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Les mobilisations anti-gouvernementales à la peine, le BSA en retrait

Au moment où les responsables politiques de l’opposition tentent de raviver la flamme de la mobilisation contre l’équipe d’Ariel Henry, le Bureau de suivi de l’accord du 30 août 2021 (BSA), qui s’est toujours montré contre les protestations violentes, exprime son indignation face au silence des autorités, par rapport à la criminalité omniprésente et la vie de plus en plus chère, à l’occasion du premier anniversaire (30 août 2021 – 30 août 2022) du premier ministre Ariel Henry, au pouvoir. Le peuple haïtien souhaite un gouvernement transparent qui lui fournit les services auxquels il a droit, souligne le BSA

Le vendredi 2 septembre, dans la deuxième ville du pays, au Cap-Haïtien qui en était à sa 5e journée consécutive de mobilisation, des heurts ont éclaté entre les manifestants qui lançaient des pierres, et les forces de l’ordre. Celles-ci ont fait usage de gaz lacrymogène et tiré à balles réelles pour disperser les manifestants.

Également, plusieurs milliers de personnes, menées par des leaders politiques dont l’ancien sénateur, Youri Latortue, ont gagné les rues aux Gonaïves, pour dénoncer l’insécurité, la misère et réclamer le départ du Premier Ministre Ariel Henry, le vendredi 2 septembre.

À rappeler que le mardi 30 août 2022, une plainte a été déposée au parquet de Port-au-Prince contre les auteurs et co-auteurs des actes de brutalité policière ayant causé la mort d’au moins un manifestant et fait plusieurs blessés par balles, lors des dernières manifestations à Port-au-Prince. Me Iswick Théophin pointe du doigt le Premier Ministre Ariel Henry qui, selon lui, aurait donné l’ordre à la police d’utiliser la violence pour réprimer ces manifestations visant à réclamer de meilleures conditions de vie.

Des milliers de partisans et sympathisants de Pitit Desalin avaient participé à nouveau au défilé, le mardi 30 août, à travers les rues de la ville du Cap-Haïtien, environ une semaine après la grande sortie de Moïse Jean-Charles, le 22 août dernier. À son premier arrêt devant une succursale de la Unibank à la rue 11 A, le leader de Pitit Desalin a diabolisé les banques commerciales, responsables, selon lui, de la misère atroce dans laquelle le pays est plongé. L’ancien parlementaire a fustigé les propriétaires des banques commerciales qui font leur profit au détriment de la masse, en fixant à leur guise les taux de change. «Ils ne sont que sept à travers le pays à décider chaque matin du taux du dollar sur le marché des changes en Haïti», regrette l’ancien candidat à la présidence, indiquant que ceux-ci ont jusqu’au 7 septembre pour tout régulariser. Sinon, «Nap chavire sistèm lan», a-t-il menacé.

Le 7 septembre prochain, Moïse Jean-Charles et ses Pitit Desalin projettent de manifester avec fracas dans la capitale.

De plus, Port-au-Prince s’était réveillé sous tension, le lundi 29 août. Tôt dans la matinée, des barricades avaient été érigées à Lalue, Delmas et Pétion-Ville. Des centaines de manifestants ont également été remarqués dans les rues, vers midi. Les protestataires ont parcouru les avenues John Brown et Martin Luther King, avant de franchir la route principale de Delmas, en direction de Pétion-Ville.

Les manifestants ont déploré le coût élevé de la vie. Ils ont été également très critiques envers les autorités qui, selon eux, n’ont rien fait pour résoudre la rareté de carburant et le problème de l’insécurité. «Nous sommes dans les rues pour dire que c’est assez. Les gangs nous empêchent de circuler librement. À présent, ils vendent le carburant au marché noir. Le gouvernement ne dit rien. L’inaction des autorités est inacceptable», a fulminé une quinquagénaire.

Les manifestants ont également exigé le départ du Premier ministre Ariel Henry, après plus d’un an passé au pouvoir. «Le chef du gouvernement n’a pas de bilan. Il doit partir. On doit revenir avec un gouvernement bicéphale. Début septembre, nous serons dans les rues, sept jours sur sept, pour exiger la démission d’Ariel Henry», a déclaré un manifestant, alors que la foule se trouvait à Nazon.

Le Bureau de suivi de l’Accord de Montana invite le pouvoir de facto en place et ses alliés à se ressaisir, «pour entamer un vrai dialogue politique qui aboutirait à un pacte républicain, soit une transition de rupture de deux ans pour rétablir les trois pouvoirs de l’État, afin de préparer des élections libres, honnêtes, transparentes et non-violentes». Au début du mois d’août 2022, les membres du BSA avaient décidé de surseoir aux négociations politiques avec le pouvoir de facto en place, après des semaines de discussions. En conférence de presse, le mardi 2 août 2022, ils avaient évoqué une absence de volonté réelle du gouvernement de facto de parvenir à un consensus large, en vue de résoudre la crise socio-politique en Haïti.

À travers sa prise de position, le Bureau de suivi de l’Accord du 30 août 2021 en profite pour déplorer le recul des droits et libertés des Haïtiennes et Haïtiens, la dégradation des conditions de vie de la population, les massacres de plusieurs centaines de personnes ainsi que la multiplication des actes de kidnapping dans le pays.

Altidor Jean Hervé

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