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«Il fut un temps, nous étions un peuple»

Nous ne le sommes plus, peut-être ne le serons-nous plus jamais, ce que nous avions été. Il fut un temps, nous étions un pays, une patrie, un peuple, une nation, digne de l’appellation de la Première République Noire du Monde. Et, comme disait maître Montferrier Dorval, l’une des dernières belles têtes que l’Ayiti d’après 1986 ait connu: «il fut un temps, être Ayitien était une fierté.» Une fierté issue de la plus grande guerre de libération que l’histoire moderne, si ce n’est la plus remarquable et déterminante qui ait vu le jour, à la face de l’humanité tout entière. Honneur et gloire éternelle à nos ancêtres qui se sont ralliés à des Dieux, pour briser les chaînes du triple système colonialiste, esclavagiste et raciste des Blancs qui, dans leur avidité de diriger le monde, ont inventé l’esclavage qui, quand il n’est pas physique, est mental et psychologique, en vue de s’ériger en maîtres et seigneurs sur terre. Comme par magie, toutes les grandes puissances d’aujourd’hui sont des anciens colonisateurs, des néo-colonisateurs, des impérialistes, des racistes et des ségrégationnistes.

Que de nations et de peuples de par le monde ont bénéficié de notre internationalisme, de notre foi en la liberté et aux principes d’autodétermination des peuples, de notre générosité, de notre hospitalité, de nos savoirs, de nos savoir-faire et de notre culture! Qu’avons-nous fait à nos amis de la Communauté internationale, pour qu’ils nous détestent au point de vouloir, à tout prix, nous plonger dans le chaos et le génocide les plus absolus?

En effet, il fut un temps où nous étions un pays, une patrie, un peuple, une nation, fière de son passé, à la hauteur de son présent, tout en projetant son avenir avec bravoure, honneur et dignité. Un symbole de liberté et de la dignité humaine. Un peuple qui, le 18 novembre 1804, à Vertières, dans le département du Nord, a dit non à l’exploitation de l’homme par l’homme, à l’esclavage et à la ségrégation de classes et de races et célèbre la plus grande des victoires d’esclaves aux dépends de leurs bourreaux, aux Gonaïves, le 1er janvier 1804, sous le commandement de l’intrépide Général Jean-Jacques Dessalines. Une nation qui a fait la fierté, l’honneur et la dignité, non seulement de la race noire, mais aussi de la race humaine et de tous les peuples qui luttent pour se défaire des jougs de l’esclavage, de l’exploitation, des injustices sociales et des ségrégations de toutes sortes et de toutes natures.

Et ce peuple-là, c’était nous, et c’est encore nous, Peuple Ayitien, fils et filles de Toussaint L’ouverture, de Jean-Jacques Dessalines, de Henry Christophe, de Capois La Mort et, malgré eux, de Pétion et de Boyer. Ne l’oublions jamais ! De l’avoir fait une fois, nous pouvons le refaire encore. Pour ce faire, il nous faut rapatrier notre indépendance, restaurer l’homme et la femme ayitiens, remembrer nos institutions, relancer la production nationale, nationaliser l’économie et surtout reconnaître, que l’ennemi commun, ce n’est pas nous, c’est eux.

24/11/2021

Kmi-Lingus

Jean Camille Étienne, Arch. Msc. en Politique et Gestion de l’Environnement

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