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Montana, un pas dans la bonne direction ou vers le chaos

Après l’application en demi-mots, de l’Accord du 11 Septembre, bénéfique au pouvoir en place, l’Accord du 30 Août, dit Accord de Montana, a fait un pas de géant vers la mise en place d’un gouvernement de rupture. C’est une avancée qui peut être synonyme de l’envenimement de la crise. À cet effet, en attendant l’applicabilité de l’Accord, au terme d’un «vote» réalisé, l’ancien gouverneur de la Banque de la République (BRH), Fritz Alphonse Jean, a été choisi par les délégués du Conseil National de Transition (CNT) pour diriger la transition politique au pays, à titre de président provisoire. Parallèlement, Steven Irvenson Benoît, ex-sénateur de l’Ouest, a, quant à lui, été choisi comme premier ministre.

Comme annoncé, l’équipe de l’Accord de Montana a réalisé son élection pour élire un président et un premier ministre pour diriger la transition de rupture tant prônée par les signataires de cet Accord. Ainsi le Conseil National de la Transition a organisé le dimanche 30 janvier 2022, les élections, afin d’élire un président provisoire et un premier ministre pour leur confier les clés du pays. Ces élections au niveau présidentiel ont été remportées par l’économiste Fritz Alphonse Jean qui était opposé à l’ancien sénateur Edgard Leblanc Fils. L’ancien Gouverneur de la Banque Centrale a obtenu 25 voix, alors que l’ancien Sénateur Edgard Leblanc en comptabilise 15. Lors de ce vote, deux (2) votes blancs ont été aussi comptabilisés sur un total de 44 délégués.

Par ailleurs, le candidat au poste de premier ministre provisoire, Steven Irvenson Benoît a été désigné chef du gouvernement de transition, avec 26 voix pour. Jean Hénold Buteau a obtenu 14 voix à l’issue d’un soi-disant deuxième tour, après qu’aucun des quatre candidats n’aient pu obtenir une majorité des votes. N’arrivant pas à se départager au premier tour pour le poste de premier ministre, l’ancien sénateur de l’Ouest, Steven Irvenson Benoit, qui avait totalisé 21 voix sur les 22 dont il avait besoin, l’a finalement emporté au second tour, face au docteur Jean Hénold Buteau qui, lui, avait obtenu 17 voix.

Au terme de ce processus, le candidat malheureux au poste de président provisoire, Edgard Leblanc Fils a salué l’élection de Fritz Alphonse Jean comme président pour diriger la période de transition, dans une logique de dialogue, de concertation et de compromis, liée à l’Accord de Montana, désireux de changer la vie du peuple haïtien. Fritz Alphonse Jean, de son côté, a félicité son adversaire pour son fair-play, tout en usant d’humilité.

Après ces avancées, plus d’un se demandent est-ce que cette nomination ou désignation n’a pas corsé davantage la crise au lieu d’apporter ne serait-ce qu’un brin de solution à cette crise multidimensionnelle qui ne cesse de s’accroître. D’ailleurs, le premier ministre de facto, Ariel Henry, n’a jamais manqué l’occasion de rappeler que le prochain président du pays sera élu par le peuple haïtien, à l’issue des prochaines élections. On se questionne déjà sur la date de la publication de l’arrêté relatif à la désignation des dirigeants de la transition: Fritz Alphonse Jean et Steven Irvenson Benoît, désignés pour diriger la transition. Notons que malgré l’élection de ces nouveaux dirigeants, quatre autres entités, parmi lesquelles: le pouvoir en place, devraient designer un représentant pour composer le collège présidentiel de cinq membres.

Par ailleurs, la France exprime ses préoccupations face à la crise en Haïti. Toutefois, elle n’accorde aucune importance particulière à la date du 7 février 2022, a souligné l’Ambassadeur français, Fabrice Mauriès, qui a appelé toutes les parties prenantes à œuvrer pour un accord inclusif.

Même son de cloche pour les États-Unis. Pour le premier Ministre de facto Ariel Henry, après le 7 février, pas d’objection a laissé entendre le Chargé d’affaires américain en Haïti, Kenneth Merten qui a, une fois de plus, plaidé en faveur d’une entente entre les acteurs haïtiens pour résoudre la crise. Il a rappelé que les États-Unis sont partisans d’une solution haïtienne. Sur la question du 7 février, il a cité en exemple des premiers ministres qui sont restés en poste après le départ des Présidents.

Emmanuel Saintus

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