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Les dossiers de Jovenel Moïse et de Me Monferrier Dorval traînent encore

Ce 28 août marquera le deuxième anniversaire de l’assassinat de Monferrier Dorval, bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, qui a été abattu chez lui, à Pèlerin 5. Deux ans après, l’enquête piétine. Pour l’instant, aucun juge d’instruction n’a été désigné pour mener l’enquête sur ce dossier. Vu la situation du système judiciaire où beaucoup de juges n’ont pas de mandat, ce n’est sûrement pas demain qu’un juge va être désigné pour prendre ce dossier.

En charge de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse depuis le 30 mai dernier, le juge d’instruction, Walter Wesser Voltaire, est en passe de solliciter une prorogation du doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince. « Le juge va certainement solliciter une prorogation », a fait savoir le quotidien Le Nouvelliste. Entre-temps, famille et proches du feu chef de l’État continuent d’exiger que la justice fasse la lumière sur cet assassinat.

Me Rose-Berthe Augustin, conseillère au barreau de Port-au-Prince, vit très mal la situation autour du dossier du bâtonnier défunt. « Nous suivons le dossier de très près. Nous avons mis la pression pour la nomination d’un autre juge d’instruction sur le dossier mais, jusqu’à présent, nous n’avons obtenu aucun résultat. Aucun juge d’instruction n’a été nommé depuis celle du dernier juge d’instruction, Rénord Régis. Actuellement, il n’y a pas de juge d’instruction sur le dossier. C’est extrêmement peinant. Je me rappelle à quel point l’assassinat de Me Dorval avait créé un choc. Toutes les institutions se sont mobilisées pour réclamer justice en sa faveur et le doyen du tribunal avait promis de le faire. Donc, il y a un véritable blocage dans ce dossier. Ils n’ont consenti aucun effort pour que la lumière soit faite sur ce crime », s’est-elle plainte.

La façon dont le dossier de Me Dorval traîne est symptomatique d’un grand mal. « Ceci montre à quel point l’impunité est systématique dans le pays. Le pire, c’est que nous ne sentons aucune volonté. C’est le plus révoltant. Le greffe du tribunal a été cambriolé. Ils ont volé des corps du délit dans le dossier de Me Dorval, à deux reprises. La deuxième fois, les personnes concernées n’étaient même pas en mesure de dire ce que les voleurs avaient emporté, puisque l’inventaire des pièces était à l’intérieur du coffre qu’on avait enlevé. C’est comme si tout a été concocté (mise en place) pour que le dossier n’avance pas. Aussi, pour que s’il y avait procès, ce soit un simulacre », a ajouté Me Rose-Berthe Augustin.

Par ailleurs, l’enquête judiciaire sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, chez lui, le 7 juillet 2021, avance à pas de tortue ou n’avance pratiquement pas. 13 mois après ce crime qui a fait la une de tous les journaux du monde entier, la justice haïtienne n’a fait aucune avancée ni aucune nouvelle découverte concrète sur ce qui s’était passé dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, à Pèlerin 5, dans la résidence privée du président de la République.

Le juge Walter Wesser Voltaire, le cinquième magistrat à qui ce dossier a été confié le 30 mai dernier, disposait de trois mois pour rendre son ordonnance.

« Nous sommes certainement partis pour une prorogation du mandat du magistrat instructeur. Dans l’état actuel de l’enquête, il n’est pas encore en mesure de rendre son ordonnance de clôture. Contrairement à ses quatre prédécesseurs, le gouvernement a donné une suite favorable à l’ensemble des exigences du magistrat Voltaire.

« Le gouvernement a accordé au magistrat tout ce que lui et le doyen avaient demandé, dont un classeur métallique anti-feu. Le gouvernement a mis à la disposition du juge un véhicule blindé, un véhicule back-up et des agents de police pour sa sécurité personnelle. Le gouvernement met aussi à la disposition du magistrat des frais de fonctionnement ».

Comme chaque mois depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, des membres de sa famille et certains de ses proches montent au créneau pour dénoncer l’assassinat et exiger que la lumière soit faite sur cette affaire. « Un an et un mois plus tard, Haïti, en pleine crise politique, attend toujours des progrès dans l’enquête judiciaire sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Le 5e juge d’instruction arrivera-t-il à crever l’abcès et à faire éclater la vérité ? #JusticepourJovenel », a écrit, le 7 août, Martine Moïse, l’épouse du feu président, sur son compte Twitter.

Altidor Jean Hervé

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