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Carnaval 2021: advienne que pourra

Malgré la situation sécuritaire incertaine du pays, malgré la crise politique aigüe, le pouvoir de facto en place s’entête à organiser à Port-de-Paix, le carnaval national de cette année, les 14, 15 et 16 février 2021. À cet effet, la Police nationale s’active. Un total de 1500 policiers, a été mobilisé durant les trois jours gras, a fait savoir le porte-parole de l’institution policière, l’inspecteur Garry Desrosiers. Plusieurs groupes proches du pouvoir sont déjà mobilisés pour assurer l’animation sur le parcours, durant ces trois jours qui s’annoncent sur front d’incertitude.

Bien que le ministère de la Santé Publique et de la Population ait exhorté le chef du Gouvernement à déclarer l’état d’urgence sanitaire au cours du mois de janvier, le chef de l’État, le chef du Gouvernement et le ministre de la Communication de facto ont fait fi de cette demande, en mettant le cap vers l’organisation de ces festivités. Bien que de facto, l’équipe Tèt Kale continue d’utiliser les fonds de l’État pour satisfaire ses caprices d’enfant et sa volonté dictatoriale.

Afin de s’assurer du bon déroulement de son carnaval, contesté tout comme lui, le gouvernement de facto et la Police nationale d’Haïti (PNH) ont décidé de mobiliser 1 500 agents des forces de l’ordre, pour la tenue du carnaval national les 14, 15 et 16 février 2021. Inquiet de ce qui pourrait se passer, le Pouvoir a décidé de déployer ces 1 500 policiers, de Titanyen à Port-de-Paix, où se déroule l’événement cette année, soit sur une distance de 164 kilomètres reliant ces deux communes des départements de l’Ouest et du Nord-Ouest, a fait savoir le porte-parole de l’institution policière, Garry Desrosiers.

Plusieurs unités spécialisées de la police nationale, en particulier, SWAT, CIMO, BOID, UDMO, soutenues par des agents de la police administrative, ont été déployées, en vue de sécuriser ce carnaval qui s’organise sur fond de crise, où le président essaie de d’asseoir sa dictature.

Malgré toutes les incertitudes qui planaient sur le bon déroulement du carnaval de cette année, le pouvoir, advienne que pourra, l’a organisé. Les formations musicales de toutes tendances proches de l’équipe Tèt Kale, ont honoré leur contrat.

Malgré cette volonté démesurée du pouvoir d’organiser le carnaval de cette année, sans tenir compte de la situation sécuritaire, de la situation sanitaire ou encore de la crise politique liée à la fin du mandat de Jovenel Moïse le 7 février dernier, plus d’un croient que ce n’est pas le bon moment et on craint même le pire durant ces trois jours gras. On dit souvent que «Lagè avèti pa touye kokobe, men fòk kokobe a pa rebèl». Le pouvoir a bien l’air du kokobe rebèl.

Altidor Jean Hervé

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