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La crise économique et l’insécurité, à parité

L’Association des Industries Haïtiennes (ADIH) et le Secteur Démocratique et Populaire (SDP) exhortent le gouvernement de facto en place à prendre des mesures adéquates pour lutter contre les crimes commis par des gangs armés qui ne cessent d’atteindre des proportions de plus en plus alarmantes en Haïti. La délinquance entretenue en toute impunité par des bandes armées, depuis le 1er juin 2021, à Martissant, serait à l’origine d’une famine «répugnante» dans le Grand Sud d’Haïti, rapporte la Chambre de Commerce et d’Industrie du Sud. 13% de la population haïtienne est en situation d’urgence absolue, en matière de sécurité alimentaire. Le coordinateur de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), M. Armel Cazeau, attire l’attention sur ces graves situations d’urgence alimentaire qui nécessitent une intervention rapide.

L’ADIH appelle le gouvernement de facto à rétablir l’ordre et la paix sur le territoire national, livré aux gangs armés, et dénonce l’impuissance de l’État face à la crise socio-politique et économique ainsi que l’aggravation de l’insécurité, ce qui plonge le pays au fond du gouffre. Face à cette situation incontrôlable, de nombreuses entreprises, pourvoyeuses d’emplois, s’apprêtent à interrompre définitivement leurs activités, pour cause d’insécurité, prévient ADIH. «Le pays tout entier est victime d’actes d’enlèvements qui doivent cesser ! Les gens doivent vaquer à leurs occupations en toute tranquillité. C’est un droit fondamental dont (ils sont) privés», rappelle-t-il.

À cette situation s’ajoute « un dysfonctionnement douanier qui entraîne une pénurie de produits de première nécessité, occasionnant également de lourdes pertes liées à l’impossibilité d’exporter la production nationale.

Depuis plus d’un an, le quartier de Martissant est resté impraticable pour la population et est tombé totalement sous le contrôle de bandes armées qui volent, kidnappent, tuent et violent des citoyens, en toute impunité, sous le regard indifférent des autorités, souligne la CCI-Sud.

Un climat de terreur règne, en toute impunité, depuis le 1er juin 2021, à Martissant, après le déclenchement des hostilités entre gangs rivaux, sous le regard insouciant de l’État.

Une trentaine de citoyens ont été tués, lors des affrontements entre gangs de Martissant, qui ont éclaté les 1er et 2 juin 2021, a rappelé le Centre d’Analyse et de Recherche sur les Droits de l’Homme (CARDH). «Ces bandits armés détournent quotidiennement des cargaisons de marchandises, au carrefour Martissant-Fontamara. Ce phénomène appauvrit les familles et met en faillite les entrepreneurs du Grand Sud. L’anémie économique qu’elle crée, risque de déboucher sur une famine dégoûtante», regrette la Chambre de Commerce et d’Industrie du Sud. CCI-Sud souligne également comment « le sud de la péninsule est toujours à genoux et incapable de se remettre de sa chute, après le séisme du samedi 14 août 2021 » qui a causé des dégâts et des pertes d’environ 157 milliards de gourdes, dont près de 50% dans le logement, selon les autorités. La CCI-Sud reproche à l’État, qui continue de faire de “fausses” promesses et de collecter des impôts, par l’intermédiaire de la Direction Générale des Impôts (DGI), le fait que les contribuables “doivent prélever sur leur capital emprunté pour acquitter leurs impôts, car le climat d’insécurité ne permet pas aux entreprises de générer des bénéfices imposables.

La Chambre de Commerce et d’Industrie du Sud appelle le pouvoir de facto à prendre des mesures pour rétablir l’ordre et la sécurité sur le territoire haïtien, particulièrement à Martissant, pour permettre à la population du Grand Sud d’orienter légitimement ses activités sociales et économiques.

Plus de 3 400 000 personnes sont confrontées à cette urgence alimentaire. 33% de la population est menacée par cette urgence absolue, explique-t-il. La crise sécuritaire, l’inflation et le tremblement de terre d’août 2021 dans la péninsule sud sont les principales causes de la forte détérioration de la sécurité alimentaire dans tout Haïti.

Certains spécialistes pointent aussi, comme facteurs affectant la sécurité alimentaire: la hausse des prix du carburant et la forte hausse du taux de change de la gourde face au dollar, lesquelles hausses sont aggravées, ces derniers mois, par un nouveau facteur externe qui accentue l’appauvrissement de la population. En effet, la guerre entre la Russie et l’Ukraine fait monter en flèche les prix de tous les produits. Plus de 50% des produits de première nécessité sont importés. Le sud de la péninsule est la région la plus touchée par l’insécurité alimentaire.

Altidor Jean Hervé

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