue du commissariat de Canapé-Vert, après qu’ils aient été libérés par les policiers de «Fantom 509». Elle a dit prendre acte de cette décision qui rend honneur à leurs auteurs, comme des citoyens respectueux de la loi qui préfèrent être libérés sous décision de justice que par effraction.

À rappeler que le mercredi 17 mars, en marge d’une manifestation à Port-au-Prince, plusieurs centaines de personnes se réclamant du groupe «Fantom 509», accompagnés de «policiers» en uniforme et de membres du syndicat de la PNH, de militants et de sympathisants, se sont rendus au commissariat de Delmas 33, pour exiger la libération de 4 policiers arrêtés injustement, en marge d’une manifestation à Miragoâne en janvier 2021. Finalement, le groupe «Fantom 509» accompagnés de «policiers» en uniforme, sont entrés de force dans le commissariat et ont libéré leur 4 collègues, sans rencontrer la moindre résistance de la part des policiers du commissariat. Une libération applaudie par les manifestants et par de nombreux tirs en l’air.

De plus, pas de répit au phénomène du kidnapping d’État. Abigaël Luxama, une jeune étudiante de 21 ans qui habite à Christ-Roi a été kidnappée le samedi 20 mars 2021. Elle était allée au marché, samedi matin, et ses proches ont attendu en vain son retour. Constatant qu’elle n’est pas revenue, ils s’étaient mis à sa recherche. Hôpital, commissariats et sous-commissariats de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, mais sans résultat.

Le dimanche 21 mars, la mère dit avoir reçu un appel d’un numéro masqué. Elle a entendu la voix de sa fille l’appelant au secours et dire à ses ravisseurs: «s’il vous plait, ne me faites pas ça». C’est là qu’elle a su que sa fille a été enlevée. Le vendredi 19 mars, au centre-ville de Port-au-Prince, des individus armés non identifiés, ont enlevé l’homme d’affaires, Kénol Félix, propriétaire du salon funéraire, Sainte-Rose de Lima. Cet enlèvement a provoqué un mouvement de protestation des riverains (blocage de circulation, barricades et pneus enflammés) de la rue Saint-Honoré, où se situe le Salon funéraire. Ceux-ci exigent la libération de l’homme d’affaires et des mesures concrètes, des autorités concernées, pour lutter contre l’insécurité. Les ravisseurs demandent une forte rançon pour sa libération.

Emmanuel Saintus

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