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Le G-9 de Barbecue fait là une…

Dans la nuit de mercredi 4 novembre, un groupe d’hommes lourdement armés, membres du G-9, a remis aux policiers du sous-commissariat de Portail Saint-Joseph, Obed Joseph, alias «Kiki», objet d’un avis de recherche, soupçonné d’implication dans l’enlèvement, la séquestration, le viol et l’assassinat de la jeune étudiante de 22 ans, Evelyne Sincère.

Obed Kiki Joseph n’a pas été arrêté par Jimmy Chérisier, a révélé la responsable de programme au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Marie Rosy Auguste Ducéna. «Ce soi-disant coup de filet du mercredi 4 novembre 2020 est une farce que Barbecue veut présenter à la population, afin de créer une forme de diversion et de confusion. Car, Obed Kiki est bel et bien un membre du G-9», a dit RNDDH. Le Réseau a critiqué la complicité des autorités avec cette structure criminelle, dénommée «G-9 an fanmi e alye».

Pour RNDDH, l’arrestation d’Obed Joseph alias Kiki est une pure «mise en scène, une comédie de mauvais goût». Marie Rosy Auguste Ducéna, responsable de programme au Réseau, affirme qu’une réunion s’est tenue bien avant cette soi-disant arrestation, entre les différents chefs du groupe «G-9 an fanmi e alye». À cette réunion, le présumé assassin d’Evelyne Sincère était aussi présent, poursuit madame la responsable de programme. Obed Joseph, dit Kiki, est un soldat du G-9 que l’ensemble des chefs de ladite structure a choisi de livrer à la police. Il n’a donc jamais été question d’arrestation effectuée par le chef de gang, Jimmy Chérisier. Dans un «live», ce dernier prétend que des conversations téléphoniques de Kiki ont été retracées par la DCPJ, dans sa zone, qui lui ont permis de mettre la main au collet de ce jeune homme de 24 ans.

«Quelle ironie! Un bandit notoire, recherché lui-même par la DCPJ pour son implication présumée dans des crimes et des massacres, qui aide cette même DCPJ à traquer des présumés criminels. On aura tout vu dans ce pays», a dit Madame Ducéna qui n’a pas raté l’occasion de tourner en ridicule les autorités judiciaires. Pour elle, il est évident que Jimmy Chérisier, alias Barbecue, est un protégé des autorités politiques et policières. «Celui-ci est en permanence protégé dans tous ses déplacements», a-t-elle précisé. «Et ceci, par des policiers».

Toujours selon plusieurs rapports des organismes de défense des droits humains, Barbecue serait impliqué dans au moins dix massacres au niveau de la région métropolitaine, et en dépit de tout, il se révèle «inarrêtable». Avec son gang, rappelle la militante des droits humains, Jimmy Chérisier a, entre autres, assassiné plus de 306 civils, et violé, de manière collective, 29 femmes et filles pendant ces deux dernières années. «Ce sont des crimes contre l’humanité imprescriptibles, dont les auteurs devront répondre devant la justice tôt ou tard», a conclu Marie Rosy Auguste Ducéna.

D’autre part, lors de la présentation par le Commissaire Michel-Ange Louis-Jeune, Porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH) du bilan résumé de l’opération «Terminator 1» pour la période allant du mois d’août au mois d’octobre 2020, les porte-parole au niveau régional en ont profité pour présenter, en chiffres, les résultats de certaines actions de la police, dans le cadre de cette opération.

Les autorités policières haïtiennes nient toute négligence dans les enquêtes sur les crimes enregistrés au cours des derniers mois. La porte-parole adjointe de l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), Mme Marie Michèle Verrier, a expliqué que les enquêteurs sont à pied d’œuvre et s’évertuent à trouver les indices qui permettront de faire la lumière sur les circonstances des crimes.

Réagissant aux critiques formulées par le Protecteur du Citoyen sur la lenteur des enquêtes, la porte-parole de l’inspection générale a fait valoir que les enquêteurs avancent rapidement lorsque les informations sont disponibles. Dans ce contexte, elle déplore le refus du propriétaire de l’hôtel Révélation, où a été tué un policier lors d’une opération contre un chef de gang, de répondre aux questions des enquêteurs.

La porte-parole de l’IGPNH a également déclaré que les forces de l’ordre souhaitent interroger un témoin de l’intervention d’un groupe de policiers de l’USGPN contre des étudiants de l’École Normale ayant provoqué le décès de Grégory Saint-Hilaire. Elle a déclaré que les actes d’enquête sont posés pour collecter des informations qu’il faudra ensuite vérifier.

En outre, le Conseil National des Télécommunications (CONATEL) s’évertue à lutter contre l’insécurité, en contrôlant les utilisateurs des téléphones. Les autorités sécuritaires ont, en maintes occasions, déplorées la facilité avec laquelle les criminels utilisent les téléphones pour réaliser des kidnappings. Le directeur du CONATEL, Léon Jean-Marie Guillaume, confirme la mise en œuvre d’une nouvelle réglementation relative à la vente des cartes SIM. Les opérateurs auront le plein contrôle sur la carte SIM qui ne sera plus pré-activée, explique M. Guillaume. Le nouveau processus, pour l’acquisition d’une carte SIM, sera géré par une application qui autorisera l’activation lorsque l’identité sera vérifiée. La nouvelle disposition est entrée en vigueur le 3 novembre 2020, et les opérateurs devront dans un court délai s’assurer que l’application fonctionne à 100%. M. Guillaume a indiqué que chaque utilisateur aura droit à 5 cartes SIM. Les cartes supplémentaires pourront être accordées aux enfants qui ne disposent pas de carte d’identification. Pour obtenir une sixième carte, le client devra formuler une requête directement aux opérateurs de téléphonie.

De son côté, selon Maarten Boute, Président Directeur Général de la compagnie DIGICEL, en Haïti, «les gens pensent qu’en identifiant les cartes SIM sur tout le territoire, cela va arrêter les kidnappings ou d’autres actes criminels qui se font à travers un téléphone. Mais, malheureusement, par expérience ce n’est pas le cas. La plupart du temps, les ravisseurs utilisent les téléphones des victimes pour faire les appels. L’identification de la carte SIM, dans ces conditions, ne conduit à rien». Text Box:  
Le président de DIGICEL Haïti, a fait savoir que la nouvelle réglementation interdisant les cartes SIM pré-activées ne permettra pas d’éliminer l’utilisation des téléphones par les gangs. Il soutient que les criminels ont souvent recours aux téléphones des victimes, pour exiger des rançons. Pour M. Boute, il faudrait réaliser des améliorations dans plusieurs secteurs, afin de garantir un climat sécuritaire. Il a donné l’assurance que les opérateurs continueront à fournir des informations sur la localisation des téléphones, dans le cadre des enquêtes policières et judiciaires. De plus, il a montré que la mise en place de ce nouveau système nécessitera des dépenses, de l’ordre de plusieurs millions de dollars, et s’échelonnera sur plusieurs mois. Il faudra environ 6 mois pour que les vendeurs soient dotés du matériel nécessaire qui permettra de vérifier l’identité du client. À ce sujet, M. Boute attire l’attention sur la nécessité pour que les opérateurs aient accès à la base de données de l’ONI, pour vérifier les numéros de cartes. Les discussions se poursuivent entre les opérateurs et le CONATEL, sur la nécessité de respecter les droits de communiquer de plus d’un million de clients de la DIGICEL. La compagnie n’envisage pas de déconnecter les SIM non identifiés de son réseau mais entend encourager une bonne campagne de sensibilisation des clients. De l’avis de M. Boute, les autorités doivent intensifier les efforts pour doter tous les citoyens d’une carte d’identification valide.

Par ailleurs, le BINUH est très préoccupé par l’aggravation de la situation sécuritaire et des violences commises par des bandes armées contre la population. Il rappelle que les Nations Unies restent disponibles pour appuyer les autorités nationales qui doivent protéger la population et arrêter les instigateurs, auteurs, et complices des crimes.

Emmanuel Saintus.

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