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La lecture étatique de la crise économique

Contrairement à ce que disent les économistes et les organisations économiques de la région, le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, a fait un constat différent de l’année économique 2020. Selon lui, les crises sociopolitiques et la pandémie de coronavirus n’ont pas eu des méfaits très néfastes sur l’économie du pays au cours de l’année 2020. En termes de recettes domestiques, les organes de perception ont su tirer leur épingle du jeu lors des deux autres trimestres, bien que les deux premiers trimestres aient été marqués par l’opération de «peyi lòk» et l’état d’urgence sanitaire, à cause du coronavirus. Des 89,3 milliards de gourdes projetés, plus de 87 milliards ont été collectés.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, qui répondait aux questions de Kesner Pharel, à l’émission «Grand rendez-vous économique» sur la Radio Télé Métropole, a fait le bilan de l’exercice écoulé sur le plan économique et financier. Selon M. Boisvert, les prévisions de recettes n’ont pas été atteintes. À cause de l’état d’urgence sanitaire, soutient-il, plusieurs institutions ont fermé leurs portes. On assistait également à la fermeture des aéroports du pays. Ces situations ont provoqué des contre-performances au sein des organes de perception. Cependant, souligne-t-il, l’on a pu échapper à la catastrophe économique annoncée par plusieurs institutions internationales.

Si l’on en croit le grand argentier de la République, au niveau interne, les prévisions de recettes ont été atteintes à plus de 97%. Des 89,3 milliards de gourdes projetées, les organes de perception, à savoir : la Direction Générale des Impôts (DGI) et l’Administration Générale des Douanes (AGD), ont collecté pas moins de 87 milliards. N’était-ce pas la pandémie de coronavirus, ajoute-t-il, les prévisions auraient pu être atteintes. En effet, avant la période d’urgence sanitaire, les recettes internes avaient déjà atteint les 75 milliards de gourdes, ce, malgré la fermeture totale du pays en automne, à cause des mouvements socio-politiques où les institutions de collecte de taxes du pays avaient été complètement à l’arrêt.

Pour sa part, le numéro un de la banque centrale, Jean Baden Dubois, est revenu sur les mesures prises, dans le cadre de la conduite de la politique monétaire, pour briser les chaînes de spéculation, en permettant l’appréciation de la gourde, durant l’année écoulée. Pour freiner la spéculation, Jean Baden Dubois, gouverneur de la BRH, a fait savoir que cette institution se trouvait dans l’obligation d’intervenir et de réguler le marché des changes. «La régulation ne permet pas de résoudre des problèmes structurels mais plutôt des imperfections du marché», a soutenu M. Dubois.

De manière voilée, le gouverneur Jean Baden Dubois a fait comprendre qui sont les spéculateurs. «Tout le monde s’implique dans le change», a- t- il soutenu. À titre d’exemple, il a cité les commerçants qui affichent les prix en gourdes, en fonction de leur propre taux de change. Outre les commerçants, le gouverneur Jean Baden Dubois a fait référence aux sous-agents qui sont liés à des maisons de transfert. La BRH reproche aux sous-agents d’avoir payé les transferts à partir d’un taux de change nettement inférieur au taux de référence calculé par la BRH. «Il y a aussi un marché informel avec les sous-agents qui gagnent entre 15 à 20 gourdes sur un dollar», déplore le gouverneur. «Il fallait corriger ce désordre, qui constitue une imperfection sur le marché, pour donner à la monnaie nationale une stabilité. C’est la mission confiée à la BRH. Pratiquement, tous les Haïtiens font des spéculations sur la monnaie nationale», a déclaré Jean Baden Dubois.

Altidor Jean Hervé

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