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L’insécurité ressort sa tête en pleine crise politique perpétuelle

Au moment où des agents de la Police Nationale d’Haïti prennent pour cible des journalistes, particulièrement le mercredi 10 février, lors d’une marche d’étudiants pour exiger le départ de Jovenel Moïse au cours de laquelle plusieurs journalistes ont failli laisser leur peau, des gangs armés du Village-de-Dieu ont incendié un blindé de la Police nationale d’Haïti, non loin des locaux de l’Électricité d’Haïti au Bicentenaire, entrée Sud de Port-au-Prince, où des tirs nourris ont été entendus durant plusieurs heures. Une situation de tension a régné, dans l’après-midi du jeudi 11 février 2021, au Bicentenaire, entrée Sud de Port-au-Prince. L’image du blindé en feu a fait le tour des réseaux sociaux. Aucune information officielle n’a cependant été donnée, jusqu’à cette date, sur les circonstances de cette situation qui a paralysé toutes les activités dans cette zone.

Parallèlement, aux Gonaïves, un affrontement entre des civils armés de Descahos, quartier populaire des Gonaïves, et des agents de sécurité d’une station-service, à l’avenue des Dattes, nord de la ville, s’est soldé par un mort et quatre blessés par balle. Cet incident, survenu le mardi 9 février 2021, dont la cause n’est pas encore élucidée, a obligé les autorités à interpeller un individu et à confisquer deux véhicules. La station-service en question est la propriété de Jean Osner Amisial, délégué départemental de l’Artibonite, dont le nom est associé à un «deal» de séparation d’argent dans les quartiers de non-droit qui aurait mal tourné. Cette entreprise est construite dans une partie du «Complexe Le Domaine» où, certaines fois, des rencontres ont lieu. «Tout aurait commencé après qu’un citoyen qui voulait franchir l’espace aurait refusé de s’identifier», a rapporté un tenancier de borlette du coin, M. Gédéon Céné, qui a reçu une balle au moment de s’abriter. Quelques minutes plus tard, a poursuivi la victime, un pick-up est arrivé et les échauffourées ont éclaté. «Les balles fusaient de partout. En courant, j’ai été atteint d’un projectile», a raconté M. Céné. Selon Me Yves Darice, juge au tribunal de paix de la section nord, dans les affrontements, Techny, ainsi connu, a mortellement été touché. Son corps inerte a été constaté sur la chaussée. D’après des témoins, trois autres blessés ont été enregistrés. Les autorités ont interpellé un individu qui serait impliqué dans les grabuges. Elles ont confisqué un pick-up à bord duquel se trouvaient les activistes de Descahos et une motocyclette.

Par ailleurs, l’hôpital des grands brûlés, de Médecins Sans Frontières (MSF) à Drouillard, est pris en tenailles par des affrontements de gangs rivaux à Cité-Soleil. Depuis le 8 février, le plus grand bidonville du pays est le théâtre de tirs sporadiques, durant de longues heures. Préoccupée par la situation que vivent les patients de l’hôpital et le personnel soignant, la responsable des activités de MSF en Haïti, Aline Serin, a lancé un appel au respect de l’espace humanitaire. Elle a expliqué que cette situation génère stress et peur chez les patients et le personnel de l’hôpital qui n’ont pas pu quitter l’enceinte de l’hôpital, le mercredi 10 février dernier.

Altidor Jean Hervé

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