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Les séquelles de la pénurie de carburant

L’Association des Professionnels du Pétrole (APPE) a demandé à l’État de rendre accessible le terminal de Varreux, afin que les stocks, actuellement en quantité suffisante, puissent approvisionner toutes les stations-services, avant leur réouverture avec les nouveaux tarifs, afin d’éviter qu’elles ne soient agressées et/ou détruites. «Les compagnies pétrolières ont importé du carburant et disposent actuellement de stocks suffisants pour approvisionner les stations-service et leurs clients industriels. Or, le blocage du terminal de Varreux ne permet pas aux camions d’y accéder et de charger du carburant pour la distribution», selon cette correspondance.

Elle poursuit ainsi: «Nous avons un intérêt commun à ce que la distribution de carburant puisse reprendre dans des conditions acceptables pour toutes les parties prenantes et donc nous pensons que le déblocage du terminal de Varreux est une condition nécessaire à ce redémarrage de nos activités», a déclaré cette association de compagnies pétrolières. «Nous comprenons que la PNH met tout en œuvre pour dégager ces accès, (ce) qui, une fois réalisé, (rassurera) les transporteurs».

La lettre de l’APPE, appelant l’État à intervenir pour rendre accessible le terminal de Varreux pour que les stations-services soient alimentées et qu’elles puissent vendre les carburants à partir des nouveaux prix, survient à un moment de contestations, à Port-au-Prince et en province, contre l’ajustement effectué par le gouvernement de M. Ariel Henry. Le gallon de gazoline est passé de 250 à 570 gourdes, le diesel de 353 à 670 gourdes et le kérosène de 352 gourdes à 670 gourdes.

Plus tôt dans la semaine, Jimmy Chérizier, fusil M-4 en bandoulière, debout au milieu de barricades de pierres et de pneus enflammés, devant l’aérogare, avait exigé la fermeture de cette installation où 70% des produits pétroliers d’Haïti sont stockés. Dans cette vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux, le chef du G-9 balance : «vous entrerez dans ce terminal quand nous serons morts. C’est dans nos tripes que tu vas passer, Ariel.»

Par ailleurs, l’Association «Nos Petits Frères et Sœurs» tire la sonnette d’alarme face à la grave crise d’approvisionnement en carburant que connaît le pays depuis plusieurs mois. Saint-Damien et Saint-Luc (des centres hospitaliers) ainsi que le Centre de kinésithérapie Sainte Germaine sont menacés d’arrêt de leurs activités, à cause du manque de carburant.

La crise provoquée par la pénurie de carburant secoue toutes les couches de la société. Si jusqu’à présent les responsables de certains hôpitaux publics sont restés silencieux lorsqu’on en parlait, l’organisation Nos Petits Frères et Sœurs a levé le voile sur ce qui était prévisible : les hôpitaux risquent de devenir dysfonctionnels si les pénuries de carburant persistent en Haïti, au détriment de la population. Des milliers de patients sont en attente de soins médicaux.

«En effet, en raison du manque régulier de disponibilité de combustible sur le territoire national depuis plusieurs mois, et en raison des troubles sociaux récents dans le pays, notre réserve stratégique de combustible disponible dans la centrale “SMART GRID” de la Fondation Saint-Luc, qui alimente en électricité ces deux hôpitaux et le Centre de kinésithérapie, est quasiment épuisée», rapporte l’Organisation de Nos Petits Frères, dans une note.

«Nous lançons un SOS aux principaux fournisseurs de carburant pour permettre le sauvetage crucial de notre réserve, afin d’assurer la poursuite des services pédiatriques pour plus de 153 enfants hospitalisés et pour plus de 47 femmes enceintes à la maternité de Saint-Damien, ainsi que des soins d’urgence et d’hospitalisation pour plus de 70 adultes, y compris les soins de traumatologie à l’hôpital Saint-Luc. Sans secours immédiat, nous n’aurons d’autre choix que de constater l’arrêt imminent des soins dans les deux hôpitaux (Saint-Luc et Saint-Damien) et au Centre de kinésithérapie NPFS Sainte Germaine.»

«De plus, à cette situation s’ajoute la disponibilité de nos travailleurs qui sont fortement touchés par l’impact de cette énième crise du carburant dans les transports en commun. À cela, nous appelons les pouvoirs publics, les entreprises privées et les particuliers, afin de faciliter un corridor d’approvisionnement en carburant, non seulement des hôpitaux de Saint-Luc et de Saint-Damien, mais aussi de tous les hôpitaux touchés par cette crise persistante de l’approvisionnement en carburant.

Les distributeurs, de leur côté, souhaitent que la plupart des stations-service soient ravitaillées avant de pouvoir rouvrir avec les nouveaux tarifs, pour éviter qu’elles ne soient pillées et/ou détruites.

Altidor Jean Hervé

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