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La grève ne fait ni chaud ni froid à Ariel

Devant la faillite des autorités policières et judiciaires, par rapport à l’insécurité galopante, caractérisée notamment par les actes de kidnapping, des responsables d’associations de chauffeurs et de propriétaires de véhicules assurant le transport en commun ont lancé une grève illimitée, à partir de ce lundi 18 octobre 2021, à Port-au-Prince et dans les villes de province. Le premier jour de la grève a été suivi par les citoyens au niveau de la capitale, Port-au-Prince, et des communes avoisinantes.

Dans la commune de Pétion-Ville, des pneus enflammés ont été remarqués dans le quartier de Pèlerin 5. À Portail Léogâne, une zone qui regroupe plusieurs gares routières (stations d’automobiles), aucun véhicule de transport en commun, assurant le trajet tant à l’intérieur de la Capitale qu’au niveau des villes de province, n’a été remarqué. Les portes de divers établissements scolaires visités sont encore fermées, aucun élève n’a été constaté à travers les rues de Port-au-Prince, aucune présence de marchandes n’a également été remarquée à proximité de la plupart des écoles.

En dépit de l’annonce de cette grève, largement suivie, la liste des otages ne cesse de s’allonger. En plus des otages haïtiens retenus par les gangs armés, ces derniers ont à leur disposition 17 missionnaires étrangers dont des américains et exigent 1 million de dollars américains par tête (soit 17 millions de dollars), en échange de leur libération.

De plus, depuis plus d’une semaine, autour du terminal de Varreux, à Cité-Soleil, plusieurs camions-citernes de carburant ont été interceptés et détournés par des hommes lourdement armés, a déploré Marc Antoine Nési, porte-parole de l’Association Nationale des Propriétaires de Stations-Service (ANAPROSS). Au cours de la seule semaine du 4 au 9 octobre 2021, au moins 5 tankers de produits pétroliers ont été détournés par des gangs qui ont trouvé là un nouveau marché très lucratif. Cette situation d’insécurité tend à compliquer davantage la rareté de carburant aux pompes, pour le consommateur. Le secteur privé, face aux risques croissants, est de plus en plus réticent à vouloir distribuer le carburant aux stations-services. Marc Antoine Nési prévient que les propriétaires des stations-services pourraient bientôt suspendre leurs activités, si rien n’est fait pour mettre les bandits armés hors d’état de nuire, afin de garantir un minimum de sécurité. Dans certains cas, le carburant est vendu au marché noir sur des sites sous contrôle des gangs. Dans d’autres cas, les gangs négocient une rançon pour rendre le carburant, le camion et son chauffeur. «C’est un défi de se rendre au terminal pour approvisionner le réseau de distribution. Tout le monde dans le secteur, transporteur ou propriétaire de station d’essence qui a son propre camion, est à l’arrêt,» a déclaré Marc André Dériphonse, responsable de l’ANAPROSS et transporteur de produits pétroliers. «C’est la situation au moment où nous nous parlons».

De son côté, David Turnier, le Président de l’Association Nationale des Distributeurs de Produits Pétroliers (ANADIPP), affirme que ses membres vivent la même situation face aux bandits qui détournent des camions. «La situation est catastrophique. Nous perdons presque 50% de notre volume à la pompe».

Entre les gangs, les efforts insuffisants de la Police Nationale d’Haïti (PNH) de mettre fin aux activités des gangs et l’approvisionnement du carburant acheté par l’État en quantité insuffisante, le calvaire des automobilistes ne semble pas devoir prendre fin de sitôt et le consommateur va devoir continuer de payer de plus en plus cher son transport et celui des produits de consommation, si le Gouvernement ne fait rien, très rapidement.

Emmanuel Saintus

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