acceuilActualitéCoup d’oeil sur le mondeCulture & SociétéEducation & Développement

La langue: comme élément de concurrence internationale

La langue fait partie de la communication, le moyen utilisé par l’Homme pour s’exprimer. Elle s’inscrit en effet dans un milieu ou territoire et constitue un facteur d’intégration sociale et de l’acculturation «linguistique». Voilà pourquoi on parle de barrière linguistique, quand il existe une difficulté de se communiquer ou de se comprendre, quand on parle des langues différentes. On peut comprendre la langue dans ses dimensions de faciliter la cohésion sociale et la solidarité au sein d’une communauté. Elle est, en conséquence, un facteur d’identité collective et ou nationale qui permet de retracer l’histoire. Bien que nous reconnaissons qu’il est difficile de chiffrer ce facteur, la langue permet d’établir l’identité culturelle d’un peuple. Ainsi, elle est source de concurrence internationale, par le biais de son importance, surtout dans le commerce international et dans la diplomatie.

La langue permet de réunir ou de grouper des individus, crée des relations intenses, et donc, renforce le sentiment d’appartenance. Pour cela, la langue est devenue concurrentielle. Ainsi, il y a une course pour que chacune soit plus parlée que d’autres, et qu’elle ait le statut de langue commerciale ou internationale. En ce sens, certains pays allouent de fortes sommes dans leur politique étrangère/linguistique, car elle permet, en même temps, la promotion culturelle, et de fait, de s’imposer dans le monde. En effet, plus une langue est parlée, plus elle donne l’impression qu’elle est forte. Par conséquent, la concurrence internationale au niveau des langues est comme toute autre. C’est une lutte de tous les instants pour s’imposer par rapport aux autres langues et cultures compétitrices.

En effet, le monde actuel est marqué par la mobilité (travail, études, tourisme, etc.), ce qui, en fait, favorise des échanges transfrontaliers, ainsi que la circulation ou la diffusion de la langue. Par ces échanges, le besoin de se comprendre est essentiel. Ainsi, on s’efforce, par une sorte d’acculturation linguistique, à parler la langue de l’Autre. En Europe, en Amérique, en Afrique, en Asie et en Océanie, la difficulté de dénombrer les langues ou les dialectes est incontestable. Mais on retient, selon les recherches du nombre des locuteurs (trices), quelles sont celles les plus parlées. En effet, les études de Louis-Jean Calvet, en 2016, après avoir consulté les sites: Ethnologue (www.ethnologue.com), Statistiques mondiales (www.statistiques-mondiales.com/langues.htm) et l’Université Laval (www.axl.cefan.ulaval.ca/Langues/1div_inegal_tablo1.htm), confirment que les 4 langues les plus parlées par tous ces sites d’internet sont les suivantes: Mandarin, Espagnol, Anglais et Arabe, avec respectivement en millions environ: 850, 400, 320 et 200. Ceci peut se traduire, mais pas dans tous les cas, par la population d’un État, ou aussi par la colonisation d’autres États.

L’importance d’une langue à l’échelle internationale, réside également dans le nombre des apprenants (es) partout dans le monde. En effet, apprendre une langue étrangère est un signe qu’elle pourrait assurer son avenir, et de fait, éviter de ne pas faire face à un blocage linguistique. À ce titre, l’anglais occupe la tête du classement, avec près de 1,5 milliard d’apprenants (es) dans le monde, suivi du français avec 82 millions et le chinois, 30 millions. On retient par cela que les langues les plus parlées ne sont pas les plus apprises; ce qui révèle toute l’importance de l’internationalisation d’une langue, et son poids dans le commerce international et dans la diplomatie.

Le poids d’une langue dans les grandes organisations et institutions internationales est énorme. Ainsi, une lutte pour devenir langue officielle n’est nullement en relation avec le nombre de locuteurs (trices), mais plutôt ce que représente chaque pays au sein de la structure. En clair, ce n’est pas parce qu’une langue est beaucoup plus parlée, qu’elle deviendrait langue officielle. Ainsi, à l’ONU, il y a six (6) langues officielles, elles sont l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe. On pourrait se demander pourquoi le russe, car cette langue ne fait pas partie des six (6) langues les plus parlées, selon les études de Louis-Jean Calvet. Plus simplement, c’est la puissance militaire et diplomatique de la Russie qui l’impose et lui confère ce statut.

La langue présente des enjeux. Elle est source de concurrence internationale. Son classement, aussi important par le nombre de locuteurs (trices), n’est toutefois pas le seul moyen de le déterminer. Sinon, l’anglais ne serait pas la langue commerciale ou des affaires, à l’échelle internationale. Ce statut est attribuable à la puissance des États-Unis, de l’Angleterre, du Canada (partie anglophone) et le Commonwealth en général. En revanche, on détermine aussi la puissance d’un État par la force de sa langue, au niveau international. Ainsi, elle est moyen de pression, parce qu’elle facilite, entre autres, la communication, le partage des cultures et la circulation des informations. Elle est, en somme, une source de concurrence internationale. Voilà pourquoi des pays consentent de véritables investissements dans la promotion de la langue. Quelle est votre conception de la langue?

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

Articles Similaires

Back to top button