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La guerre mise sur pause, la tension reste entière

Dans une note en date du jeudi 5 mai 2022, le Conseil National de Transition (CNT), issu de l’Accord du 30 août 2021, autrement appelé «Accord de Montana», dénonce une politique « génocidaire » de la communauté internationale en Haïti. Cette note intervient au moment où la guerre des gangs rivaux de la plaine du Cul-de-Sac bat son plein et où le bilan provisoire fait état d’une centaine de morts. Pour dire non à cette situation, les habitants de la zone ont manifesté pour exiger de l’État qu’il prenne ses responsabilités. Ces violences entre gangs armés, qui ont éclaté depuis le dimanche 24 avril 2022, ont poussé des milliers de personnes à fuir leurs domiciles.

Un calme apparent et précaire règne à La Plaine, depuis le vendredi 6 mai dernier, après près de 2 semaines d’affrontement entre les gangs 400 Mawozo et Chen Mechan. L’inquiétude est cependant présente, même si l’on observe le retour de certains réfugiés. La circulation a repris mais les écoles n’ont pas rouvert leurs portes. Pour le moment, aucune explication n’est fournie sur le repli de 400 Mawozo après 12 jours d’intenses combats avec son rival Chen Mechan. Malgré ce repli, la tension règne encore un peu partout dans la plaine du Cul-de-Sac.

Entre temps, plusieurs centaines de personnes ont gagné les rues, dans la Plaine du Cul-de-Sac, de Bon-Repos au Carrefour-Shada, le vendredi 6 mai 2022, pour dénoncer les violences armées des gangs rivaux 400 Mawozo et Chen Mechan, dans la commune de la Croix-des-Bouquets et ses environs. «Nos enfants n’arrivent pas à se rendre à l’école. Nous n’allons pas fuir la zone pour la laisser aux bandits. Nous exigeons le départ de ce gouvernement de facto», ont exprimé beaucoup de manifestantes et manifestants.

«Nous demandons la paix», ont-ils scandé, lors de la manifestation encadrée par des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH).

Les protestataires accusent le gouvernement américain d’être responsable de tout ce qui se passe en Haïti, particulièrement l’Américaine, Helen Meagher La Lime, cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), qui, selon eux, aurait « fédéré les gangs armés ».

Ils condamnent le silence déconcertant du gouvernement de facto, dont le premier ministre de facto, les titulaires de facto de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, ainsi que de la Défense, sur les violences perpétrées par les gangs armés, depuis le 24 avril 2022, dans la Plaine du Cul-de-sac.

Face à cet état de fait, le CNT, dans une note, encourage les actrices et acteurs politiques haïtiens à se concerter, pour contraindre la Communauté Internationale à établir un autre modèle de relation avec Haïti, basé sur le respect des droits humains, la dignité du peuple, la démocratie et un État construit sur la loi.

« L’Accord du 30 août (2021) n’entrera pas dans cette politique génocidaire, qui tend à exterminer le peuple haïtien. Nous ne voulons pas croire que la seule façon que la plus grande puissance mondiale trouve à défendre ses intérêts en Haïti, c’est de détruire le peuple haïtien », relève le CNT qui dit espérer un changement de cette politique.

Selon les dernières estimations, environ 100 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, et plus de 70 autres blessées, dans les affrontements violents, entre les gangs armés rivaux, qui ont éclaté depuis le dimanche 24 avril 2022, dans les communes de Croix-des-Bouquets et Tabarre (municipalités au nord-est de la capitale, Port-au-Prince) et à Cité-Soleil (au nord), selon des chiffres fournis par les Nations unies, citant plusieurs sources. Au moins 12 maisons ont été délibérément incendiées et cinq personnes auraient été brûlées vives, au cours d’événements à Cité-Soleil.

Près de 1 700 écoles sont actuellement fermées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, relève, pour sa part, le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (Unicef), dans un communiqué. Cette situation affecte grandement l’avenir de 500 mille enfants qui ont perdu l’accès à l’éducation, en raison de la violence liée aux gangs, a déploré l’UNICEF. À cela, il faut ajouter les 9 000 déplacés, fuyant la guerre.

Altidor Jean Hervé

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