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La crise économique se métastase

Avec la paralysie des activités depuis plus d’un mois à travers le pays, on parle de moins en moins du taux de change. Cela n’empêche pas que le dollar s’apprécie au quotidien par rapport à la gourde. Parallèlement, les produits pétroliers, nœuds gordiens de la crise, sont toujours absents dans les pompes. Sur le marché informel, le gallon de gazoline ou de diesel coûte les yeux de la tête. Les prix des produits de première nécessité explosent littéralement, causant une famine excessive.

Le taux de la Banque de la République d’Haïti est d’environ 120 gourdes pour un dollar. Le marché informel fixe cependant son taux. Celui-ci est différent d’une zone à une autre. Ce qui est aussi valable pour les carburants. Dans certaines villes de province, le taux varie de 130 à 145 gourdes sur le marché informel, dépendamment de la ville. Un fait est certain, le dollar revient presque au même niveau d’avant les injections des millions de dollars américains par la BRH sur le marché des changes.

Comme le taux de change, le prix du carburant, produit transversal, varie en fonction de la ville en question, néanmoins, un gallon de gazoline ou de diesel coûte les yeux de la tête. Par exemple, à Miragoâne, la gazoline se vend à 3500 – 4000 gourdes contre 2500 gourdes pour le diesel ; à Jérémie, il faut débourser 5000 gourdes pour la gazoline contre 2 500 gourdes pour le diesel ; à Hinche, située à quelques kilomètres de la frontière avec la République Dominicaine, la gazoline coûte 1 750 gourdes contre 1 400 gourdes pour le diesel ; à Léogâne, la gazoline se vend à 5 500 gourdes ; à Port-de-Paix la gazoline se vend à 5 000 gourdes contre 4 500 gourdes pour le diesel ; aux Gonaïves, il faut 2 500 gourdes pour acquérir un gallon de diesel ou de gazoline ; à Saint-Marc, le gallon de gazoline se vend à 3 000 gourdes contre 2 500 gourdes le diesel. (Source Le nouvelliste).

«La crise de carburant actuelle est liée, non seulement à un problème de mauvaise gouvernance, mais surtout à la prise en otage de l’État par un groupe économique bien déterminé», estime l’organisme de défense des droits humains, Sant Karl Lévêque (SKL). La rareté des produits pétroliers serait créée de toutes pièces par des mafieux économiques, pour faciliter la corruption à grande échelle, comme la surfacturation et l’enrichissement illicite, dénonce l’organisme SKL. Face à cette pratique mafieuse, l’organisme de droits humains SKL recommande à l’État haïtien de développer une stratégie de décentralisation de la branche pétrolière.

La rareté de carburant perturbe, depuis plus d’un mois, le fonctionnement des activités commerciales et scolaires dans le pays. Face à cet état de fait, les prix des produits de première nécessité continuent de grimper dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. La capitale haïtienne est pratiquement assiégée d’une part, par les barrages routiers des bandits et d’autre part, par les barricades des manifestants. Les denrées ne peuvent être acheminées dans le plus grand centre commercial du pays, en raison des verrous au Nord à Canaan et au sud à Martissant.

La marmite d’haricot noir a franchi la barre des 1 000 gourdes, un prix totalement prohibitif pour de nombreux ouvriers et journaliers. Un sachet d’eau qui était vendu à 1,50 gourde en début d’année est passé à 10 gourdes. Le poids du pain de 60 gourdes a diminué de moitié au cours des 4 dernières semaines de peyi lòk. Une pénurie d’eau est constatée dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine.

Altidor Jean Hervé

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