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La trace des pilleurs-voleurs PHTK

Des journalistes sont violemment agressés, des magasins et des banques sont pillés et incendiés. Une vive tension a régné le vendredi 23 juillet dans la ville de Cap-Haïtien, après les funérailles de l’ancien président de facto Jovenel Moïse, assassiné dans la nuit du 6 au 7 juillet, en sa résidence privée àPèlerin 5, Pétion-Ville.

Un peu avant le début de la cérémonie des funérailles nationales du Président Jovenel Moïse, fixée à 10h00 a. m., des heurts avec la police et quelques dizaines de manifestants très motivés, ont été produits à l’extérieur de la propriété de la famille Moïse. Les manifestants, sympathisants de l’ancien président de facto, Jovenel Moïse, réclamaient justice, accusant les policiers d’avoir laissé mourir le président, sans intervenir. Des barricades de pneus enflammés ont été érigées dans plusieurs rues de la deuxième ville du pays, notamment dans les entrées principales de la Ville. Des individus, des militants, des membres de la population ont attaqué à coup de pierres, tous les véhicules, qui revenaient de la cérémonie funéraire, mêmes les membres du cortège n’étaient pas épargnés. Ils ont accusé les participants, notamment les officiels venant de Port-au-Prince, d’être responsables de l’assassinat de Jovenel. La Police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule qui, très en colère, s’est révélée incontrôlable dans ses actions contre le passage du cortège officiel, formé de personnalités de divers secteurs, venues assister à la cérémonie. « Ils ont tué notre président, nous réclamons justice», a scandé un jeune, âgé d’une vingtaine d’années environ.

Suite à ces mouvements de panique, les délégations des États-Unis et de l’ONU ont quitté précipitamment les funérailles. L’écho des coups de feu, la fumée de pneus enflammés, visible de loin et l’information rapportée au niveau du stand des délégations diplomatiques, ont poussé le service de sécurité à évacuer précipitamment la délégation américaine du site et plusieurs autres dignitaires présents aux obsèques. Cette évacuation fut suivie, quelques minutes plus tard, par le départ sous protection de la Représentante Spéciale de l’ONU en Haïti, Mme Helen La Lime, Cheffe du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et de son entourage. Les convois officiels ont quitté le site sous haute protection et sous les injures et les huées des manifestants, pendant que s’est poursuivie, sans autres incidents, la cérémonie funéraire.

Dans l’après-midi, des rafales sporadiques d’armes automatiques ont été entendues. Par la suite, le magasin de Valerio Canez de Quartier Morin a été vandalisé, pillé et incendié. Plusieurs entreprises commerciales ont été attaquées et pillées par les protestataires, en marge des funérailles de Jovenel Moïse, notamment au magasin Valerio Canez où la population, accompagnée d’hommes lourdement armés, a pillé (magasin et dépôt) et incendié les locaux, leur causant d’importants dommages.

René Max Auguste, le responsable du magasin, estime que les pertes et les dégâts dépassent les 2 millions de dollars américains. Il déplore l’absence d’intervention policière pour protéger le magasin, soulignant qu’il s’agit d’un mauvais signal pour les investisseurs locaux ou internationaux, de faire des affaires en Haïti. Il assure néanmoins que le magasin et le dépôt vont être reconstruits. Les 80 employés de Valerio Canez sont toujours sous le choc.

Emmanuel Saintus

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