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À quand un accord unique?

Le Parti Populaire National (PPN) et Fanmi Lavalas ont signé l’accord de la Commission citoyenne pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise, qui propose un Gouvernement de transition bicéphale (Président et Premier Ministre) et rejette la proposition du Premier Ministre de facto, Ariel Henry, qui préconise un exécutif monocéphale.

Le lundi 6 septembre 2021, le secrétaire général du Parti Populaire National (PPN), Keny Bernadin, a paraphé l’accord de Montana, dans les locaux du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH). Également, la coordonnatrice nationale du Parti Fanmi Lavalas, Dr Maryse Narcisse, a signé, le vendredi 3 septembre 2021, dans les locaux du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le document d’«Accord du 30 août», présenté à l’hôtel Montana, sous l’égide de la Société Civile. Le Porte-parole du Parti Fanmi Lavalas, Jodson Dirogène, a indiqué que l’accord proposé par la Société Civile se rapproche le plus des revendications du Parti Fanmi Lavalas et de la population en général.

Entre temps, le parti politique Unir de Clarens Renois invite les actrices et acteurs politiques à rassembler leurs propositions, pour aboutir à une seule solution consensuelle. Un accord politique demeure nécessaire, pour ramener une certaine stabilité politique et établir des autorités légitimes au pouvoir, à travers des élections, soutient le parti politique Union Nationale pour l’Intégrité et la Réconciliation (UNIR). «Nous devrions prioriser les éléments acceptables et réalisables dans chaque proposition, pour dégager un seul accord, parce que nous n’avons qu’un seul pays», a dit Clarens Renois, coordonnateur national du parti politique Unir. «Ces différents groupes doivent s’asseoir ensemble, autour d’une table, pour discuter entre Haïtiennes et Haïtiens».

L’ancien sénateur de l’Ouest et candidat à la présidence aux dernières élections, Steven Benoit, appelle à la mise en place d’un Gouvernement de Salut Public pour résoudre la crise multidimensionnelle à laquelle fait face le pays. L’ex-parlementaire croit que seul un gouvernement de transition, issu d’un dialogue franc et sincère, pourrait nous sortir de ce marasme.

De son côté, le président du Sénat haïtien, Joseph Lambert, rejette d’un revers de main la proposition d’accord de la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise. Le sénateur Lambert dit s’attacher à l’accord de la Plateforme d’Entente Nationale, paraphé par 250 organisations et partis politiques, faisant de lui le prochain président du pays. Le Sénat constitue le seul îlot de légitimité dans le pays, a martelé M. Lambert, faisant valoir que seuls les 10 élus peuvent prendre des décisions au nom du peuple. Fort de l’appui du Sénat et des partis politiques signataires de l’accord du PEN, M. Lambert préconise le dialogue, afin de parvenir à un large consensus, indispensable pour une solution durable à la crise.

Par ailleurs, dans une correspondance adressée à Magalie Comeau Denis de la Commission pour la Recherche d’une Solution Haïtienne à la Crise, l’ancien sénateur Youri Latortue, coordonnateur national de Ayiti An Aksyon (AAA), a précisé les raisons pour lesquelles son parti n’a pas signé l’accord du 30 août. Sa démarche, dit-il, vise à couper court à toute mésinterprétation. Il précise que le PEN a accepté de former un Comité d’harmonisation de son accord (en date du 9 juillet 2021), avec celui préconisé par votre secteur, en vue d’aboutir à un accord unique. Le Comité de négociation a accepté d’appuyer la plupart des termes de l’accord, défendus par vous, au lieu de rester figé dans l’accord du PEN dont Ayiti An Aksyon est signataire. Le Comité a accepté de revenir sur l’appui à la résolution du Sénat de la République, qui avait retenu le Sénateur Joseph Lambert comme Président. Cette démarche, ajoute-t-il, comme vous vous en rappelez, avait pour qualité principale de rester le plus proche possible de l’esprit de la loi. Le Comité a accepté de revenir sur l’appui du choix d’Ariel Henry qui avait eu le soutien du PEN, dans la logique d’une cohérence visant à apaiser le climat inflammable dans lequel le pays se retrouvait, à ce moment précis de la signature de l’accord du PEN. Le Comité a accepté votre dilution du vote global du secteur politique, au profit d’une présence renforcée de la société civile ; et finalement, le Comité a accepté également, la dilution de l’influence du PEN, au sein du secteur politique, tel que conçu dans votre version d’accord politique.

Emmanuel Saintus

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