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Barbecue, un chef de gangs, pas un leader politique

Barbecue

Les passes d’armes se sont multipliées ces derniers jours entre le Gouvernement de fait d’Ariel Henry et le chef de gang G-9: Jimmy Chérisier. Comme il en a l’habitude, Jimmy Chérisier, alias Barbecue, s’adonne à ces démonstrations de force, uniquement pour tenter d’impressionner l’ennemi. En effet, le mercredi 27 octobre au matin, Liszt Quitel, le ministre de l’Intérieur, sur instruction du Premier Ministre a. i, Ariel Henry, accompagné d’une quinzaine de policiers, s’est rendu au terminal de Varreux, à Cité-Soleil, contrôlé par la coalition de Gangs «G-9 et alliés», dans le but de trouver un couloir sécuritaire pour les camions transportant les produits pétroliers. Toutefois, le cortège du ministre a été mis en déroute par des tirs d’armes automatiques d’individus contrôlant la zone. L’attaque n’a fait heureusement aucune victime. En conséquence, les stations-services sont restées fermées à Port-au-Prince comme en province, faute de carburants.

Parallèlement, l’approvisionnement d’urgence en carburants, d’hôpitaux, de la DIGICEL et des installations aéroportuaires, entre autres, a démarré à partir du terminal pétrolier de Thor (Carrefour). Cet approvisionnement était rendu possible grâce à la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui escortait les camions-citernes. Notez que le terminal pétrolier de Varreux (70% des capacités de stockage d’Haïti) demeure toujours inaccessible et sous le contrôle du «G-9». Devant la situation qui commence à devenir très inquiétante dans plusieurs hôpitaux publics et privés, face à leur incapacité à renouveler leurs stocks de carburant, Jen Psaki, la porte-parole de la Maison Blanche, a annoncé que les États-Unis allaient aider à la livraison des produits pétroliers sur le marché haïtien et va accompagner la PNH afin de sécuriser les routes pour permettre la livraison de ces produits dans les stations-services et dans tous les endroits prioritaires. «Nous travaillons sur la pénurie d’essence et nous sommes concentrés sur la façon d’appuyer la PNH dans ses efforts pour sécuriser le passage et permettre la livraison de produits pétroliers. C’est un défi. Bien entendu, nous savons qu’il y a des zones en Haïti où il n’est pas facile de se rendre. Quand vous ajoutez la menace que représente l’insécurité, c’est une préoccupation». Toutefois, on ne connaît pas encore comment se traduira le soutien américain sur le terrain pour assurer la livraison du carburant en Haïti. Notez que pour renforcer le stock de carburants déjà existant, 240 000 barils de produits pétroliers sont arrivés, le mercredi 27 octobre à Port-au-Prince, à bord du navire Ridgebury Alexandra Z (160 000 barils de diesel et 80 000 barils de gazoline). Trois autres navires sont attendus dans la fenêtre du 28 au 31 octobre 2021, en espérant que ces bateaux pourront décharger leur précieuse marchandise, ce qui, jusqu’à présent, pour des raisons sécuritaires, est impossible.

À rappeler que le mardi 26 octobre 2021, l’ex-policier, Jimmy Chérizier alias «Barbecue», qui se prend pour le chef révolutionnaire du groupe de gangs «G-9», sous mandat d’amener, activement recherché mais toujours libre, a exigé, en conférence de presse, la démission du Premier Ministre a. i, Ariel Henry, comme condition pour permettre la reprise normale de la distribution de carburant sur le territoire national. «Notre demande est claire, pure et simple. Nous demandons la démission du Premier Ministre Ariel Henry».

Rappelons que les accès aux terminaux pétroliers de Varreux et de Thor sont sous le contrôle de bandes armées, rendant impossible la distribution de carburant et provoquant une pénurie aux graves conséquences qui atteint un seuil critique. Le manque de carburant affecte le fonctionnement des entreprises, des usines, des commerces, des institutions publiques, les systèmes de communication, des hôpitaux, lesquels utilisent des génératrices électriques pour pallier les interruptions de plus en plus fréquentes de distribution d’électricité. La plupart des centrales de l’EDH dépendent également du carburant, à l’exception du barrage hydroélectrique de Péligre et de quelques minicentrales électriques solaires.

Barbecue a expliqué qu’Haïti n’avait pas besoin que 5% de la population contrôle 85% des richesses du pays ni qu’un «petit groupe de vagabonds», depuis 25-30 ans, fasse de la politique. Il affirme: «je pense que le moment est venu pour nous, les jeunes, de prendre en main le destin du pays.»

Emmanuel Saintus

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