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Les kidnappings sont l’œuvre du Pouvoir

Pas un jour, sans des cas de kidnapping, d’assassinat et de tuerie en Haïti. Le pouvoir de facto déclenche sa machine de terreur, de violence, contre tous ceux qui tentent de crever l’abcès.

Le militant politique, «Ti Blan Tatou», ainsi connu, a été assassiné par balle au Champ-de-Mars.

Deux Jeunes ont été tués par balles par des policiers de la BOID, à Lalue, le lundi 3 mai. Ces jeunes protestaient contre l’enlèvement de deux citoyens (une dame enlevée avec son fils) à l’Avenue Martin Luther King (Nazon), dans la nuit du dimanche 2 mai.

Depuis le samedi 1er mai, les images du délégué du Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17), Guerby Geffrard, baignant dans son sang, sont virales sur les réseaux sociaux. Selon les informations disponibles, Guerby Geffrard aurait été abattu de plusieurs balles mais le corps n’a pas été jusqu’ici retrouvé. À rappeler que Guerby Geffrard faisait l’objet de menace du soi-disant directeur général a. i. de facto, de la Police Nationale d’Haïti, Léon Charles, un criminel notoire.

Le mercredi 28 avril, Port-au-Prince a connu une journée de protestation contre le kidnapping, ce fléau qui ne cesse d’endeuiller et de décapitaliser les familles haïtiennes. L’insécurité, caractérisée par le kidnapping, continue de gagner du terrain dans le pays. Plus d’une dizaine de cas de kidnapping avaient été recensés, au cours de la semaine écoulée, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

«80% des cas de kidnapping enregistrés dans le pays sont des actes politiques», a déclaré Jovenel Moïse. Il a fait la promesse de capturer sous peu les barons du kidnapping. Jovenel Moïse en a profité pour pointer du doigt la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR) qui, selon lui, cache les informations à la population. Des stratégies sont en train d’être développées, afin de capturer les cerveaux du kidnapping. «Quand vous serez appréhendés, on ne parlera pas de persécutions politiques», a dit le dictateur Jovenel Moïse, le samedi 1er mai 2021, lors de la cérémonie d’inauguration du barrage hydroélectrique de Marion, dans la Commune de Grand-Bassin, dans le département du Nord-Est.

Par ailleurs, la colère gronde dans la Commune de Petit-Goâve, à la suite des enlèvements du CASEC de la Deuxième Plaine de Petit-Goâve. La circulation est pratiquement impossible au niveau de la Route Nationale #2, bloquée par des barricades de pneus enflammés, des bus et des camions mis en travers de la route par la population (après l’enlèvement à Delmas 41, le dimanche 25 avril, par des hommes armés, de Wilkenn Dicette, le Coordonnateur du CASEC de Deuxième Plaine de Petit-Goâve.) La population, très motivée, a bloqué le centre-ville et toutes les issues, exigeant la libération, sans condition, de Wilkenn Dicette. Les manifestants sont de plus en plus en colère, du fait que huit (8) jours après l’enlèvement, ils sont encore sans nouvelles de Wilkenn Dicette.

Le jeudi 29 avril, le commissaire du Gouvernement de Miragoâne, Muscadin, est intervenu à Petit-Goâve, en violation des principes juridictionnelle. Plusieurs personnes sont sorties blessées par balles, dont un enfant de sept (7) ans, blessé par balle sur la cour de sa maison à Deuxième Plaine, lors de l’intervention musclée de Muscadin, accompagné des agents de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO).

Les passagers en provenance de la Grand’Anse et du Sud ne peuvent plus se rendre à Petit-Goâve depuis le dimanche 25 avril.

Par ailleurs, après environ trois (3) semaines, les religieux, pris en otage par le gang 400 Mawozo, ont été libérés. Si les bandits avaient, dans un premier temps, libéré la mère du Père Arnel Joseph et 3 autres personnes, les 6 autres étaient encore retenues par les ravisseurs, notamment les deux Français. Tous les religieux catholiques enlevés le 11 avril dernier à la Croix-des-Bouquets par le gang «400 Mawozo», encore entre les mains des ravisseurs, ont été finalement remis en liberté, le vendredi 30 avril, sains et saufs. Il s’agit de 2 religieux français : Père Michel Briand (67 ans) et Sœur Agnès Bordeau (80 ans), ainsi que 2 religieux haïtiens et 2 laïcs), a confirmé la Société des prêtres de Saint-Jacques, à laquelle les religieux appartiennent.

«Nous avons retrouvé nos confrères, les religieuses et les membres de la famille du Père Jean Anel Joseph, en bonne santé, ajoutant «[…] nos remerciements vont également aux ambassadeurs de France et des États-Unis, pour leur apport diplomatique discret et efficace, ainsi qu’à toutes les autorités politiques et morales du pays ainsi qu’au gouvernement, pour leur indéfectible soutien». On ignore si une rançon a été payée contre leur libération. Rappelons que les ravisseurs avaient déjà libéré 3 religieux, le 22 avril dernier (Sœur Anne-Marie Dortellus, le Père Hugues Baptiste et Lovely Joseph).

En effet, dans une note publiée le vendredi 30 avril 2021, le Supérieur régional des frères de Saint-Jacques salue la participation de tous les secteurs dans la perspective d’obtenir la libération des otages.

«En tout premier lieu, je veux louer le nom du Seigneur pour ses merveilleuses réalisations en faveur de l’Église et de notre Société missionnaire. Notre cœur est rempli d’allégresse, car nous avons retrouvé nos confrères, les religieuses et les membres de la famille du Père Jean Arnel Joseph en bonne santé», écrit le Père Jean-Marie Rosemond Joseph, dans ladite note.

De plus, kidnappés dans la soirée du lundi 26 avril 2021 par le gang armé dénommé «400 Mawozo», trois jeunes originaires de Lascahobas, commune du département du Centre, ont été libérés, le jeudi 29 avril au soir par leurs ravisseurs. Une rançon a été versée en échange de leur libération. Il s’agit de Ronaldo Thomas, Modelet Bernier et Gabriel Éliassaint. Les trois jeunes hommes ont été pris en otage en laissant la capitale haïtienne pour se rendre à Lascahobas.

Également, l’ancien commissaire de police, Manuel Gaston Orival, a passé deux jours en séquestration. Kidnappé mardi soir devant sa résidence à Ravine-Pintades, Port-au-Prince, il a recouvré sa liberté, le jeudi 29 avril.

D’un autre côté, l’étudiant finissant en psychologie à la Faculté des Sciences humaines, Youry Valéry Léonard Dérival, enlevé le même jour à Canapé-Vert, a été également remis en liberté par les ravisseurs.

Emmanuel Saintus

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