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Plus d’une vingtaine de médecins, kidnappés au cours de l’année 2022

Au cours de l’année 2022, pas moins de 20 médecins ont été kidnappés, dont deux furent
assassinés. De janvier à mars 2023, déjà 10 autres médecins ont subi le même sort, indique
l’Association Médicale Haïtienne (AMH), dans une note datée du lundi 6 mars 2023.
La famille de la Dre Geneviève Arty, la Société haïtienne de pédiatrie et l’AMH n’ont
reçu aucune nouvelle de la victime, depuis le jeudi 2 février 2023, date de son enlèvement et
de sa séquestration, s’inquiète l’Association médicale haïtienne. «Ces groupes, qui font la
pluie et le beau temps, opèrent sans aucune inquiétude, sans que les autorités, chargées de
notre sécurité, de celle de l’ensemble des corps professionnels et de la population en général,
ne prennent leurs responsabilités, en vue de nous permettre de vaquer librement à nos
occupations quotidiennes et de vivre en paix», fustige l’AMH. L’Association médicale
haïtienne exprime ses inquiétudes et son indignation, face à cette grave situation de
criminalité qui touche particulièrement le corps médical. Elle réclame, une fois de plus, la
libération sans condition de ces professionnels de la médecine, «qui ont voué leur existence à
la recherche du bien-être sanitaire de la population, dans toutes ses composantes, et, souvent,
dans des conditions d’extrême difficulté». Il est temps de mettre fin à cette grave situation de
criminalité qui affaiblit les structures et paralyse la vie nationale, exige l’Association médicale
haïtienne.
Ces derniers jours, plusieurs cas de kidnapping sont enregistrés, dans la zone
métropolitaine de Port-au-Prince et dans les villes de province, dans un contexte marqué par
une augmentation des violences des gangs armés , dans divers quartiers de Port-au-Prince, du
lundi 27 février au lundi 6 mars 2023, rapporte AlterPresse.
MSF ferme temporairement l’hôpital de Cité-Soleil
Exposée à un risque sécuritaire trop important, l’ONG internationale Médecins Sans
Frontières (MSF) est contrainte de fermer son hôpital de Cité-Soleil. Cette fermeture
temporaire intervient alors que les violences se propagent de façon très préoccupante, depuis
le mardi 28 février dans l’ensemble des quartiers de la capitale, avec les populations prises
sous les tirs croisés et qui n’ont d’autre choix que de fuir leurs maisons.
Suite aux affrontements d’une extrême violence qui se poursuivent de façon continue à
quelques mètres de l’enceinte de l’hôpital et qui opposent des groupes lourdement armés,
MSF, dans l’incapacité de garantir la sécurité de son personnel et de ses patients, annonce la
fermeture temporaire de son hôpital de Cité-Soleil. «Nous vivons des scènes de guerre à
quelques mètres de notre établissement», explique Vincent Harris, référent médical chez
MSF. «Notre hôpital n’a pas été ciblé directement, mais nous sommes une victime collatérale
des combats depuis que l’hôpital se retrouve sur la ligne de front.» Plusieurs balles perdues
ont été retrouvées à l’intérieur de l’hôpital, et l’accès est devenu quasiment impossible pour les
patients dont certains ont été blessés dans la zone des affrontements, aux abords de l’enceinte.
«Nous sommes conscients que la fermeture de cet hôpital va nuire gravement aux habitants de
Cité-Soleil, mais nos équipes ne peuvent pas travailler tant que les conditions de sécurité ne
sont pas garanties.» Les équipes de Médecins sans Frontières, présentes en Haïti depuis plus
de 30 ans, appellent à la cessation des hostilités à la porte de leur hôpital et au respect de la
mission médicale qui l’abrite, afin de pouvoir ré-ouvrir leurs activités dans les plus brefs
délais et continuer de fournir les soins de santé à la population de Cité-Soleil. L’organisation
s’alarme de la dégradation vertigineuse de la situation sécuritaire dans l’ensemble de la
capitale haïtienne et de la précarité croissante qu’elle entraîne, alors que les populations font
face à des besoins humanitaires et sanitaires de plus en plus importants.
«À une dizaine de kilomètres de Cité-Soleil, dans le centre-ville de Port-au-Prince, le
bilan s’alourdit dans le centre d’urgence de Médecins Sans Frontières situé à Turgeau. Nos

équipes reçoivent chaque jour jusqu’à dix fois plus de blessés par balle qu’en moyenne, depuis
que les combats ont une nouvelle fois repris à Bel-Air, le mardi 28 février. Nous avons reçu
de nombreux enfants, femmes et personnes âgées. C’est terrible de voir le nombre de victimes
collatérales de ces affrontements», explique le responsable des activités médicales, le Dr.
Freddy Samson, ajoutant «il est difficile de dire quel est le nombre de blessés, ailleurs, dans la
ville, car certains sont terrorisés et préfèrent ne pas sortir de leur quartier. Nos cliniques
mobiles qui fournissent des soins aux populations dans ces quartiers touchés par la violence
urbaine, ont été témoins directs des affrontements armés qui ont éclaté et ont dû arrêter
précipitamment leurs consultations. En suivant ces populations qui ont fui ces combats vers
des sites informels rapidement surpeuplés, nos équipes ont mené des évaluations dans des
quartiers situés dans le centre-ville et n’ont pu que constater les besoins criants de nombreuses
personnes déplacées», souligne MSF.
Emmanuel Saintus

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