acceuilActualité

Dénouement de la période carnavalesque

Après l’annulation du premier jour des festivités carnavalesques au Cap-Haïtien, à cause d’incidents divers et d’une pluie battante, et après un parcours miné, d’un concert de tirs à l’arme automatique au passage du groupe Sweet Micky, le deuxième jour, la Cité Christophienne a eu un bon troisième jour. Avec uniquement des formations régionales, les Capois ont dansé jusqu’au petit matin, au rythme des orchestres Tropicana et Septentrional. Le Cap-Haïtien a réussi son troisième jour gras, et c’est l’orchestre aux 71 années d’expérience qui l’emporte, selon les observateurs avisés. Cinq groupes musicaux locaux; Anbyans, Bèl Look, Tropicana, Frèfrè Band et Septen ont assuré la réussite de ce troisième jour gras, dans le chef-lieu du département du Nord. Avec le support de la Police nationale, ces bandes ont assuré l’animation, sans incident, sur tout le parcours retenu pour la clôture. Du Boulevard à la rue 18, passant par le rond-point Samarie à la rue 24, perchées sur leur char respectif, ces formations musicales ont fait oublier la terreur de la veille, en offrant, au public capois, quelques heures de bonne ambiance. Le Champ-de-Mars, qui devait être le théâtre du défilé des trois jours gras du carnaval national de cette année, a eu d’autres festivités, causant la mort à plusieurs personnes, à la suite de différents mouvements de protestations, accompagnés d’un concert de tirs échangés entre policiers et soldats. Un soldat et un policier et au moins un jeune adolescent de 15 ans ont été tués, le dimanche 23 février, dans des affrontements armés entre les policiers protestataires et les militaires des FAD’H, au Champ-de-Mars. À la suite de cette scène, le carnaval de Port-au-Prince a été annulé par le ministère de la Culture, en raison de ces incidents violents qui ont secoué la capitale haïtienne, le premier jour gras. Pour exprimer leurs insatisfactions par rapport aux mesures annoncées le samedi 22 février par le président de la République pour calmer les frustrations au sein de la Police nationale, des policiers protestataires, accompagnés des membres de la population, avaient gagné à nouveau les rues de la capitale le dimanche gras (23 février) après leurs manifestations de lundi et de mercredi. Un fait est certain. Ce n’était pas un concert de méringues carnavalesques qui a résonné au Champ-de-Mars, le dimanche 23 février, lors de ce 1er jour gras. Loin des turbulences de Port-au-Prince où le carnaval a finalement été annulé et du Cap-Haïtien qui a enregistré un concert de tirs le lundi gras, pendant le passage du char de Sweet Micky qui n’était pas bienvenu dans la deuxième ville du pays, à Camp-Perrin, l’une des plus belles communes du pays, pendant les trois jours gras, une bande à pied et un char musical essayaient de créer l’ambiance. Quelques haut-parleurs perchés sur un véhicule vomissaient des méringues carnavalesques, et surtout la musique prisée de nombreux jeunes : le rabòday. La qualité de la sonorisation laissait à désirer. Le contenu des chansons encore plus. Les carnavaliers ne s’en souciaient guère. Sur le fameux char musical, un jeune homme s’était mis dans la peau d’un animateur. Sur tout le parcours (de Lamartinière jusqu’à Haut-Camp) qui accueillait aussi des défilés de motocross et d’autres bolides, on dansait. Il n’y a plus les traditionnelles bandes à pied qui sillonnaient les quartiers, dans le temps. Il n’y a plus les «Chaloska» qui dansaient de maison en maison. Il n’y a plus les déguisements qui rappelaient le carnaval. Malgré tout, des jeunes de la commune, supportés par des autorités locales, ont fait danser des centaines de carnavaliers. Au beau milieu de ce micmac, plusieurs millions ont été déboursés par l’État. Aucune justification ne sera toutefois donnée, malgré la piètre qualité de ces trois jours gras, dans la grande majorité des villes concernées.

Altidor Jean Hervé

Articles Similaires

Back to top button