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La Dominicanie tente d’exercer un chantage sur Haïti

Haïti

Plusieurs dizaines de femmes enceintes ont été déportées par l’Immigration Dominicaine, a dénoncé des responsables d’organisation de défense des droits humains. Ces organisations haïtiennes ont critiqué ces rapatriements, indiquant que des mauvais traitements ont été infligés aux ressortissants haïtiens après leur arrestation.

Selon la présidente du Comité des droits de l’homme de Belladères, Mme Marie Yolaine Vertus, elle est exaspérée de ces violations des droits humains et appelle à des discussions entre les autorités des deux pays pour trouver une solution au problème. De l’avis de Mme Vertus, les opérations de l’Immigration dominicaine sont réalisées sur l’ensemble du territoire, dans les hôpitaux publics.

Certaines victimes ont indiqué qu’elles résident depuis plusieurs années en République Dominicaine. Les rapatriés sont accueillis et reçoivent une assistance de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), de l’Office Nationale de la Migration (ONM) et de quelques ONG haïtiennes, dont le Groupe d’Appui aux Réfugiés et Rapatriés (GARR).

Un rapport publié par le ministère dominicain de la Santé publique (MSP-DESP-02043-2021) sur la situation actuelle que traversent les hôpitaux publics à l’échelle nationale avec les immigrants haïtiens illégaux qui reçoivent des services et des soins, révèle qu’en en 2018, 102 205 accouchements ont été effectués à l’échelle nationale: 87% dominicain et 12,50 % haïtien (14 693 naissances). En 2019, 117 507 accouchements ont été effectués à l’échelle nationale 76% dominicain et 23% haïtien (27 984 naissances). En 2020, 111 090 accouchements ont été effectués à l’échelle nationale 72,5% dominicain et 27,20% haïtien (30 322 naissances). En 2021, (chiffre partiel en date de septembre 2021) 82 521 accouchements ont été effectués, à l’échelle nationale: 70% dominicain et 30% haïtien (24 376 naissances). La tendance des naissances quotidiennes (janvier à septembre), dans les hôpitaux publics, était de 159 accouchements pour les femmes dominicaines et 88 accouchements pour les femmes haïtiennes. Si la tendance se maintient, d’ici la fin de 2021, le nombre de naissances chez les femmes haïtiennes pourrait s’élever à 36 000, soit 40 % de l’ensemble des accouchements effectués dans les hôpitaux publics de la République Dominicaine. Les provinces les plus touchées par ce phénomène sont: le District National, Santo-Domingo, Santiago, Altagracia et Valverde.

Selon le rapport du ministère de la Santé dominicaine, les ressortissants haïtiens paient, pour une naissance, 25 000 gourdes en Haïti, soit 252 dollars US (taux conversion 13 sept, 2021). En République Dominicaine, l’accouchement dans les hôpitaux publics est assumé dans son intégralité par l’État Dominicain. «C’est pourquoi les femmes haïtiennes choisissent de se tourner vers notre système de santé, à la recherche de soins sûrs, de qualité et plus économiques. Chaque accouchement naturel coûte 5 348 pesos et les césariennes 10 917 pesos. Citant en exemple le cas de l’hôpital Estrella Ureña de Santiago qui, pour les 9 premiers mois de l’année 2021, a investi plus de 14 millions de pesos pour couvrir les césariennes et les accouchements naturels des femmes haïtiennes (1 436 accouchements naturels et 591 césariennes) auxquels s’ajoutent des frais de complications pour les femmes haïtiennes, indique le rapport qui souligne: «la gravité de l’état de santé des patientes haïtiennes est beaucoup plus élevée par rapport aux femmes dominicaines, en raison de leur mode de vie. Elles souffrent d’anémies, elles n’effectuent pas de bilans prénataux en temps opportun, ce qui oblige certaines patientes à être admis aux soins intensifs, consommant plus de 1 million à 2 millions de pesos si elles nécessitent une assistance respiratoire, des analyses de laboratoire, des médicaments, entre autres…»

Au cours des derniers mois, des officiels dominicains s’étaient plaints du fardeau financier que constituent les accouchements de femmes haïtiennes dans les hôpitaux publics.

De plus, des Organisations de la société civile regroupées au Sein du Conseil National de la société civile Ayitienne ont critiqué le comportement du gouvernement dominicain. Le Conseil National qui qualifie d’atrocité le traitement infligé à ces femmes, appelle les deux pays à prendre la voie du dialogue, en vue de résoudre leurs différends.

«Le Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA) dénonce le comportement arbitraire, déraisonnable et fantaisiste du Gouvernement dominicain pour ces mesures qui sont en non-conformité au respect des droits humains», a dit Joseph Domingue Orgella.

Selon le Conseil, cette chasse aux ressortissants haïtiens, lancée par le gouvernement dominicain, est inhumaine car ils interdisent l’accès aux soins de santé à nos frères et sœurs sans papiers et déportent massivement même les femmes enceintes, ce qui est révoltant et inacceptable ! Des vidéos tournées en boucle sur les réseaux sociaux montrent les mauvais traitements infligés aux femmes, lors de la déportation, et la férocité avec laquelle ils traquent nos frères qui squattérisaient une école en construction.

Le CNSCA invite les autorités haïtiennes à faire tout ce qui est possible, en vue de protéger nos sœurs et frères de l’autre côté de l’île et de défendre avec maestria leurs droits bafoués et piétinés.

Emmanuel Saintus

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