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On ne pactise pas avec le loup

Par Emmanuel Saintus

Résistez-lui avec une foi inébranlable, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères et sœurs dans le monde. «Prepare zam nou. Revolisyon an komanse. File manchèt nou. Revolisyon an komanse», scandaient les manifestants sur l’Autoroute de Delmas, le lundi 14 septembre 2020, pour réclamer le départ du pouvoir en place et justice pour Me Monferrier Dorval. Les étudiants, les élèves, les professeurs, les syndicalistes, les militants sont victimes d’intimidations de la part des policiers. Ces derniers jours, les manifestations des étudiants pour demander justice pour le Bâtonnier Monferrier Dorval, assassiné le vendredi 28 août, les lycéens qui exigeaient la présence des professeurs dans les salles de classes et les professeurs qui réclamaient de meilleures conditions de travail ont été violemment réprimés par les policiers. Au niveau de Carrefour Vincent, la tension a monté, les résidents de la zone se sont mobilisés pour exiger la libération des prisonniers politiques, dont Arnel Bélizaire et Killick, incarcérés au Pénitencier National depuis des mois.

Phantom 509, crée la terreur à Port-au-Prince et ses environs

Après avoir paralysé plusieurs communes de la zone métropolitaine, le samedi 12 septembre 2020, pour exiger la libération des cinq agents de l’Unité Départementale et de Maintien d’Ordre (UDMO), incarcérés dans le cadre du dossier de la surveillance de la résidence de l’ex-Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, les policiers proches du mouvement syndical, regroupés au sein du groupe dénommé Phantom 509, ont gagné les rues encore une fois le lundi 14 septembre, comme prévu, afin, cette fois-ci, d’exiger la libération du désormais ex-agent de l’unité spécialisé BLTS (Brigade de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants) Jean Pascal Alexandre, arrêté depuis le mois de mai dernier. Le lundi 14 septembre, des individus du Groupe «Phantom 509» s’identifiant comme «des agents» de la Police nationale d’Haïti (PNH), certains cagoulés, d’autres en uniforme, ont à nouveau manifesté avec violence dans les rues de Port-au-Prince, pour exiger la libération du policier Jean Pascal Alexandre, incarcéré depuis le 13 mai dernier au Pénitencier National, accusé d’assassinat, d’incendie criminel, de destruction de biens publics et d’atteinte à la sûreté de État.

Après avoir paralysé les activités dans plusieurs endroits de la capitale, incendié et vandalisé plusieurs véhicules de l’État, dont un minibus immatriculé Service de l’État, à l’angle de l’avenue Martin Luther King et la rue Bois-Patate, ils ont attaqué le Centre de Réception et de Livraison de Documents d’Identité (CRLDI), situé à Delmas 31, tirant sur le bâtiment, envahissant les locaux en tirant des coups de feu à l’arme automatique, semant la panique chez les employés, détruisant les caméras de surveillance et tous les matériels qui se trouvaient dans les bureaux, avant d’y mettre le feu. Dans un communiqué, Jude Jacques Élibert, le Directeur Général du CRLDI, a expliqué que les dégâts sont considérables. «Le matériel a été complètement détruit par les flammes qui ont partiellement noirci les murs de façade. Des impacts de balles sont visibles sur les murs et fenêtres du bâtiment. Une quantité importante de douilles a été retrouvée à l’intérieur…». Le samedi 12 septembre, la tension a monté d’un cran dans la capitale, Port-au-Prince. Des tirs à l’arme automatique ont été entendus dans divers coins de la capitale, notamment à Nazon, à Delmas, à Turgeau, au Champ-de-Mars.

Des policiers en colère, en raison de l’arrestation de cinq policiers (UDMO), ont procédé à des casses de véhicules immatriculés «Service de l’État et Officiel», en signe de rébellion contre les autorités en place. Plus d’une dizaine de véhicules immatriculés «Service de l’État» ont été incendiés par des policiers dont certains en cagoulés, accompagnés de civils armés.

Un véhicule a été incendié devant l’entrée même de la base de l’UDMO, au Champ-de-Mars. À Delmas 75, une benne à ordures de la mairie de Delmas a été incendiée. À Delmas 33, un pick-up de la police a été incendié. À Nazon, trois (3) véhicules du Service de l’État ont été mis à feu. Les policiers protestaient ainsi contre le transfert au Pénitencier National des cinq policiers chargés de protéger la résidence du bâtonnier Monferrier Dorval, assassiné le vendredi 28 août.

Des policiers lourdement armés ont lancé un nouvel ultimatum de 24 heures au Gouvernement pour libérer leurs frères d’arme.

Emmanuel Saintus

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