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Assassinat de Me Dorval : le dossier n’a jamais été transmis au cabinet du juge

Dans le dossier de l’assassinat du Bâtonnier, Monferrier Dorval, le juge d’instruction en charge du dossier, Loubens Elysée, décline toute responsabilité quant au blocage ou retard de l’instruction dont on l’accuse, précisant que le dossier n’a jamais été transmis à son cabinet.

«Je n’ai jamais vu le dossier, le greffier non plus ne l’a jamais reçu», a révélé le juge d’instruction, Loubens Élysée. Il rejette aussi les allégations selon lesquelles il manifeste un quelconque désintérêt pour l’enquête. En effet, après la sortie du Conseil de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince sur le manque d’intérêt du juge instructeur pour l’enquête sur l’assassinat de Me Monferrier Dorval, le magistrat Loubens Élysée a adressé une correspondance à la Bâtonnière, Marie Suzy Legros, pour faire la lumière autour de cette affaire. «Je suis un professionnel, je ne peux me désintéresser de mes activités professionnelles. Sauf que j’ai le droit d’exiger des conditions et des moyens de faire correctement mon travail. Surtout que dans cette affaire, il y a un premier juge qui a démissionné, en raison des menaces dont il était l’objet», se défend le magistrat, dans cette correspondance datée du 31 janvier 2022.

Pour justifier ses dires, Me Élysée fait part d’un ensemble d’obstacles rencontrés depuis sa désignation pour instruire le dossier. Selon ses dires, plusieurs requêtes adressées aux autorités compétentes sont restées sans réponse. Aussi, le magistrat informe avoir demandé au D. G. a. i. de la Police de mettre des agents à sa disposition, pour assurer sa sécurité mais n’a pas eu de réponse, jusqu’à présent. Il avait également demandé au greffier en chef au Parquet de déposer le dossier dans un coffre-fort à la Banque centrale. Malheureusement, quelques jours plus tard, des individus allaient entrer par effraction au Tribunal et dérober le coffre contenant ledit dossier. Outre ces difficultés, le Juge d’instruction soutient qu’il ne peut pas travailler sur le dossier parce qu’il ne l’a pas encore reçu. «Dans l’objectif de vous rappeler ou vous informer, depuis le 5 octobre 2021, le doyen m’a nommé juge pour instruire le dossier. Je n’ai jamais vu le dossier, le greffier non plus ne l’a jamais reçu», a-t-il révélé, ajoutant que le doyen [Me Bernard Saint-Vil, ndlr] est en contact avec la DCPJ pour reconstruire le dossier.

«Si toutes ces démarches sont une preuve de désintérêt pour ma propre activité professionnelle, je suis désolé et je ne garantis à personne que je me lasserai de continuer à le faire», a fait savoir Me Élysée qui dit également espérer que la Bâtonnière ne considérera pas cette correspondance comme un rapport sur son activité professionnelle, mais comme un prétexte pour bloquer cette campagne de marginalisation outrancière dont il est l’objet.

Nouveau juge d’instruction sur le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse

À la suite du déport du magistrat Garry Orélien dont le mandat de 3 mois n’a pas été renouvelé, également soupçonné de corruption et sous enquête du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), Me Bernard Saint-Vil, Doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, a choisi le juge Jean Chavannes Étienne pour poursuivre l’instruction du dossier de l’assassinat du Président Jovenel Moïse.

Décès du docteur Makindi Guerrier : «se yon konplo, se pa kidnapin ke l ye»

Si les informations laissant croire que le docteur a été touché par balles alors qu’il essayait d’échapper à une tentative de kidnapping, Esther Laguerre Guerrier, épouse du défunt, a porté un démenti pour qualifier l’action, d’un complot bien monté. En effet, Esther Laguerre Guerrier a décidé de sortir de son silence pour essayer d’expliquer les faits qui ont conduit à l’assassinat de son mari, Makindi Guerrier, qui était un chirurgien-dentiste. Sur les ondes de Radio Caraïbes, la femme du défunt a fait des révélations qui ont étonné plusieurs internautes sur les réseaux sociaux. «Moun lan tèlman konnen gen yon kamera nan klinik lan ki bay sou lari a, li pa pake machin lan bò kamera a. Machin lan te gen tan la, se pandan n ap deplase, machin lan fè yon ti bak sou nou, epi 2 jèn gason desann avèk gwo zam nan men yo. Youn di: «se ou ki doktè Guerrier Makindi? Makindi di wi. Epi, sa w tande a, li tire. Valiz mwen nan machin lan, yo pa di m bay li. Zam mari m nan machin lan, yo pa di bay li. Yo pa fouye machin lan. Yo annik fin tire, epi yo ale», a-t-elle expliqué.

Ce qui laisse Esther Laguerre Guerrier à croire en la théorie du complot, en lieu et place d’une tentative de kidnapping dont son mari voulait s’échapper. «Yon konplo ki kapab vini de siksè nou», a-t-elle fait savoir.

Rappelons que le Dr Makindi Guerrier, ainsi que sa femme, ont été victimes, le samedi 4 décembre 2021, d’une attaque armée, tandis qu’ils étaient en voiture, à Bois-Verna, à proximité de Gilles médical Center. Lors de cette attaque, il a reçu plusieurs balles qui l’ont mis dans un état critique. Le chirurgien-dentiste était en soins intensifs, avait confié une source proche de la victime. Faute de moyens, les proches et amis du médecin chirurgien-dentiste avaient lancé un appel à l’aide. Malheureusement, Makindi Guerrier est décédé le 12 décembre 2021, en laissant derrière lui sa femme et ses deux enfants.

SOGENER, les interdictions de départ, levées

Après la restitution de tous les biens saisis de la SOGENER S.A., Me Jacques Lafontant, Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, a ordonné, le mercredi 2 février 2022, au Directeur de l’Immigration et de l’Émigration, la levée des mesures d’interdiction de départ contre les responsables de la SOGENER, Jean-Marie Vorbe, Réginald Marc Jean Vorbe, Albert Edouard Dimitri Vorbe, Jean-Marie Roger Lefèvre et Agnès Elisabeth Débrosse Préval dite Elisabeth Débrosse Préval. Ces interdictions de départ, émises contre Jean-Marie Vorbe, Réginald Marc Jean Vorbe, Albert Edouard Dimitri Vorbe, Jean-Marie J. R. Lefèvre et Elisabeth Débrosse Préval, ont été levées le mercredi 2 février 2022. Par voix d’une correspondance adressée au Directeur de l’immigration et de l’émigration, le substitut du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Gérald B. Norgaise, informe de la décision du Commissaire du gouvernement, Me Jacques Lafontant, d’annuler les ordres d’interdiction de départ émis à l’encontre des personnes ci-haut mentionnées.

À rappeler, cette décision fait suite à l’ordonnance du Tribunal des Référés, rendue en date du 14 janvier 2022, par le juge Lucien Georges. Dans le cadre de l’affaire opposant l’État Haïtien à la SOGENER, les citoyens sus-cités sont accusés de présomptions de faux, usage de faux en écriture privée et publique, corruption et détournement de fonds publics.

Emmanuel Saintus

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