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Provocation ou référendum?

Alors que les autorités haïtiennes de facto restent droit dans leurs bottes, à l’idée d’organiser un référendum constitutionnel et de tenir des élections, au cours de l’année, le mardi 6 avril, Frantz Exantus, Secrétaire d’État à la Communication, s’est entretenu avec Mme La Lime, Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti. Il a été question du référendum, des élections et du dialogue Politique.

Sur ce dernier point, la République Dominicaine s’est montrée très préoccupée par les difficultés de respecter le calendrier électoral, proposé par le gouvernement haïtien. Le mercredi 7 avril, Roberto Álvarez, le ministre dominicain des Affaires étrangères, lors de la lecture d’un rapport sur la position de la République Dominicaine sur la situation en Haïti et sur le climat de tension actuel, a réitéré la «profonde préoccupation» du Gouvernement dominicain, face à l’instabilité politique, à la violence que connaît Haïti et aux «difficultés» qu’il prévoit pour que le calendrier électoral, proposé par le Conseil Électoral Provisoire (CEP), se réalise, cette année. Haïti traverse une période d’affrontement ouvert entre le pouvoir en place et l’opposition radicale, en plus d’une situation d’insécurité, de guerre entre bandes armées et de l’augmentation des cas d’enlèvements, notamment à Port-au-Prince. Álvarez a souligné que, pour le Gouvernement dominicain, la difficulté pour les autorités haïtiennes de se conformer à l’agenda électoral « […] découle de deux éléments fondamentaux :

– premièrement, le manque de dialogue entre les principaux acteurs politiques, appelés à participer aux différents processus électoraux;

– deuxièmement, la grande lenteur avec laquelle est effectuée l’inscription et l’identification des électeurs.»

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Il ajoute: «à ce jour, toutes les estimations indiquent que l’objectif consistant à terminer l’inscription des électeurs avant les élections ne sera pas atteint.» En ce sens, le Gouvernement dominicain «réitère son engagement à soutenir le processus d’inclusion pour les élections en Haïti, de tous les citoyens haïtiens qui se trouvent sur le territoire dominicain,» a affirmé le Chancelier dominicain. Pour la République dominicaine, il est essentiel d’assurer un processus électoral de large participation citoyenne et de reconnaissance par les partis politiques, soutenu par l’observation électorale internationale, pour parvenir à un changement de gouvernement démocratique qui garantit la stabilité politique en Haïti.

En ce sens, le Core Group encourage toutes les parties prenantes à forger un consensus qui permettrait aux divers scrutins de se tenir dans un climat apaisé, tout en demandant instamment à tous les acteurs de s’abstenir de recourir à la violence comme instrument politique. «Le Core Group rappelle que seules des solutions haïtiennes et l’engagement des Haïtiens peuvent résoudre les problèmes du pays».

Même son de cloche du côté des voisins dominicains qui en appellent à un dialogue politique large, inclusif et de bonne foi, qui rassemble les différentes forces nationales haïtiennes, à la recherche d’un accord de gouvernance pour la modification constitutionnelle et la tenue d’élections. «En conséquence, le gouvernement dominicain lance un appel sincère à tous les secteurs engagés pour la démocratie, tant en Haïti que dans la communauté internationale, à contribuer, autant que possible, à la création d’un environnement propice à ce dialogue nécessaire.»

Le Core Group, pour sa part, n’a pas manqué de profiter de l’occasion pour appeler les autorités haïtiennes à lutter contre l’insécurité et contre l’impunité. Le Core Group dit attendre qu’elles traduisent, devant les tribunaux, les auteurs présumés de crimes graves (notamment, les massacres perpétrés dans plusieurs quartiers populaires et l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval).

Notons que cette structure est composée: des ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, de l’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de la France, de l’Union Européenne, du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains et de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies.

«Il n’y a pas de base légale pour changer la Constitution,» selon l’ex-premier ministre, Evans Paul, soulignant qu’il n’y a pas d’accord politique non plus. Evans Paul appelle les parties à un dépassement de soi, pour éviter au pays d’avoir deux (2) Constitutions.

Emmanuel Saintus

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