acceuilActualitéInsécurité & Banditisme

La Police, de mèche avec les kidnappeurs

Nul n’est à l’abri des enlèvements, le kidnapping s’étend de plus en plus. De nos jours, les écoliers sont la cible des kidnappeurs, protégés par la police nationale d’Haïti (PNH).

Quelques heures après son enlèvement dans la commune de Carrefour, précisément à Bizoton 53, en présence de sa mère qui l’accompagnait à l’école, Madens Michel, élève de la 4e année fondamentale, au collège Basile Moreau, a été libéré, ce, après une vaste mobilisation réalisée par des riverains de ladite commune, pour exiger la libération de l’otage.

Après la libération, vendredi dernier, de l’adolescent de 16 ans, un autre élève en 4e année fondamentale de l’Ensemble Scolaire Père Bazile Moreau, a été enlevé, tôt le lundi 25 janvier, dans cette même commune, avant de recouvrer sa liberté, quelques temps après.

Cependant, sur la route de Carrefour, devant la Base de l’Amiral Killick (Marine Haïtienne), des pneus enflammés avaient été dressés, en signe de protestation à cet enlèvement. Ce qui paralysait la circulation.

Dans une note, le ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a dit condamner les derniers actes de kidnapping visant la population scolaire et également les attaques contre les écoles. « Le Ministère de l’Éducation Nationale condamne, avec la dernière rigueur, tous les actes de kidnapping, dont ceux récents, touchant particulièrement la population scolaire et qui affectent les familles haïtiennes. Le MENFP appelle les autorités policières à renforcer les mesures de contrôle autour des bâtiments scolaires, particulièrement dans les zones sensibles. Le Ministère exprime toute sa solidarité envers les victimes et les familles affectées et appelle à un front commun contre ces actes criminels et inacceptables qui endeuillent et laissent, dans la désolation, les familles. Le MENFP en profite pour condamner également toutes les attaques contre les écoles, sous prétexte de mobilisation contre le kidnapping par ceux qui ont d’autres agendas inavoués et inavouables. La défense de nos droits à la vie et à la libre circulation ne saurait servir de prétexte pour bafouer et piétiner le droit à l’éducation de nos enfants, quelles que soient les circonstances.»

De plus, levée de boucliers à Port-au-Prince pour dénoncer le phénomène du kidnapping et presser les autorités à assumer leurs responsabilités. Des chauffeurs, des écoliers et des riverains ont érigé des barricades de pneus enflammés à Canapé-Vert, Carrefour et dans plusieurs autres quartiers de la zone métropolitaine, ce, pour protester contre les cas d’enlèvement qui sévissent dans le pays. Ces mouvements de protestation ont duré plusieurs heures et entraîné des embouteillages à Canapé-Vert et à Bois-Verna, entre autres.

Parallèlement, plusieurs dizaines de citoyens ont tenu un sit-in devant la résidence officielle du Premier ministre, à Musseau. Baptisée «Aba kidnaping ak ensekirite», cette activité a été initialement lancée pour protester contre l’enlèvement du jeune entrepreneur, Mike Bellot. Les initiateurs ont maintenu le rendez-vous, en dépit de la libération de la victime.

Pour Etzer Émile, il est nécessaire et indispensable de mettre la pression sur les autorités, afin qu’elles assument leurs responsabilités.

Par ailleurs, le président de la République, Jovenel Moïse, a remis, le mercredi 20 janvier, un lot de matériel roulant, comportant 29 voitures et environ 100 motocyclettes au haut commandement de la Police nationale d’Haïti. De l’avis du chef de l’État, cette flotte de véhicules permettra à la police de mieux se préparer pour répondre à l’insécurité qui sévit dans le pays, surtout en cette période qui devra être marquée par l’organisation des élections.

Le chef de l’État dit avoir livré ce matériel au directeur général de la Police Nationale, parce que la question de la sécurité lui est primordiale. Plus loin, dans son discours, il a révélé une autre source de motivation. « Cette année est différente des autres. C’est une année d’élection, la police sera obligée d’être sur tous les terrains en même temps. C’est pour cela que nous avons commencé tôt. Nous sommes au mois de janvier et nous avons commencé à équiper la PNH», a affirmé Jovenel Moïse qui a annoncé que Léon Charles, D. G. de la PNH, a placé d’autres commandes.

Emmanuel Saintus

Articles Similaires

Back to top button