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L’heure H approche

Ce genre de manœuvre de diversion n’impressionne que les jovenéliens et leurs alliés «PHTKistes» qui ont fait des institutions régaliennes du pays, la chasse gardée des corrompus, des voleurs et des malfrats depuis près de neuf (9) ans. Le vendredi 1er janvier 2021, encore et pour la énième fois depuis son accession au pouvoir, Jovenel Moïse a bombé le torse, en reprenant, mot-à-mot, ces quelques phrases qu’il a visiblement apprises par cœur, au risque de se rendre ridicule.

Le pouvoir de Jovenel Moïse ne passait pas pour être une composante solide. Mais la corruption, plus de 10 massacres dans les quartiers populeux, le kidnapping n’ont fait qu’empirer les choses. La pauvreté ne cesse de gagner du terrain en Haïti et la propagation du coronavirus a attisé le fléau. C’est dans un tel contexte que le président Jovenel Moïse affirme, dans une récente déclaration, en date du vendredi 1er janvier 2021, qu’il ne partira pas et que 2021 sera l’année de la Constitution, des élections et … de l’électricité. Lors de ce discours du 1er janvier, marquant le 217e anniversaire de l’indépendance d’Haïti, le Président Jovenel Moïse a parlé de la nécessité, pour les différents acteurs politiques, de mettre de côté leurs divisions et leurs désaccords et de s’ouvrir au dialogue. Il a rappelé que: «cela fait longtemps que nous nous battons entre nous et cela ne nous a jamais apporté quelque chose de positif. Au contraire, nos divisions ont contribué à détruire le pays». Il estime que: «si nous souffrons aujourd’hui, c’est parce que nous, les Haïtiens, sommes responsables de la cause de nos propres malheurs ».

Jovenel Moïse a dit consacrer l’année 2021 comme l’année au cours de laquelle il doit réaliser l’ensemble des promesses qu’il avait faites à la population, durant sa campagne électorale. «L’année 2021 est une année importante pour l’avenir d’Haïti. C’est l’année de la Constitution, des élections et de l’électricité». Pour y parvenir, il estime qu’une lutte acharnée contre l’insécurité est nécessaire. «Nous sommes tous d’accord qu’il y a un problème au sein du Gouvernement. Il n’y a pas d’équilibre entre les trois pouvoirs de l’État. Les oligarques corrompus utilisent les institutions, pour empêcher l’État de servir le peuple», a dit Jovenel Moïse.

Par ailleurs, il a critiqué la Constitution actuelle qui exclut plus de 3 millions d’Haïtiens vivant à l’extérieur du pays, précisant: «la réforme de la Constitution n’est pas un projet privé, mais celui de toute la société. Il s’agit de la gouvernance, du bien-être du pays et de l’inclusion de la diaspora, dans les affaires politiques de son pays. Cette nouvelle Constitution doit préserver tous les acquis démocratiques que la Constitution de 1987 nous a donnés. Elle doit créer plus d’harmonie entre les trois pouvoirs de l’État. Elle doit être simple, claire et facilement applicable. Elle doit être moderne et correspondre à notre culture de peuple et satisfaire les aspirations de la majorité de la population. Ce n’est qu’à ces conditions qu’elle trouvera sa légitimité aux yeux du peuple». Il assure qu’il n’est pas candidat et ne le sera pas après le changement Constitutionnel. Il a rappelé que cette nouvelle Loi-mère sera soumise à un référendum populaire.

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Dans la même veine, après une première prise de position favorable à une transition politique en Haïti, trois membres du Congrès américain: Gregory Meeks, le nouveau Président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, Albio Sires, Président de la Sous-Commission de l,’hémisphère occidental et Andy Levin, membre de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, ont publié une seconde déclaration conjointe, cette fois-ci sur les actions du Président Moïse… «En tant que membres de la Chambre des Représentants, nous avons passé ces dernières semaines à travailler, de toute urgence, pour porter secours au peuple américain, au milieu des catastrophes de santé publique et économiques du COVID-19. Nous voulons que nos amis en Haïti sachent, cependant, que nous surveillons toujours ce qui se déroule là-bas, avec une inquiétude croissante. Le Président haïtien, Jovenel Moïse, poursuit une ligne de conduite de plus en plus autoritaire, en publiant une série de décrets récents, prévoyant la création d’une force de “renseignement” interne, extraconstitutionnelle. Ses dernières actions rappellent le passé anti-démocratique (et les) abus que le peuple haïtien a endurés, y compris la montée de la dictature des Duvalier. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que Haïti sombrera dans le chaos.

Lorsque le 117e Congrès se réunira, le soutien des acteurs démocratiques en Haïti sera une préoccupation majeure de ce comité. Nous travaillerons d’urgence avec la nouvelle administration Biden, pour développer une politique américaine qui donne la priorité aux droits et aux aspirations du peuple haïtien, et soutient un pays crédible, une transition dirigée par les Haïtiens, vers un ordre démocratique. Nous engagerons des alliés et des institutions internationales pour coordonner une stratégie multilatérale, visant à faire face à la crise actuelle en Haïti et à (faire) rendre des comptes aux responsables haïtiens qui commettent des violations des droits de l’homme et des actes de corruption. Là, en tant que membres du Comité des Affaires étrangères de la Chambre, nous considérons qu’il est de notre responsabilité de suivre les événements en Haïti et de travailler en étroite collaboration avec les organisations de la société civile haïtienne et (avec) les citoyens de bonne volonté qui recherchent la paix et la démocratie dans leur pays. Nous assurons au peuple haïtien, qu’au moment où nous nous attaquons aux crises auxquelles nous sommes confrontés dans notre propre pays, nous n’oublierons pas nos voisins ni notre engagement à protéger leurs droits humains.»

Emmanuel Saintus

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