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D’une approche de Croissance à celle de Développement économique, pour une qualité de vie améliorée des collectivités haïtiennes

Pedestrians walk along a street destroyed by a massive earthquake that rocked Haiti, in Port-au-Prince on January 13, 2010. Planeloads of rescuers and relief supplies headed to Haiti as governments and aid agencies launched a massive relief operation after a powerful earthquake that may have killed thousands. US President Barack Obama ordered a swift and aggressive US rescue effort, while the European Union activated its crisis systems and the Red Cross and United Nations unlocked emergency funds and supplies for the destitute nation. Much of Port-au-Prince was reduced to rubble by the 7.0-strong quake on January 12 but the airport was operational, opening the way for international relief aid to be ferried in by air as well as by sea. AFP PHOTO/Juan BARRETO

L’Économie est définie dans le dictionnaire Larousse comme : «l’Ensemble des activités d’une collectivité humaine, relatives à la production, à la distribution et à la consommation des richesses.» Ainsi, l’économie prend en compte toutes les activités (informelles et formelles) de production, de distribution et de consommation de richesse d’une collectivité. D’une manière générale, la collectivité représente tout «Groupe de personnes, généralement assez étendu, que réunissent un intérêt commun, une organisation commune ou des sentiments communs, ou habitant un même lieu, un même pays…(Larousse) ». Mais, sur le plan administratif et territorial, particulièrement en Haïti, la collectivité est perçue en termes de circonscriptions : quartier, section communale, commune, département, …, pays. Déjà, il convient mieux de parler des collectivités, puisque chacune de ces circonscriptions a ses propres réalités sociales, culturelles et économiques.

Lorsque l’on considère le concept Richesse, il renvoie à la possession d’une quantité importante de quoi que ce soit qui puisse avoir de la valeur aux yeux de certaines gens. En outre, l’on peut être déclaré riche en quelque chose, parce que celle-ci peut être remplacée et vice-versa par une autre chose pour laquelle l’on a établi qu’elle serait équivalente, toute proportion gardée. En ce sens, «Être riche, c’est posséder une valeur, de quelque nature qu’elle soit ou qu’elle puisse être (Alcan, F., 1938). » La valeur étant cette représentation que l’on se fait d’une chose, en comparaison à une autre chose de nature différente. En d’autres termes, la richesse réfère à la possession, à des proportions plus ou moins élevées, de quelque chose qui a de l’importance pour soi et pour les autres ; notion fondamentale à la compréhension de la richesse. Cette possession peut être celle d’un bien matériel (monnaie, or, pétrole, maison, terrain, voiture, etc…), elle peut tout aussi être relative à un bien immatériel (savoir ancestral, savoir scientifique, rites culturels, savoir culinaire, histoire, etc…). Malheureusement, la tendance dominante est de plutôt valoriser les biens matériels, en négligeant le potentiel de la plupart des biens immatériels, dans un pays comme Haïti. Or, Dieu seul sait combien nous pourrions créer de la richesse, si nous décidions d’investir et de mettre en valeur plus d’éléments de notre riche patrimoine immatériel. Le monde entier serait prêt à venir consommer ce que nous seuls pouvons leur offrir (avantage comparatif). Mais ça, c’est un autre débat !

Dans le domaine de l’économie, cette notion de richesse est prise en compte essentiellement à travers le concept de Croissance économique. Selon le site officiel gouvernement.fr, la Croissance économique se définit ainsi: « … l’augmentation de la production de biens et de services d’un ensemble économique sur une période donnée (consulté le 28-08-2022) ». Cette croissance est généralement mesurée à partir des indicateurs du Produit Intérieur Brut (PIB) qui, en fait, ne rendent comptent que du niveau de richesse dans les secteurs formels de l’économie. Il n’est pas sans savoir que, face aux faiblesses des structures et des infrastructures dans un pays comme Haïti, le secteur économique informel développe diverses tentatives de réponse, pour permettre aux populations les plus vulnérables de trouver des alternatives face à leurs nombreux besoins non adressés. Il s’agit là d’un important volume d’activités humaines produisant de la valeur, qui échappent totalement aux outils de mesure de la croissance. Celle-ci ne rend donc pas justice aux réalités économiques des collectivités. La croissance ne saurait donc continuer à être considérée comme une fin en soi et constituer le principal élément d’analyse de nos économistes.

En effet, plus que jamais, nous devons pousser nos réflexions vers le développement économique qui traite de toutes les transformations structurelles démographiques, économiques et sociales, susceptibles d’influencer positivement le niveau de vie des collectivités. Le développement économique renvoie ainsi à des interventions pérennes sur l’ensemble des structures et infrastructures, garantissant une amélioration de la qualité de vie des populations vivant au sein des collectivités. Ceci suppose l’établissement et la mise en œuvre de véritables politiques publiques transformationnelles, dans tous les secteurs de la vie nationale. Parallèlement, ces politiques publiques doivent être monitorées et évaluées régulièrement, afin d’arriver effectivement aux transformations structurelles qu’elles sont supposées apporter dans la vie de chacun des citoyens de chacune des collectivités du pays.

Witchner Orméus

M.Sc. Administration sociale

Post-gradué Économie pour le développement

Conseiller principal de jeunesse et d’animation

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