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Entre félicitations et dénonciations, la crise du système judiciaire se maintient

La crise qui perdure au sein du système judiciaire haïtien se tient, malgré les nombreuses dénonciations de plusieurs organisations du secteur des droits humains. Ainsi la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) condamne les persécutions politiques à l’encontre des policiers syndiqués, dont le coordonnateur du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17), Jean Elder Lundi, de la part du directeur général a. i. de l’institution policière, Léon Charles. Par ailleurs, l’Association Nationale des Magistrats Haïtiens (ANAMAH), le Réseau National des Magistrats Haïtiens (RENAMAH), l’Association Professionnelle des Magistrats (APM) et l’Association des Juges de Paix Haïtiens (AJUPHA) sollicitent les bons offices de l’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen (OPC), en vue de trouver une issue favorable à la crise qui perdure, depuis le 15 février 2021, au sein de l’appareil judiciaire.

La création du SPNH-17 constitue une avancée démocratique, face à un régime fasciste qui cherche à instrumentaliser et à polariser la PNH, souligne la POHDH dans sa note rendue publique. La POHDH, qui critique les avis de recherche lancer par le D. G. a. i. de la PNH, contre les membres du SPNH-17, se dit persuadée que les mauvaises conditions de travail des policiers, l’absence d’un leadership responsable et la politisation de la Police nationale sont à la base des bouleversements enregistrés, ces derniers temps, lors des violences de la part de policiers se réclamant du groupe «Fantom 509». «Ces agissements, contraires aux valeurs démocratiques, sont de nature à ternir l’image de l’institution policière qui traverse un moment difficile et inquiétant», blâme la POHDH.

En 2020, l’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen (OPC) avait qualifié de «grave atteinte» à la liberté syndicale en Haïti, le renvoi, le mardi 18 février 2020 par la direction générale de la PNH, de policiers nationaux protestataires, dont plusieurs membres du SPNH-17, qui réclamaient de meilleures conditions de travail au sein de l’institution policière. Ces membres du SPNH-17 ont été réintégrés le 12 mars 2020, à la suite de mouvements de protestations de différents secteurs.

«Le SPNH-17 n’est pas Fantom 509. Le SPNH-17 est une structure syndicale bien organisée, qui détient une reconnaissance légale de l’État haïtien. Nous sommes dans notre plein droit, nous sommes des vivants, non des fantômes», a déclaré Synci Domond, porte-parole du syndicat de police, en conférence de presse, le mardi 23 mars 2021. Le SPNH-17 critique une volonté préétablie, du côté du haut État-major de la Police nationale d’Haïti, d’enterrer le fiasco de l’opération antigang, menée le vendredi 12 mars 2021, à Village-de-Dieu, qui a coûté la vie à plusieurs policiers nationaux.

De son côté, l’organisme de droits humains Fondasyon Je Klere (FJKL) salue l’arrestation, le mardi 23 mars 2021, du commis en chef du parquet, près le tribunal civil de Port-au-Prince, Wilbert Rhau, pour détournement de corps du délit, dans le cadre du dossier de Aby Frantz Larco, arrêté, le 24 décembre 2019, pour détention illégale d’armes à feu et d’engins explosifs.

Le nouveau commissaire du gouvernement, près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me Bed-Ford Claude, a pris une décision courageuse, se réjouit la FJKL.

«Deux montants respectifs: de cinq mille dollars américains (US $ 5 000,00) et cinq cent cinquante mille gourdes (550 000,00 gdes), ont disparu, sans effraction dans le coffre du parquet, sous l’administration du commissaire Ducarmel Gabriel, alors que le greffier Wilbert Rhau est le seul à détenir les clefs du coffre», fait-elle savoir. Le greffier en question n’a soumis aucun rapport sur la disparition de ce corps du délit, comme l’exigeait le commissaire Gabriel, ajoute la FJKL. Le nouveau chef du parquet a procédé à son arrestation et a transféré le dossier au cabinet d’instruction, après que Wilbert Rhau s’est engagé à restituer l’argent «par tempérament», explique-t-elle.

Altidor Jean Hervé

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