Aucune transition politique n’a été aussi sanglante, selon le RNDDH

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La situation, décrite dans le rapport d’enquête très détaillé du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), révèle que le premier trimestre de l’année 2024 a été catastrophique sur les plans du respect des Droits Humains.  Le RNDDH estime que, de 1990 à 2024, aucune transition politique n’a jamais été aussi sanglante.

Depuis le 29 février 2024, les deux plus importantes coalitions de gangs armés : « G-9 An Fanmi e Alye » et « G-Pèp » jusque-là rivales, se sont regroupées dans une alliance dénommée « Viv Ansanm » et ont décidé de faire une démonstration de leur puissance, en semant la terreur à Port-au-Prince et dans les communes avoisinantes. 

Résumé (janvier à mars 2024) :

– Au moins 208 personnes ont été assassinées dont 13 policiers ;

– Au moins 5 attaques armées ont été enregistrées (Beudet dans la Croix-des-Bouquets, au   Bel-Air, à La Saline, à Pernier et à Ganthier), occasionnant l’assassinat d’au moins 67 personnes ;

– De nombreuses maisons de citoyens ont été pillées et incendiées à Port-au-Prince et à Delmas, notamment.  Des milliers de victimes de l’insécurité, qui se trouvaient dans des camps, ont dû se réfugier ailleurs, et d’autres camps ont aussi vu le jour ;

– Au moins 64 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles dont des viols collectifs, selon les données combinées du RNDDH et de « Nègès Mawon », et qui sont loin d’être exhaustives ;

– Au moins 158 personnes ont été blessées par balles à Port-au- Prince ainsi que dans les communes avoisinantes, selon les données combinées de certains centres hospitaliers et du RNDDH ;

– De nombreux enlèvements ont été enregistrés dont au moins 48 ont fait l’actualité ;

– Au moins 9 manifestations ont été sévèrement réprimées par des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH), au cours desquelles au moins 4 manifestants (es) ont été tués et 15 autres blessés, parmi eux, 8 journalistes ;

– Au moins 83 institutions et/ou entreprises privées et publiques ont été attaquées, vandalisées et/ou incendiées à Port-au-Prince et dans les communes avoisinantes, dont 19 postes de police, 5 tribunaux de Paix et 1 tribunal de première instance ;

– En vue de rançonner la population, au moins 13 postes de péage installés par les bandits armés/ 6 sont localisés dans les communes de Port-au-Prince et de Cité-Soleil, et les 7 autres sont installés sur ou non loin des routes nationales 1, 2, 3, 5 et 8.

Emmanuel Saintus

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