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La rareté du carburant accentue la crise économique

Lors de l’installation des nouveaux ministres de son gouvernement, le premier ministre a profité pour faire savoir que les caisses de l’État sont vides et que son gouvernement fonctionne à crédit. Selon le premier ministre de facto, sur les 254 milliards de gourdes de prévisions budgétaires pour l’exercice 2020-2021, seules 96 milliards ont été collectées et 30 milliards de gourdes ont été utilisées pour subventionner le carburant. Une façon pour le chef de la Primature de justifier la nécessité d’augmenter les prix des produits pétroliers à la pompe. Le stockage à outrance du carburant est la cause de la pénurie, assure M. Marc André Dérifonce, président de l’Association Nationale des Propriétaires de Stations à essence (ANAPROSE). Toutefois, le directeur de l’Agence Nationale de Régulation du Secteur de l’Énergie (ANARSE), M. Évenson Calixte, recommande une enquête, afin d’identifier les secteurs qui détournent le carburant destiné aux stations à essence.

L’ANARSE dispose d’informations faisant état de la disponibilité de 3 millions de barils de gazoline et 4 millions de barils de diesel dans les deux terminaux de Varreux et de Thorland. Plus de 300 000 gallons d’essence sont distribués quotidiennement, informe M. Calixte qui reste perplexe sur les causes de la rareté dans les stations à essence. Le directeur de l’ANARSE révèle également qu’au moins deux compagnies sont en rupture de stock. Pour résoudre ce problème, il presse les responsables des compagnies pétrolières à avoir recours au système habituel de prêt, afin de rendre le carburant disponible dans toutes les stations.

Le carburant disponible est rapidement acheté et stocké par des entrepreneurs, des automobilistes et des marchands ambulants. Les opérateurs affichent un comportement irrationnel, redoutant une nouvelle pénurie de produits pétroliers. Le stockage à outrance de l’essence provoque une pénurie, puisque de nombreux opérateurs ne peuvent avoir accès à ce qui est disponible dans les stations. Selon les spécialistes, il faudrait maintenir la distribution à un rythme régulier, sur au moins 6 semaines, pour espérer mettre un terme au stockage à outrance.

Ariel Henry a fait remarquer que, pour chaque gallon de gazoline acheté à la pompe sur le marché local à 201 gourdes par n’importe qui, l’État fait un déficit de 259 gourdes. «Pour un gallon de diesel de 169 gourdes, l’État fait une subvention de 210 gourdes. Pou yon sitwayen ka achte yon galon kewozèn pou 163 goud, Leta blije mete 195 goud pou li», s’est avancé le chef du gouvernement. Pour Ariel Henry, cette situation ne peut pas continuer. «À l’avenir, on ne pourra même plus commander de carburant», a prédit le chef du gouvernement.

Après avoir fait des considérations et donné des explications sur la subvention de l’essence, Ariel Henry a annoncé que, de concert avec les gens concernés par la question des produits pétroliers, il aura à prendre des décisions en faveur du pays, ce qui laisse croire qu’il y aura bientôt une augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe, sur le marché local.

Notons que la pénurie de carburant et la grave crise sécuritaire ont aussi empêché les agriculteurs de la province d’acheminer les denrées vers la capitale. Dans le même temps, des produits importés ont été bloqués dans les ports. À cet effet, les prix des produits de premières nécessités ont enregistré une hausse vertigineuse au cours des dernières semaines.

Face à cette situation, le secteur syndical, à travers la Confédération des Travailleuses et Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP), la Confédération des Travailleuses et Travailleurs Haïtiens (CTH), la Centrale Nationale des Ouvrières et Ouvriers Haïtiens (CNOHA) et l’Entèsendikal Premye Me Batay Ouvriye (ESPM-BO), réclame un ajustement du salaire minimum en faveur des travailleuses et des travailleurs.

Altidor Jean Hervé

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