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La justice haïtienne perd ses forces et peine à exister

Les 400 Mawozo ont incendié le Parquet de la Croix-des-Bouquets. Le gang, après avoir imposé sa loi dans cette zone, s’évertue à détruire tous les symboles de l’État. Le commissaire du gouvernement, maître Roosevelt Zamor, explique que les bandits avaient lancé l’offensive, en représailles à une importante opération des forces de l’ordre, à la suite de l’assassinat de l’inspecteur de police. Cette attaque intervient après l’offensive du gang de Village-de-Dieu contre le tribunal de Première instance de Port-au-Prince qu’il détient depuis près de deux mois. Ces attaques répétées sont la preuve que même la justice n’a aucun pouvoir sur les bandits.

Un seul juge d’instruction est opérationnel, actuellement, pour toute la juridiction de Port-au-Prince, la plus grande juridiction du pays qui compte environ une trentaine de juges d’instruction. Il s’agit du juge Walter Wesser Voltaire. Ce magistrat instruit à la fois le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse et le dossier du secrétaire général du Barreau de Port-au-Prince, Me Robinson Pierre-Louis. Il est d’ailleurs le seul à qui le doyen du tribunal de première instance de la capitale peut confier un dossier, parce que les cabinets de tous les autres juges de la juridiction de Port-au-Prince sont actuellement occupés par le gang de Village-de-Dieu. Ces magistrats sont au chômage technique, depuis le 10 juin dernier. Le juge Walter Wesser Voltaire sort du lot, parce que tout simplement son cabinet ne se trouve pas au Palais de justice. Puisque c’est lui qui enquête sur le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse, le gouvernement l’avait logé ailleurs.

«Depuis l’attaque des bandits de Village-de-Dieu sur le Palais de justice, le 10 juin dernier, seul le cabinet du juge d’instruction, Walter Wesser Voltaire, fonctionne», a déclaré le juge Jean Wilner Morin, président de l’Association Nationale des Magistrats Haïtiens. «Le doyen est obligé de lui confier tous les dossiers, parce qu’il est le seul juge d’instruction à disposer actuellement d’un local pour mener des instructions», a-t-il dit.

«Au Parquet de la Croix-des-Bouquets et au Palais de justice de Port-au-Prince, ce sont les greffes qui ont été attaqués en premier. Cela veut dire faire disparaître des dossiers. Il y a un cerveau derrière tout ça», a avancé le juge d’instruction. Le président de l’Association Nationale des Magistrats Haïtiens, Jean Wilner Morin se demande pourquoi les autorités ne font rien, face à cette situation.

Depuis l’attaque des bandits, le 10 juin dernier, contre le Parquet de Port-au-Prince et le Palais de justice situés au Bicentenaire, les autorités sont incapables de reprendre le contrôle du symbole de la justice du pays. Plus d’un mois et demi après, les bandits continuent de faire la loi au tribunal de première instance de Port-au-Prince. À la Croix-des-Bouquets, une autre juridiction limitrophe de la capitale, des bandits armés ont complètement incendié le parquet de la zone, a dénoncé le président de l’Association des Greffiers d’Haïti.

«Personne ne peut encore fréquenter le Palais de justice de Port-au-Prince. Les bandits de Village-de-Dieu ont toujours le contrôle de la zone du Bicentenaire», a déclaré, sur Magik 9, Me Ainé Martin, président de l’Association des Greffiers d’Haïti. Il a souligné que le jour de l’attaque des bandits, les juges, les greffiers, les avocats et tous ceux qui se trouvaient sur les lieux, avaient tout laissé. «Le Palais de justice est abandonné aux bandits et nous ne pouvons pas encore récupérer nos affaires laissées sur place», a-t-il dénoncé.

«Les autorités ont été déguerpies par les bandits de Village-de-Dieu au Palais de justice, on ne peut plus maintenant parler de délocalisation du tribunal. Il nous faut un autre endroit pour travailler en toute quiétude», a exigé Me Martin.

Le président de l’Association Nationale des Greffiers d’Haïti a souligné que seul le tribunal de paix de la section sud fonctionne dans la juridiction de Port-au-Prince. Cette section ne se trouve pas au Palais de justice, au Bicentenaire. «Le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince et les substituts du commissaire du gouvernement s’entassent dans ce local exigu», a indiqué Me Martin.

Altidor Jean Hervé

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