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La question du taux de change tient encore l’actualité

Une surchauffe est constatée ces derniers temps sur le marché des changes informel. Les taux de change appliqués sur ledit marché sont de loin supérieurs à ceux des institutions financières de la place. Si, dans les banques commerciales, les taux affichés sont autour de 63 gourdes à l’achat et 65 gourdes à la vente, sur le marché des changes informel, le dollar s’achète aux prix de 70 à 80 gourdes. Cette pratique sur le marché des changes informel n’échappe pas à l’attention des autorités monétaires. Au cours d’une conférence de presse, le vendredi 27 novembre, le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Jean Baden Dubois, a fait savoir que des mesures sont envisagées pour remédier à ce problème. Selon l’économiste Fritz Jean, il sera particulièrement difficile de stabiliser la gourde durablement, sans consentir des investissements majeurs dans des secteurs de productions et créateurs d’emplois.

«Effectivement, il y a une petite surchauffe au niveau du marché informel. La BRH prend actuellement des mesures que nous n’avons pas besoin de rendre publiques, pour des raisons évidentes, afin de calmer le marché informel», a promis Jean Baden Dubois. Pour le gouverneur, ce qui se passe sur le marché des changes informel est un phénomène qui apparaît sous une autre forme, annonçant que la banque centrale travaille à présent sur une réponse appropriée à ce problème. Pour le gouverneur, le taux de change reste stable sur le marché des changes formel, la surchauffe concerne seulement le marché informel. Le gouverneur a expliqué ce qui se passe sur le marché des changes formel où la BRH ne laisse passer une semaine sans y injecter de dollars. «Nous avons promis d’intervenir régulièrement chaque semaine sur le marché des changes. Nous avons aussi dit que la BRH ne compte pas garder le pourcentage des 30% des transferts retenus puisqu’ils seront injectés sur le marché des changes», a rappelé le gouverneur Jean Baden Dubois.

Comme il le fait depuis un certain temps, le gouverneur continue d’assurer les agents économiques pour éviter des anticipations négatives. «Il y a des gens qui sont pris de panique, pensant qu’il n’existe pas de dollars, c’est tout simplement un ajustement qui se fait dans le système automatiquement. Si quelqu’un pense qu’il va spéculer pour permettre au dollar de s’apprécier, il va donc perdre de l’argent», a averti Jean Baden Dubois.

Pour l’économiste Fritz Jean, l’agriculture pourrait contribuer à l’augmentation de la production agricole, la mise en valeur des terres et la création de beaucoup d’emplois pour résorber en partie le chômage chronique qui affecte la majorité de la population en âge de travailler. «Il est vrai que le dollar a chuté, ces deux derniers mois, grâce en partie aux cent-cinquante (150) millions de dollars injectés sur le marché des changes par la Banque de la République d’Haïti (BRH), cela ne garantit pas la stabilité de la gourde pour une longue durée», selon l’ancien gouverneur de la banque centrale.

Après avoir chuté de cent-vingt-cinq (125) gourdes à soixante-deux gourdes pour un dollar, le billet vert se change depuis plusieurs jours jusqu’à quatre-vingt-cinq (85) gourdes alors que la Banque de la République d’Haïti (BRH) fixe le taux de référence autour de soixante-cinq (65) gourdes.

Altidor Jean Hervé

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