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Enquête sur l’assassinat de Jovenel: une tempête dans un verre d’eau

Le dimanche 11 juillet, dans le cadre du suivi de l’enquête sur l’assassinat du dictateur Jovenel Moïse, Léon Charles, le Directeur Générale a. i. de facto de la Police Nationale d’Haïti (PNH), aux côtés du Premier Ministre a. i. de facto, Claude Joseph, en conférence de presse du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), a confirmé l’arrestation de Christian Emmanuel Sanon (63 ans, natif de la commune de Marigot), un médecin haïtien installé depuis une vingtaine d’années en Floride, considéré comme l’un des auteurs intellectuels de l’opération commando qui a tué Jovenel Moïse, le dictateur, dans sa résidence, le mercredi 7 juillet.

«Ce sont les interrogatoires, réalisés auprès des 18 Colombiens arrêtés, qui ont permis d’apprendre que Christian Emmanuel Sanon avait contacté une société de sécurité vénézuélienne nommée «CTU security», basée en Floride, afin de recruter les 26 membres du commando liés à l’assassinat du Président Jovenel Moïse», a précisé Léon Charles. «C’est un individu qui est entré en Haïti à bord d’un avion privé, avec des objectifs politiques», a déclaré Léon Charles. «À son arrivée dans le pays, en juin, Christian Emmanuel Sanon était accompagné de plusieurs ressortissants colombiens, chargés d’assurer sa sécurité.» La police l’accuse d’avoir recruté les Colombiens, dans le but de chasser le Président de facto du pouvoir et de prendre sa place.

Soulignant qu’après l’assassinat, « […] lorsque l’avancée des bandits a été bloquée, la première personne qu’ils [les colombiens] ont appelé était Emmanuel Sanon […] qui a son tour, a pris contact avec deux autres personnes que nous considérons comme auteurs intellectuels de l’assassinat du Président Jovenel Moïse», a indiqué Léon Charles, sans mentionner l’identité de ces deux autres auteurs intellectuels, pour ne pas interférer dans l’enquête en cours.

Il ajoute que lors de la perquisition de la résidence de Christian Emmanuel Sanon, « […] nous avons trouvé une casquette DEA, 6 étuis pour fusils et pistolets, des boites de cartouches 12 et 9 mm, 4 plaques d’immatriculation de la République Dominicaine, des chargeurs de pistolets non garnis, 2 véhicules et des correspondances adressées à plusieurs secteurs dans le pays».

Par ailleurs, la Police a pris des «mesures conservatoires» à l’encontre des responsables de la sécurité du Président Moïse et des informations sont en cours de collecte, afin de déterminer «le degré d’implication de chacun».

Dans la presse colombienne est évoquée l’hypothèse que les ex-militaires colombiens ont été trompés et ont servi de prétexte pour diriger les enquêteurs sur une fausse piste, afin de masquer les véritables assassins… De plus, le samedi 10 juillet, le Président de la République de Colombie, Iván Duque Márquez, a envoyé en Haïti une équipe de l’unité spéciale de la Direction des enquêtes criminelles de la police colombienne comprenant, entre autres, le Chef de la Direction nationale du renseignement, le Directeur du renseignement de la police nationale et des agents d’Interpol pour collaborer avec le Gouvernement et les enquêteurs de la Police Nationale d’Haïti (PNH) sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse dans lequel 26 citoyens colombiens sont impliqués.

Par ailleurs, Léon Charles, le Directeur Général a. i. de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a déclaré dimanche, que les enquêteurs haïtiens travaillaient en étroite collaboration avec le Gouvernement colombien, en vue de retracer le parcours des Colombiens ayant pris part à cette opération.

Vendredi 9 juillet, des sources de sécurité colombiennes ont déclaré que plusieurs Colombiens, soupçonnés de faire partie du commando lié à l’assassinat du Président Jovenel Moïse à sa résidence, avaient passé plus d’un mois en Haïti avant le meurtre, après être entrés par la République Dominicaine.

Selon un article du journal dominicain, Diario Libre, titré: «La République Dominicaine enquête sur le passage éventuel des assassins de Jovenel Moïse sur son territoire» («República Dominicana investiga paso de asesinos de Jovenel Moïse por territorio nacional.») paraphé par le journaliste Benjamin Morales a révélé qu’un haut gradé de la Police Nationale d’Haïti qui travaille dans l’une des 4 unités responsables de la sécurité présidentielle, serait en complicité avec les assaillants qui ont assassiné le Président Jovenel Moïse, en sa résidence privée, à Pèlerin 5, le 7 juillet 2021. Selon ce journal, le commando était composé de 7 mercenaires : quatre Colombiens et trois Vénézuéliens. Les premières théories sur l’assassinat du président haïtien, Jovenel Moïse, sont nombreuses. Selon un article du journal dominicain Diario Libre, signé par le journaliste Benjamin Morales, les autorités dominicaines enquêtent, pour confirmer ou infirmer, une hypothèse selon laquelle les assassins présumés du président haïtien Jovenel Moïse – un commando composé de soi-disant quatre Colombiens et trois Vénézuéliens – ont utilisé la République dominicaine comme base arrière pour prendre la fuite.

Des sources gouvernementales ont déclaré au journal Diario Libre qu’il existe plusieurs hypothèses de travail sur l’enquête liée à l’assassinat et que l’un des scénarios présente les sept Sud-Américains comme des entrepreneurs recrutés par des «personnes très puissantes en Haïti, qui se consacrent au trafic de la drogue et aux enlèvements contre rançon». Toujours selon cette hypothèse, les assaillants pourraient être en complicité avec un haut gradé de la police qui travaille dans l’une des 4 unités responsables de la sécurité présidentielle. Ce dernier aurait participé au complot et assoupli les mesures de sécurité au domicile du président, décédé au moment de l’attaque.

En outre, le vendredi 9 juillet 2021, le Général Jorge Luis Vargas Valencia, Directeur Général de la police nationale colombienne, a déclaré en conférence de presse à Bogotá, que quatre entreprises pouvaient avoir participé au «recrutement et au regroupement des personnes» impliquées dans l’assassinat du Président d’Haïti Jovenel Moïse, sans toutefois mentionner le nom de ces entreprises, en raison «de vérifications en cours». Ces hommes, dont 17 anciens militaires, se sont rendus en deux groupes distincts en Haïti, via la République Dominicaine.

Francisco Eladio Uribe Ochoa, un ancien soldat colombien membre du commando, arrêté en Haïti, a déclaré sur les ondes de W Radio en Colombie, qu’une entreprise de sécurité appelée CTU avait recruté son mari, pour se rendre en République Dominicaine le mois dernier, soit disant pour assurer la protection de certaines familles importantes, avec un salaire mensuel de 2 700 dollars américains… La femme, a déclaré que la dernière fois qu’elle avait parlé à son mari, était mercredi 7 juillet vers 22 heures, soit une vingtaine d’heures après l’assassinat du Président Jovenel Moïse, et il lui a dit qu’il était de service dans une maison où lui et d’autres personnes séjournaient, sans autres détails. «Le lendemain, il m’a écrit pour me dire au revoir, qu’il s’enfuyait, qu’ils l’avaient attaqué […] depuis je n’ai plus eu de contact avec lui», a déclaré son épouse qui en savait peu sur les activités de son mari et qui affirme qu’elle ignorait même qu’il s’était rendu en Haïti…

Notez que les ex-soldats colombiens, formés par les États-Unis, sont très demandés par les entreprises de sécurité privées pour participer dans les zones de conflit du monde entier, en raison de leur expérience au combat contre les guérillas des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et les puissants cartels de la drogue. Mais aussi pour des exécutions contre argent…

Par ailleurs, en Haïti, le juge Clément Noël, qui a auditionné et ordonné la garde-à-vue de James Solages et de Joseph Vincent, a déclaré que ces deux américains d’origine haïtienne qui vivaient en Floride, ont reconnu qu’ils servaient de traducteurs aux membres du commando et affirmé que les mercenaires avaient initialement prévus uniquement d’arrêter Moïse, pas de le tuer…

Dans le cadre du suivi de l’enquête sur l’assassinat du Président de facto Jovenel Moïse, la Police Nationale d’Haïti (PNH) informe qu’elle a déjà arrêté 20 individus dont 18 Colombiens et 2 Haïtiano-américains, suspectés d’être des membres du commando (de 28 hommes), qui ont participé à l’assassinat du Président Moïse, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021.

Rappelons que 3 membres du commando ont été tués, lors d’affrontement avec les unités spéciales de la PNH et que les 5 derniers membres du commando sont toujours en cavale et activement recherchés.

Les noms des membres du commando arrêtés, selon les autorités de la police nationale sont : 1 – German Alejandro Ribera Garcia;

2 – John Jader Andela;

3 – Neil Caceres Duran;

4 – Alex Miyer Pena;

5 – Carlos Giovani Guerrero Torres;

6 – Angel Mario Yacce Sierra;

7 – Carmona Florez Jheyner Alberto;

8 – Francisco Eladio Uribe Ochoa;

9 – Naiser Franco Castaneda;

10 – Vargas Gomez Enalder;

11 – John Jairo Suares Alegria;

12 – Zapata Alejandro Girardo;

13 – Gomez John Jairo Ramirez;

14 – Cardona Victor Albeiro Pinera;

15 – Guarin Groso Manuel Antonio (Mauricio);

16 – Yepes Clabijo Juan Carlos;

17 – Blaunicet Edwin;

18 – Joseph Vincent (haïtiano-américain);

19 – Solages James (haitiano-américain);

20 – Mendivelso Jaimes Gersain (vient d’être appréhendé).

Par ailleurs, à la suite de la demande d’Haïti à Washington, le mercredi 7 juillet, d’envoyer une aide militaire en Haïti pour assurer, entre autres, la sécurité d’infrastructures stratégiques (ports, aéroports, centrales électriques, terminaux pétroliers etc..) et éviter le chaos, un responsable de l’administration américaine a déclaré qu’il n’y avait « aucun projet de fournir une assistance militaire américaine en Haïti, pour le moment.» Une requête similaire, également datée de mercredi, a été envoyée au bureau de l’ONU en Haïti. Jose Luis Diaz, Porte-parole du Département des affaires politiques et de consolidation de la Paix de l’ONU en Haïti, confirme que la requête d’Haïti a été reçue et qu’elle était en cours d’examens.

Emmanuel Saintus

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