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«La fin d’une relation n’est pas la fin des sentiments»

Il y a des gens, si remplis d’eux-mêmes, et qui ne sont égaux qu’à leur ego, que du haut du trône de leur excès d’ego, ils n’entendent se livrer qu’à la manipulation de leurs égaux, en vue de leur propre contemplation, au point qu’à leurs côtés, il n’y a point de place, même pour leur alter ego. Ils ne vivent que dans leur propre zone de confort et dans leur propre monde de fascination, comme par un exercice classique d’introspection, hors de tout élan psychanalytique, comme s’ils constituaient ce qui leur est arrivé de meilleur dans la vie et, qu’en dehors d’eux-mêmes, il n’y a qu’eux-mêmes. C’est tout simplement pathétique, la façon dont ils ont pu parvenir à la construction d’un certain surdimensionnement de leur ego, dont eux seuls en ont l’échelle de gradation et d’évaluation qui, malheureusement, la plupart du temps, verse dans une démarche inconsciente de leur propre dévaluation et dégradation. En cas d’éventuelle suspicion ou indiscrétion, détrompez-vous, car cette réflexion n’a absolument rien à voir avec quelqu’un en particulier et n’a aucune intention de verser dans le culte de personnalité. Il s’agit plutôt d’un recul discursif, d’ordre général, venu de nulle part, comme par pur effet du hasard, autour de la problématique des relations de couple, devenues de plus en plus complexes, à l’ère de la modernité. C’est en effet la mise en marche d’une démarche introspective, au fond de cet univers mythique et inconnu que nous constituons tous. Oui, cet univers méconnu et énigmatique nous empêche, le plus souvent, tout élan à l’autocritique, en vue de reconnaître nos faiblesses et nos torts.

En norme générale, la vie de couple est quelque chose extrêmement compliqué et requiert une volonté à toute épreuve, la détermination et l’engagement des deux parties dont les intérêts, a priori, sont totalement différents. Pour cette raison, la convivialité n’est pas chose facile. Cependant, quand cela ne va pas dans une relation et qu’on s’apprête à culpabiliser, voire à démoniser une seule personne, il faudrait alors se rappeler que la rupture est une œuvre commune, qui doit être équitablement partagée. La gente masculine peut, de par sa nature, aisément se contenter, voire se conformer de ce qui se rapproche plus ou moins à un certain idéal qu’elle cherche. Mais, avec la femme, il n’y a pas de demi-mesure, car elle n’est nullement dotée de cette conciliante faculté. C’est tout ou ce n’est rien. Au fait, dans la démarche de la vie à deux, il y a un leurre, c’est que: quand l’homme croit l’avoir conquise, pourtant, au fond, c’est elle qui l’a porté à la chercher, jusqu’à ce qu’elle le conquiert, sans la moindre velléité de diminution ou encore de sacrifice de ses standards. Ainsi, au moment où l’on s’y attend le moins, elle a en nostalgie ses exigences, même sans nécessité. Ainsi, elle devient accro au fantasme qu’elle a improvisé et dont elle s’impose la recherche. Dans son obsession pour la fortuité et le superficiel, elle finit par oublier que ce qu’elle a, c’est ce qu’elle avait toujours du fond du cœur désiré. Arrivé à un certain point, elle réalise qu’elle s’était trop empressée, car de ce qu’elle a, il y avait encore mieux. Cependant, faute de ce mieux, elle préfère ne rien avoir et tout gâcher. Quelle sacrée créature, la femme !

La chose la plus curieuse, c’est qu’on ne peut vivre sans elle, même quand cela est difficile, avec elle. En effet, la vie amoureuse n’est pas un long fleuve tranquille, elle a ses détours et ses chutes, les uns, plus abruptes et tumultueux que d’autres. On peut pourtant discuter, voire se disputer, s’opposer, sans, à proprement parler, s’engueuler, ni au fond manifester la moindre velléité de se quitter. L’amour : c’est comme ça, un rituel d’accords et de désaccords, un clivage, sans fin, d’instants de bonheur et de fâcheries, sur fond d’un accord et d’un engagement commun, celui de la quête du bonheur à deux, inconditionnellement, indéfectiblement et infailliblement.

Au-delà des obsessions d’infidélité, du manque d’affinité, de compatibilité et d’intimité, le plus gros problème dans les relations de couple est plutôt celui des rivalités d’intérêts, d’un manque de loyauté, de maturité, de dialogue, de compréhension mutuelle, d’interpénétration et de complicité. Si vous avez déjà cela, il y a fort à parier que les chances de la poursuite du bonheur et du succès à deux, peuvent être supérieures à 90%. Après, vous devrez faire preuve d’affection, de sagesse, d’empathie, d’indulgence, d’ouverture d’esprit, de sincérité et de tout le reste qui, au fond, ne sont que des détails. Car avec ces prémisses, le gros du boulot est censé être fait.

Autant que faire se peut, soyons maîtres de nos sentiments, sans pour autant établir une dictature de la raison abusive. À la vieillesse de la jeunesse comme à la jeunesse de la vieillesse d’une relation, le poids des ans, sur nous, semble ne plus être en liesse. Cependant, pour mieux se défaire des affres de la détresse et du stress, nous nous voyons, le plus souvent, conviés au banquet de la sagesse. Il existe donc un monde de différences, entre plaire et chouchouter celles-là que nous aimons au détriment de nos propres rêves et intérêts, au point d’investir, même au prix de sacrifices de ce qui compte le plus pour nous, pour un bonheur partagé. En effet, dans le premier cas, nous pourrions aisément parler de masochisme déguisé, et dans le second, de complicité ou de complémentarité conditionnées. Ainsi donc, apprenons à lutter, contre vents et marées, pour faire de nos rêves les plus chers, une réalité. Car aimer: c’est rêver à deux, malgré la diversité, sans divergences de nos plus minimes envies et désirs. C’est parvenir à viser ses rêves, d’un seul œil, par-dessus la tyrannie de l’égocentrisme. C’est oser, malgré nos différences, hors de toutes indifférences, partir à la poursuite du bonheur à deux.

La fin d’une relation n’est pas la fin des sentiments. Et beaucoup moins de l’amour. C’est plutôt la raison du début d’une nouvelle histoire d’amour, en une infinie ritournelle. Comment éviter de revivre son passé dans le présent, avec la saveur d’un pressentiment inquiétant, d’avancer vers la rencontre éternelle avec son destin ? Une telle entreprise, personne ne nous l’a apprise. Le train que nous sommes sur le point de rater, ou auquel nous nous accrochons, quoi qu’il arrive, nous devons nous armer tout simplement de patience et de conviction, et d’attendre, afin de mieux conquérir son destin. À force de glorifier la prudence, en descendant les escaliers, on finit par trébucher dans le vide pour enfin braver le danger qui nous empêche d’avancer. L’échec n’est jamais une initiative quand elle découle d’une entreprise dans laquelle on ne se lance à cœur joie. Nul ne peut avec gaîté de cœur leurrer son amour propre. Au risque de mal se servir un repas délicieux, doit-on desservir la table? Oui, tout ce qui est important prend du temps. Quand on regarde le rapport entre le triomphe de l’amour et sa probabilité d’échec, à l’échelle de la vie de couple, l’attente est une arme à double tranchant, incontournable. Mais il y a toujours une raison de revenir sur ses pas, lorsque on boit à la source inépuisable de l’amour pur, vrai, réel, inconditionnel et infaillible. La vérité est qu’il y a une étroite corrélation entre les relations de couple, appelées à fonder la famille, elle-même, cellule de base de toute structure sociale. Il est donc d’extrême importance de poser la problématique des couples au sein des familles, en vue d’éviter les ruptures qui ne seront pas sans conséquence sur les enfants et les parents eux-mêmes. Les problèmes de la société doivent donc être abordés à la base, à savoir : depuis les relations elles-mêmes, en passant par la famille, pour arriver au plus haut niveau de gestion de la chose publique. Car, la délinquance, le plus souvent provient de la famille.

12/21/2020

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Jean Camille ÉTIENNE, Arch.Msc.en Politique et Gestion de l’Environnement,

E-mails: camilingue@hotmail.com / jeancorreo@yahoo.ie

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